Friday, June 1, 2012

Friday, May 21, 2010 L' Etat de la Nation




C'est avec  une grande frustration que je reproduis ci-dessous mon article du 21 mai 2010 qui se trouve sur ce blog. Rien n'a changé fondamentalement. La seule satisfaction est, que je peux reproduire ici sans effort nouveau, un article vieux de deux ans, qui est plus que jamais d'actualité. Surtout en ce qui concerne l'Euro. Nos brillants dirigeants n'ont aucune idée de ce qu'il faut faire.















Publié le 21 mai 2010


Je ne sais pas si vous faites comme moi: Chaque année, pour me rendre compte de l'Etat de la Nation, je commence par une appréciation de la situation générale, puis de la situation particulière du pays. Puis, armé de ces connaissances, j'en tire des conclusions et des idées pour entamer l'avenir. Cet exercice est indispensable pour définir les moyens et procédés à mettre en œuvre pour remplir ces missions que je me suis données. C'est bien sûr un exercice purement théorique. Je fais comme si mon pays m'appartenait.

Je fais cela aussi, parce qu'on est toujours mieux servi par soi-même. Peut-être que vous aussi, vous êtes restés sur votre faim l'autre jour en écoutant le discours sur l'Etat de la Nation de notre Premier Ministre. Vous n'avez pas écouté? Voici le résumé: Adieu veau, vache, cochon, couvée. Oui, vous reconnaissez la plume bien concise de l'auteur de ces discours, Jean de la Fontaine. C'était donc bel et bien la situation tragique de "la laitière et le pot au lait" qu'on nous a présentée. Une terrible histoire pour notre pays, qui reste d'ailleurs encore incomplète à l'instant.

Voyons s'il n'y a pas une lueur d'espoir en élargissant la vision au-delà des quelques lignes du budget, telles que veau, vache, cochon, couvée. Et certainement , évitons les conclusions à priori et probablement fausses, sur fond de tripartite, comme: nous sommes en crise, elle est temporaire, et elle sera finie en 2014. Sinon, le discours politique luxembourgeois se rétrécit sur le sujet de la petite laitière et son pot au lait.

Essayons de voir la forêt plutôt que les arbres. Le Luxembourg, faute de richesses naturelles ne peut prospérer que sur des idées et sur une grande ouverture sur le monde. Mais le Luxembourg dans le monde vient de vivre des moments intenses et potentiellement catastrophiques. Pour la première fois depuis la guerre, le Luxembourg est sous attaque. On nous aime beaucoup moins ou alors plus du tout: au Conseil européen, au G20, à l'OECD et au GAFI, à la Commission Européenne, aux Etats-Unis et chez nos voisins (jaloux dit-on). On est donc passés du statut d'universellement aimé au statut de flibustier, à qui il faut remonter les bretelles. En cause est le secret bancaire, on dira paradis fiscal, et cette accusation d'être le plus mauvais élève du GAFI, quand il s'agit de prévenir le blanchiment de l'argent du crime. Or, le secret bancaire ne peut être défendu. Ses assaillants tiennent le haut du pavé de la moralité, et vont donc gagner. Ne pas appliquer pleinement les règles du GAFI, (48 sur 49) est franchement une stupide provocation. C'est à se demander si quelqu'un a commis une faute en se conformant par mégarde à une seule et unique règle parmi les 49. C'était réveiller le tigre qui dormait.

Cette dernière négligence, si ce n' est pas un acte délibéré, est en contraste avec l'attitude zélée, sinon soumise et fayotte que le Luxembourg exhibe souvent dans les institutions internationales. Citons l'acharnement pour briguer un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l'élève modèle qui casse sa tirelire pour l'aide au tiers monde dans le cadre de la campagne du Millénaire pour le développement des Nations Unies, la poursuite effrénée de postes comme la Présidence de l'UE, de l'Eurogroupe et autres, l'enthousiasme pour faire la guerre au climat à coups de millions, et pour emprunter de l'argent qu'on "prêtera" à la Grèce. Bref, alors qu'on a le feu dans la toiture, on joue aux pompiers ailleurs.

Voyez-vous, en voilà des "pistes" que la tripartite n'a pas décelées. Que nos dirigeants dirigent chez nous, pas à Bruxelles ni à New York, que l'on approche avec retenue et circonspection ces projets sur le climat et le Millénaire des Nations Unies. Il est facile d'expliquer à Kyoto et à Copenhague que la petite laitière a cassé son pot au lait, et qu'à l'avenir, on ne fera que ce qu'on pourra. Il est facile d'expliquer au Cap Vert que l'argent, il faut le gagner, et qu'il nous reste tout juste assez pour maintenir les projets réalisés. Nos gens feront des sacrifices. Ils feront donc moins de cadeaux.

Est-ce à dire que nous rechignerons sur nos relations internationales? Tout le monde sait que notre pays ne peut exister que comme plateforme ouverte au monde, comme membre d'ensembles plus vastes pour sa survie et sa sécurité. C'est ce qui a placé le Luxembourg à la table des Grands quand il s'agissait de créer les Nations Unies, l'OTAN et l'UE. Et voilà deux autres "pistes", certainement pour le long terme: œuvrer pour une Défense Européenne Commune associée à l'OTAN, et une vraie Diplomatie Européenne comme seule et unique représentation de l'Europe. Nous n'y avons rien à perdre et tout à gagner. Quelles économies d'échelle! Vous me direz que c'est une utopie, qu'il y a le véto français et britannique à l'ONU, leur arsenal nucléaire, un nécessaire impôt européen pour financer ces initiatives et même la langue qui seront autant d'obstacles. Cela n'empêche que ce sera une bonne distraction des discussions sur le paradis fiscal et judiciaire que nos partenaires adorent et qui somme toute font très peu pour le progrès de l'Europe. Par contre la discussion sur une Défense commune et une Diplomatie commune aurait le mérite aussi de forcer la réponse à la question escamotée depuis 50 ans: quel est le but final de l'intégration européenne? Les Etats-Unis d'Europe? Une Confédération? Un Marché Commun?

Le moment est bien choisi d'entamer cette "piste" du renouveau de l'Europe alors que l'Euro, cette monumentale erreur, commence son trépas. Je sais bien que les vaillants croisés qui n'ont jamais tenu ne fut-ce qu'une échoppe, clamaient haut et fort de s'être payés la tète des "spéculateurs" juste la semaine passée. Quand dans le temps, ces "spéculateurs" faisaient monter l'Euro ou prêtaient de l'argent à grand risque à la Grèce et à d'autres, ils étaient des investisseurs avisés. D'ailleurs le plan de sauvetage de $1.000 milliards cherche à préserver les intérêts de ces spéculateurs, non? Ce plan traite le symptôme, la dette. Ce n'est pas un remède. Le remède est que la Grèce et d'autres dévaluent leur monnaie pour se ressaisir. Or cela ne peut se faire avec un monnaie unique. Il faudra bien faire marche arrière, retour à la drachme grecque et aux autres monnaies, pour, faute de gouvernement européen, retourner aux gouvernements souverains cet outil de politique économique. La preuve? Aucun pays non-membre de l'Eurogroupe n'a les problèmes des PIIGS, Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne. Même pour le Luxembourg, bénéficiaire à priori d'une participation à une monnaie forte, il serait opportun de mesurer à quel point le déficit budgétaire et les plus de 15.000 chômeurs sont dus aux coûts et aux freinages associés au maintien de l'Euro.

L'Euro aura probablement vécu ce que vivent les idées mal conçues: l'espace d'un matin. Il a précédé la réponse à la question ci-dessus: quel est le but final de l'intégration européenne? Il jouera sans doute le rôle de monnaie de réserve au plus. Et on saluera alors la fin de l'Eurogroupe et le retour au Luxembourg de son Président, qui pourra consacrer son temps aux "pistes" que la petite laitière a tracées, et aux nouvelles pistes que cette courte réflexion-ci a décelées, et qui seraient bien seyantes à nos stars internationales: se battre pour les intérêts stratégiques du Luxembourg. Pour commencer, prenons l'euro par les cornes!

Thursday, May 31, 2012

En cas de drache, fermez la tirette en route vers la croix, mais respectez le nonante.


Le Luxembourg est la pays d'entre-deux, peut-être même d'entre-trois. Ce qui peut mener à confusion. Ainsi les règles du trafic par exemple. Nous étions déjà familiers avec la "Croix " de Gasperich, germanique pour "échangeur".

Maintenant faites gaffe à la tirette en approchant les chantiers.  A la Cour de Hollande, ils appelleraient cela une "fermeture-éclair".

J'aime les belgicismes: le français périphérique est souvent plus authentique et plus fleuri. Je préconise qu'on réduise la vitesse sur autoroute à nonante km/h en cas de "drache."

Voici le nouveau code au sujet des tirettes.



Ciel bleu pour Cargolux



Le mois de mai était un mois élevant  pour Cargolux. Pas qu'elle soit devenue plus légère que l'air. Mais c'était un mois qui la faisait marcher comme sur des nuages.

D'abord Cargolux a été élue meilleure ligne tout-cargo par les lecteurs d'Air Cargo News. C'est une belle pube gratuite. C'est une bonne nouvelle pour le personnel aussi. Dans une organisation horizontale c'est effectivement la qualité du personnel qui équivaut à la qualité du service, et qui vaut donc la distinction. Normalement c'est aussi un mérite du management, mais le partenaire du Qatar a dit que là il y a des problèmes. C'est donc le personnel uniquement qui embellit ses biographies, ce qui est bien, car on ne sait jamais.

L'autre bonne nouvelle est qu'un autre  Boeing, un 747-8F, a été livré, sans heurts, sans cris. De trois choses l'une au moins:

Boeing a respecté les délais et les spécifications, et donc la livraison s'est faite dans le calme.
Le partenaire qatari s'est mis au pas de la direction "incompétente" selon ses termes et n'a plus rien dit.
Ou les administrateurs luxembourgeois l'ont fait taire, ce qui serait preuve d'une émancipation rapide.

J'allais oublier la nouvelle destination Manaus. N'en dites pas un mot à QR pour éviter leur QR, "quick response" pour y aller aussi.  C'est une jungle Manaus. 

Saturday, May 26, 2012

Au Stade National de Livange le score augmente: Luxembourg-FOI 10-0


"Trois personnes peuvent garder un secret, si deux d’entre elles sont mortes" (Benjamin Franklin)
"Quand les choses deviennent sérieuses, vous devez mentir" (Jean-Claude Juncker)


Au (plus petit) Stade National de Livange, les gladiateurs sont nombreux à partager plein de secrets : Juncker, Halsdorf, Krecké, Finck, Becca et Rollinger. Selon Benjamin Franklin, on va donc tout savoir, parce qu'il y a plus d'une personne au courant de ces secrets?

Effectivement selon le Mouvement Ecologique et le surprenant article-investigation de Véronique Poujol paru dans le Lëtzebuerger Land, nous apercevons la silhouette encore floue de l'affaire qui se développe. Les choses deviennent donc sérieuses. Selon la doctrine junckérienne ci-dessus, les choses devenant sérieuses, les acteurs doivent donc mentir maintenant. Qui croire dès lors que le Gouvernement ment à tout moment, et comment !? Il faudrait avoir accès à l’information vraie.

Vous n'allez pas me croire, mais j'ai une excellente nouvelle à vous annoncer à ce propos: La "Proposition de Loi concernant la liberté d'accès à l'information" (1), déposée par le député Alex Bodry le 20 juin de l'an 2000 sera votée encore cette semaine, donc presque 12 ans plus tard. Les chefs des fractions parlementaires s'en sont félicités, car elle viendra à point pour faire la lumière sur la situation qui entoure le projet toxique du Stade de Livange. La presse se réjouira également de ce nouveau "droit de savoir" qui mettra le Luxembourg à un pied d'égalité avec les autres démocraties avancées telles que la Mongolie et le Nigeria, qui ont adopté des lois similaires connues sous la dénomination internationale de FOI, "Freedom of Information", en 2011.

Seulement voilà, je viens de vous mentir, pas sur la Mongolie et le Nigeria, mais en vous annonçant la nouvelle, inventée de toute pièce, qu'il y aurait un vote sur ce projet de loi FOI au Luxembourg. Il faut faire sans !

Le droit de poser des questions

Dépourvus du droit de savoir, nous ne sommes pas dépourvus du droit de poser des questions. Et selon Benjamin Franklin, nous allons forcément finir par savoir toute la vérité. En attendant, faisons quelque sens des bribes et morceaux d’informations collectées à ce jour. Bien sûr, extrapoler sur ceux-là nous amène à la spéculation. Mais quels sont nos choix ? C’est ou bien s'accommoder avec l'obstruction et gober des balivernes, ou bien considérer la spéculation comme bonne hypothèse que  les réalités nous empêchent de vérifier pour le moment.

Faisons d'abord l'inventaire de ce que le public sait:
Monsieur Rollinger avait un projet de centre commercial à Wickrange, prêt pour démarrer. Il représentait une concurrence, voire un obstacle pour le projet du Stade National de Livange, 5 km plus loin. Pour une raison inconnue, le Gouvernement désirait l'abandon du projet Rollinger en faveur du projet Becca. Le gouvernement jouait donc au démarcheur, à l'arbitre, au facilitateur, au sponsor et au garant. La BCEE prendra soin des besoins de Monsieur Rollinger avec un prêt de €16 millions pour défaire son projet. On ne sait pas ce que cela couvre vraiment. Monsieur Becca s'arrangera avec Monsieur Rollinger pour son manque à gagner, € 21 millions dit-on, et Monsieur Finck personnellement veillera aux bonnes choses et aux divers crédits de sa (notre) banque, en tant que  membre du CA d'une des sociétés de Becca, qui soit dit en passant avait acquis l'ancienne villa de Finck.

La tête vous tourne? Vous sentez comme qui dirait une petite odeur? On va poser quelques questions. Mais il faut d'abord trier les relations binaires, triangulaires et quadrilatérales entre ces gladiateurs dans une petite analyse opérationnelle pour visualiser ce qui a pu se passer. La voici représentée:

ANALYSE DES RELATIONS AUTOUR DU PROJET DU STADE NATIONAL.

Légende : VERT: Persuasion amiable
                ROUGE:  Flux d’argent

Comme un petit croquis vaut mieux qu'un long discours, voici la légende: Les flèches vertes sont celles de la "persuasion à l'amiable". Ou peut-être de la coercition? Et la direction de la flèche indique à qui l'interaction s'adresse.

Les flèches rouges représentent de qui à qui vont les flux d'argent.

Nous constatons donc que le gouvernement fait figure de GO, ou gentil organisateur coercitif, directement ou par BCEE interposée. Cette persuasion amiable directe s'est matérialisée dans la fameuse lettre secrète signée par les Ministres Juncker, Halsdorf et Krecké.

Nous connaissions l'intensité des rapports entre Becca et la BCEE pour des crédits qui ont justifié la présence (rémunérée?) de Monsieur Finck dans un CA de Becca. Est-ce une immixtion coupable? Et nous connaissons le fait divers de la vente de la villa de Finck à Becca. Tous les observateurs s'étonnent de cette multiplicité des relations. Mais je suis sûr qu'un jour on saura comment se justifie une telle attention pour le client.

Un crédit de 16 millions

Puis il y a le crédit de € 16 millions de la BCEE à Rollinger. Les rumeurs veulent savoir d'une pression du gouvernement pour forcer une telle opération. Est-ce possible ? Nous savons que Finck était le favori du Premier Ministre pour diriger la banque. Cela crée des liens certes, mais il faut supposer que si une telle décision de crédit, n'était pas assortie de toutes les garanties nécessaires, les autres membres du Comité de Direction auraient dénoncé haut et fort une telle ingérence dans leurs responsabilités.

Le capitalisme d'état tel qu'il s'étale actuellement au Luxembourg est évidemment source de préoccupation. Il conduit au conflit avec la loi, mais elle sera appliquée de façon erratique aux gêneurs seulement. Il est en conflit avec le sens de justice dans l'opinion publique, mais elle ne saura rien car elle n'a pas le droit de savoir, et il est en conflit avec les règles éthiques élémentaires, mais qui s'en soucie si la permissivité donne l'absolution immédiate. Et face au pouvoir discrétionnaire et arrogant qui s’étale, les autres acteurs choisissent de rester dans les bonnes grâces de ceux qui ont capturé le système. Un tel système a un nom que je ne prononcerai pas. Je veux rester dans les bonnes grâces moi aussi.



Sunday, May 20, 2012

Nicolas Sarkozy, Président de l'Eurogroupe?


A peine deux semaines après les élections françaises, je dois revisiter mes anciens commentaires sur ce blog. (1) L'occasion est un article du Figaro (2) qui parle d'un autre article à paraître dans le Spiegel allemand, selon lequel le Président Hollande aurait exprimé des fortes réserves quant à la candidature de Monsieur Wolfgang Schäuble à la Présidence de l'Eurogroupe. Comme le temps presse, le remplaçant de Monsieur Juncker devant prendre ses fonctions le 17 juin, permettez moi d'offrir mon aide pour résoudre cette situation confuse. La solution est en fait simple, parce qu'il n'y en a qu'une, que dis-je, deux. Voici le modèle pour la prise de décision: 
  • Monsieur Juncker est l'actuel Président de l'Eurogroupe.
  • Il ne veut à aucun prix continuer avec un nouveau mandat.
  • Le travail est trop astreignant, et il veut s'occuper de sa tâche de Premier Ministre du Luxembourg qu'il a négligée.
  • Son successeur devrait être un ancien chef de gouvernement.
  • Son successeur ne devrait pas cumuler deux mandats, mais bien sûr.
  • Monsieur Sarkozy avait obtenu que cette succession devait être décidée après les élections françaises.
  • Monsieur Schäuble a été avancé comme candidat, le seul jusqu'à présent.
  • Mais Monsieur Schäuble n'est pas un chef de gouvernement.
  • Monsieur Schäuble voudrait aussi cumuler son actuel emploi avec cette Présidence.
  • Monsieut Hollande est opposé à cette candidature.
  • Dans l'Europe des Présidents non-élus il faut cependant un consensus général.
  • Dès le jeudi 10 mai, Monsieur Juncker est allé voir Monsieur Hollande à Paris.
  • "Nous avons évoqué l'avenir de l'Eurogroupe," a dit Monsieur Hollande. (3)
  • On s'en doutait. Quelle hâte avant la prise de fonctions.
  • Monsieur Hollande oppose donc la candidature de Monsieur Schäuble.
  • On comprend.
  • Il faut vite un autre candidat, ancien chef de gouvernement, non-cumulard, quoique, oui bon.
  • Je ne vois que Nicolas Sarkozy, qui plairait aussi à Madame Merkel. 
  • Et puis Paris est trop petit pour un nouveau et ancien Président.
  • Sinon voyons, qui d'autre. De quoi a-t-on discuté déjà à Paris? Non, vous ne voulez pas dire ..? Mais il nous a assuré que non. Il y a tant de choses qui ont été négligées à Luxembourg ces années passées. C'est lui qui l'a admis.
  • Tant pis pour Yves et le rêve francfortois.


Sunday, May 6, 2012

Nicolas Sarkozy, Président de l'Eurogroupe?


On dit que les dés sont tombés. François Hollande sera  le nouveau Président de la République.

Juste une pensée: rappelez-vous du poste de Monsieur Euro, le Président de l'Eurogroupe, formé par ces nations qui ont eu le privilège douteux d'adopter l'Euro. Le plus grand désastre politico-économique de la construction européenne.

Il fut un temps, il y a quelques semaines, que Jean-Claude Juncker, Premier Ministre luxembourgeois à temps partiel et principalement Président de l'Eurogroupe, avait fait l'appréciation de ses chances de se succéder à soi-même. Elles ne semblaient pas bonnes, et donc il fallait les améliorer: s'il lui fallait un successeur, son successeur ne pouvait être qu'un ancien chef de gouvernement. Mais voilà: cela réduisait le pool à essentiellement lui-même et puis .....

Pendant ce temps-là, chez lui en France, Nicolas Sarkozy faisait aussi une appréciation sur ses chances de se succéder à lui-même. Elles ne semblaient pas bonnes, et si par hasard ......

Donc, fut-il décidé, on ne décide de rien avant les élections françaises. Pas de Monsieur Euro, pas de nouveaux à la BCE.

Car enfin il est difficile de quitter l'Elysée pour Neuilly ou la Corrèze selon le cas. J'ai une idée à laquelle manifestement personne, je dis personne, n'a jamais, au grand jamais pensé: pour satisfaire à la condition de voir un ancien chef de gouvernement succéder à Jean-Claude Juncker comme Président de l'Eurogroupe, il n'y a qu'à:

Il n'y a qu'à choisir le Kozy de Merkozy. L'axe personnel Berlin-Paris sera préservé, le Président Hollande s'accommodera  de cette présidence "shadow" car exilée à Bruxelles. Monsieur Juncker pourra enfin poursuivre son rêve d'être Premier Ministre du Grand-Duché de Luxembourg. Et Yves Mersch, seul luxembourgeois restant en course pour une nomination européenne rejoindra la BCE. Tout le monde devrait être content?!

On comprendra en ce cas que Monsieur Schäuble ait un peu d'amertume qu'on l'ait fait mousser. Mais il n'était pas chef de gouvernement. Et puis, tout ce qui précède n'est que pure spéculation. C'était pour avancer le schmilblick.

Monday, April 16, 2012

CargoluxairCargoluxairCargoluxairCargoluxair


Quand un avion essaye d'attraper sa queue

Voilà que je me suis creusé récemment pour dédier un hymne à Kluckseër sur Péckvillchen (1), pour célébrer la cumulardise effrénée de Jean-Claude Finck, ailé par anticipation de la Présidence de Luxair. Survient un saboteur, on ne sait qui, qui vient ruiner à la fois ses ambitions altières et ruiner la fiabilité prédictive de mes petits poèmes.  

Paul Helminger, sans doute en supériorité numérique, a fait battre Finck de l'aile. C'est la surprise de l'Emaischen, mais j'applaudis de mes deux ailes pour trois raisons, dont voici que deux:

1. Un grand serviteur de l'état sait dire non aux abus.

Le gouvernement a choisi un indépendant pour représenter ses intérêts dans Luxair. Je sais que les gouvernements justifient leurs sélections pour ces fonctions extraordinaires en proclamant que le choix est tombé sur la personne la plus "uniquement qualifiée" dans le réservoir des choix possibles. Généralement c'est un mensonge, mais en ce cas, nul ne peut ignorer les qualifications de Paul Helminger: diplomate, homme d'affaires qui a dirigé des entreprises et homme politique. A mes yeux cependant c'est à l'occasion de cette nomination qu'il s'est uniquement qualifié: en déclarant publiquement qu'il renoncera à ses mandats politiques pour éviter tout conflit d'intérêt.

2. Un gouvernement transparent sait dire non aux abus.

Le gouvernement a abandonné, du moins momentanément, son réflexe né du corporatisme d'état, qui est de récompenser par ces postes un brave lansquenet fonctionnaire, membre d'un des partis au pouvoir.

Une révolution culturelle?

Mais dites-moi que je rêve! Après les années d'abus d'une culture de promiscuité institutionnelle et de permissivité qui défient les principes éthiques et démocratiques et qui met à la gouvernance des sociétés clés de l'économie luxembourgeoise des fonctionnaires, voire des hommes politiques "uniquement qualifiés" de par leurs adhésions politiques, il y aurait un nouveau vent? Le copinage aurait du plomb dans l'aile?

En tous cas, après l'exemple du nouveau ministre de l'économie Etienne Schneider, qui a renoncé à ses postes d'administrateur qu'en tant que fonctionnaire il détenait dans plusieurs sociétés pour éviter les conflits d'intérêt, voici  Paul Helminger qui renonce à ses mandats politiques pour les mêmes raisons. Rien que pour ces gestes profondément civiques, ce sont les deux meilleurs choix "uniquement qualifiés" que le pays s'est offert depuis le début de l'ère du copinage d'état, dont on ne sait même plus quand elle a commencé. Bravo.

Reste maintenant à se débarrasser de l'obsession cumularde de certains fonctionnaires, qui se passe sous le nez mais pas à la barbe de leurs chefs politiques. Des réservoirs de candidats indépendants et "uniquement qualifiés" pour les remplacer se trouvent dans tous les recoins de la société luxembourgeoise, y compris parmi les femmes.

Quant à Cargoluxair, habituée des jolies comptines  des avions qui cherchent à attraper leur queue, le kabuki des chaises musicales, on a récemment vu des vraies interrogations. Même le vote pour la Présidence de Cargolux d'un indépendant "uniquement qualifié" n'a pas fait l'unanimité dans un vote secret. C'est maintenant plutôt du "je te tiens, tu me tiens par la barbichette". Des questions sont enfin posées grâce à la presse et aux syndicats.