Sunday, September 24, 2017

Paradis fiscal un jour, paradis fiscal toujours?

Ecran de nuages










Paradis fiscal un jour, paradis fiscal toujours?


Y a-t-il une date de péremption pour les fraudeurs du fisc, et surtout leurs facilitateurs, les paradis fiscaux ? A en croire l’article du Journal de Montréal, pas du tout. Et les paradis fiscaux ne peuvent pas simplement racheter leur vertu en tournant la page. La preuve : Wikileaks, Luxleaks, Panama Papers, une série à suivre.

L’article focalise sur Bradley Birkenfeld, un nom qui fait encore frissonner la Bahnhofstrasse à Zurich. Il a vécu un drame personnel, et le hasard l’a fait un des sonneurs d’alerte les plus connus du monde. Je le rencontre de temps en temps dans des conférences sur le crime financier. Il a raconté dans son livre « Lucifer’s Banker », ou « Des Teufels Banker »  les années houleuses pendant lesquelles il a été à la fois incarcéré par la Justice américaine et récompensé d’un chèque de 104 millions de dollars (75 millions nets après impôt, s’il vous plait, comme il se doit) en tant que sonneur d'alerte par le Département des Finances américain.

Il n’y a pas de péremption pour les paradis fiscaux, parce que ce n’est pas qu’une question de droit : c’est une question éminemment politique et morale que les opinions publiques ne trancheront que d’une seule façon. C’est que les fraudeurs du fisc vivent aux dépens de ceux qui payent leurs impôts.

Nous verrons encore les journalistes du « International Consortium of Investigative Journalism », ICIJ, ou encore du « Organized Crime and Corruption Reporting Project », OCCRP, fouiner dans les allées mal éclairées.  

Il y aura surtout une poussée internationale pour un statut qui protège, sinon récompense le sonneur d’alerte, à la Bradley Birkenfeld.

Saturday, September 23, 2017

LuXemburger Wort - Mémoire à Luc Frieden: On ne change pas une équipe qui gagne!

Allumez 1000 lanternes

















LuXemburger Wort - Mémoire à Luc Frieden: On ne change pas une équipe qui gagne!

https://www.wort.lu/de/politik/in-eigener-sache-stellungnahme-der-redaktion-59c5377556202b51b13c3b23




Monday, September 4, 2017

Banque Internationale à Luxembourg: L’homme qui a vendu la Banque BIL deux fois pour deux fois rien.

BIL : Entre Chien et Loup





















Banque Internationale à Luxembourg: L’homme qui a vendu la Banque BIL deux fois pour deux fois rien.

Les aléas de sa carrière ont mis Luc Frieden dans la situation unique de vendre la BIL deux fois en 5 ans : une fois pour le Luxembourg, puis une deuxième fois pour le Qatar. Il a mieux fait pour le Qatar que pour le Luxembourg.

La première vente de la BIL à Precision Capital, fond appartenant à la famille régnante du Qatar et devenu investisseur luxembourgeois par domiciliation, était ficelée dans la précipitation à un prix de braderie en 2011-2012 suite à la crise de DEXIA. Le marché s’attendait à une transaction d’Euros 900 millions ou plus, malgré cette crise. Precision Capital a enlevé la Belle, fleuron historique des banques luxembourgeoises, pour 657 millions d’Euros. L’année de référence pour déterminer la valeur de la banque était l’année 2010. Elle avait alors un revenu net d’Euros 240 millions.

La seconde vente au Legend Holdings chinois est à considérer selon le cas comme étant pour deux fois rien ou au contraire pour un incroyable multiple de 5 fois plus.

C’est deux fois rien si l’on considère les opportunités perdues : la BIL n’a pas pu reconnecter avec son niveau de revenus de 2010, c.à.d.  Euros 240 millions. Il y a eu bien-sûr le moment de crise de DEXIA de 2011-2012. Mais la BIL avait gardé ses possibilités de performance inhérentes. Cette performance n’était que d’Euros 134 millions de revenus nets en 2015, une bonne centaine de millions de moins qu’en 2010, et d’Euros 110 millions en 2016, un autre recul de 24 millions. Malgré ce recul, l’investisseur stratégique Legend Holdings est d’accord pour payer plus de 13 fois le revenu net de 2016. Il faut sous-entendre que la relativement faible performance de la banque en 2016 a diminué sa valeur, peut-être de près de la moitié de son potentiel démontré en 2010. Ce n’est pas deux fois rien, mais cela aurait pu être deux fois plus.

Quoiqu’il en soit, les chiffres de 2017 sont bons malgré le manque à gagner. En prenant les revenus de référence comme base, la transaction de 2017 se fait sur moins de la moitié des revenus de 2010, en l’occurrence 240 millions en 2010 contre 110 millions en 2016. Sur cette base la seconde vente en 2017 est de 5 fois supérieure à celle de 2011. Dans les circonstances, c’est très, très bien pour le Qatar.

Le Qatar s’y retrouve à Luxembourg : il y est implanté, y a été courtisé, et vient de faire une bonne opération, en réalisant en moins de 5 ans une plus-value de 823 millions d’euros soit au total plus de 125%. Cela vaut un bonus au personnel ?

L’aventure Cargolux n’a pas été un fiasco pour le Qatar non plus. Seulement pour Cargolux. L’achat et la revente des parts de QR dans CV se solde par une somme zéro. Mais les droits internationaux acquis par QR au Luxembourg au cours de cette aventure n’ont pas été rescindés par le Luxembourg, et le know-how acquis pendant la transaction et la période de coopération est précieux.

Reste la KBL. Elle n’est pas à vendre.  A moins d’avoir besoin de cash supplémentaire, dû à son isolement abrupt par ses voisins, le Qatar sera ravi de compter sur des amis et de garder ses opérations à Luxembourg.

Legend Holdings regardera maintenant à son équation : comment augmenter le rendement de la banque ? Serait-ce en coupant les coûts ou en soutenant une nouvelle orientation avec une nouvelle équipe?

Friday, November 11, 2016

Des Présidentielles américaines pas comme les autres.


Curacao


Des Présidentielles américaines pas comme les autres.

Egide Thein

Je suis à une conférence à Curaçao, où les gens ne sont pas encore revenus de l’élection de Donald Trump comme Président des Etats-Unis. « Pourtant » me dit Miguel, dirigeant d’une importante banque de la place, « nous sommes généralement bien informés par CNN sur ce qui se passe sur le continent. Personne ne s’attendait à cela ». Au Luxembourg il en est de même. Des sondages avaient donné 3% de support à Donald Trump, 71% à Hillary Clinton. C’est aussi un résultat indirect de l’information, truquée comme on verra, par le même CNN. Pourtant en analysant froidement les mouvements des dix derniers jours de la campagne électorale, j’arrivais à la conclusion que Trump pourrait gagner jusqu’à 40 Etats, et avec cela la Présidence ! Mais pour arriver à cette conclusion, il fallait inclure statistiquement quelques impondérables émotionnels, mais chiffrables, qui existent dans les mouvements des grandes foules.

Ce qui s’est passé réellement est une incroyable mystification du public par une série de fautes stratégiques des deux partis, une tromperie par les medias qui ne cachent plus leurs préférences et s’ingèrent dans le débat pour favoriser leur candidat, la méconnaissance du phénomène de rejet universel du« politiquement correct » (1) aux Etats-Unis comme en Europe, et la non-maitrise sinon le truquage de l’outil statistique par les sondeurs d’opinion, qui font dire ce qu’ils préfèrent. Le public s’est révolté. Rares sont encore ceux aujourd’hui qui perçoivent et mesurent le grand chambardement fondamental dans la vie politique des Etats-Unis. Il se passe sous nos yeux.

Les élections ne sont plus des couronnements 

La démocratie américaine n’est plus ce qu’elle était, du moins telle qu’elle a été conçue il y plus de 240 ans. La politique américaine était devenue une science cynique où les meilleurs stratèges et tacticiens s’en donnaient à cœur joie pour contourner les préceptes de la constitution, de la coutume, et qui souvent ignorent la loi tout simplement. Un électorat polarisé était là pour condamner ou justifier à la fois la transgression. Il en résulte une classe politique arrogante, au-dessus de la loi, qui forme aussi la base d’un pouvoir occulte par des intérêts particuliers, de lobbies puissants, et d’ambitions personnelles qui prennent les partis en otage et créent une atmosphère mafieuse. Non, il n’y a pas de place pour les enfants de chœur.

Ainsi, il y a un peu plus d’un an, même si vous n’avez suivi les nouvelles que fortuitement, vous aurez certainement enregistré que les élections de 2016 allaient être un duel Hillary Clinton contre Jeb Bush. L’une épouse d’un ancien Président, l’autre fils et frère de deux anciens Présidents. Hillary contre Jeb, comme si cette République était destinée à être gouvernée par une dynastie alternante, soit Bush, soit Clinton. Tel était le bon vouloir des forces occultes qui dirigent les partis.

Une personne, un vote, un candidat !

Etait-ce la nouvelle démocratie américaine à l’image de la Corée du Nord ? Les partis Démocrate et Républicain avaient bel et bien choisi une stratégie du résultat inévitable. Chez les Démocrates, Hillary Clinton, dans les primaires, ne devait pas avoir de contre-candidat viable du tout, pour en arriver vite au scenario d’une personne, un vote, un candidat. Chez les Républicains, Jeb Bush, lui aurait des compétiteurs, mais ils seraient écrasés à coups de millions de dollars en marketing et attaques publicitaires. Les Présidentielles seraient dès lors un duel Hillary-Jeb, chacun dépensant au moins un milliard de dollars pour suffoquer l’autre. Mais l’un d’eux serait Président.

Après l‘élimination de Jeb tôt dans la sélection, on allait vers le couronnement de « Hillary », princesse héritière de droit, qui comme première femme hériterait de la Maison Blanche par la grâce du féminisme. Il est curieux que l’Amérique des « We the People » soit à un tel point devenu non-démocratique que de proposer comme choix principal deux dynasties.

Quand les « We the People » se rebiffent.

Les belles stratégies concoctées par les princes électoraux des deux partis avaient un hic, dans les deux cas: Bernie Sanders chez les Démocrates et Donald Trump chez les Républicains. Les deux n’étaient pas censés faire long feu, comme le politiquement correct l’aurait exigé. Nous assistions par contre à une orgie du politiquement incorrect. L’électeur, extenué de se mouvoir sur un mouchoir de libertés, a laissé libre cours à sa rancune accumulée depuis des années. Et il a puni les gérants de la pensée unique.

Pour trouver des explications, revenons d’abord au procédé des Primaires qui se veut démocratique pour choisir des candidats dans les deux partis principaux, les Démocrates et les Républicains. Ce sont les élections primaires qui ont commencé dès le premier février 2016 avec un « caucus », sorte de démocratie directe, en Iowa, puis des élections dans le New Hampshire, Nevada, South Carolina ensuite, pour finir vers le mois juillet, Etat par Etat. C’est compliqué.

Il faut savoir d’abord que ces élections primaires ne sont pas organisées par le gouvernement, mais par les partis, qui sont en fait des associations privées qui empruntent les infrastructures de l’Etat pour ces élections. Ces élections primaires sont soit réservées aux membres inscrits du parti, soit ouvertes à tout le monde selon les états. C’est le parti local qui fixe les règles. La consultation est soit sous forme d’élections à vote secret, soit le caucus, sorte de rassemblement pendant lesquels on distille un vainqueur en rejoignant la faction de l’un ou de l’autre candidat, un vote public à main levée en sorte.

Ce processus des primaires est un premier élément de divergence avec les pratiques européennes. C’est l’électeur qui sélectionne les candidats à la Présidence, et en principe pas la nomenclature du parti comme en Europe, qui impose ses candidats. Dans la trajectoire vers la nomination, un candidat doit habilement naviguer les sensibilités politiques, et des fois adroitement pencher plus vers la droite ou la gauche. Ceci parce que les deux partis couvrent chacun un large spectre idéologique, et l’aile gauche du Parti Républicain peut avoir des représentants plus à gauche que les éléments de droite du Parti Démocrate. L’histoire des partis est étonnante aussi pour leurs destinées contradictoires. Ainsi le parti Républicain de Lincoln, antiesclavagiste, tradionnellement n’a pas la majorité du vote de l’électorat noir. C’est le domaine réservé des Démocrates, quoique historiquement liés au Ku Klux Klan avec le dernier élu proéminent, le Sénateur Robert Byrd de West Virginia jusqu’en 2010. Ainsi gauche et droite ne sont vraiment reconnaissables que dans leurs phalanges extrêmes. Le reste est un « mainstream » pragmatique, souvent « Indépendant », où d’ailleurs il n’est pas rare de voir des personnages changer d’un parti à l’autre. Quelques exemples sont Ronald Reagan, Michael Bloomberg et oui, Donald Trump. Mais ces campagnes électorales-ci étaient brutales dans ses formes, et superficielles dans ses programmes.

Je te casse la gueule a la récrée.

Excuse my French, diraient les américains. Mais à force d’entendre les diatribes de Donald Trump, de Lying Ted, Little Marco et Crooked Hillary, on emprunte facilement leur langage des 16 mois passés ! Uncle Joe (le Vice-Président Biden) a même lancé un défi : il attendrait le Donald derrière la salle de gym. Et le Donald a fait : « Je souffle, et Joe mord la poussière».

Après ces clarifications sur les grandes stratégies d’avenir, Trump a joué un peu au docteur, micro ouvert et pruderie nationale comprise, comme il se doit en 3ième année primaire. Et Hillary s’est fâchée aussi. Elle a traité les obtus qui n’allaient pas voter pour elle de « déplorables », et ce en criant comme une concierge dans la cage d’escalier. Cela coute cher : on n’insulte pas les électeurs, seulement les concurrents. Donald a dit qu’elle était une menteuse invétérée. Elle a dit qu’il ne respectait pas les femmes. Lui a dit que non, que ça c’était son mari Bill.  C’était un brin fatigant, et l’électeur n’aimait pas vraiment ni l’un, ni l’autre, avec une cote d’impopularité d’environ 75% chacun.

150% des américains n’aimaient pas leurs candidats

C’est une boutade bien-sûr, en pleine figure des sondeurs d’opinion qui ont misérablement failli leurs petits calculs des prédictions. J’ai additionné les deux cotes d’impopularité, ce qui donne 150%. C’est évidemment un chiffre intentionnellement faux et impossible, une démonstration par dérision que les sondages manquaient de rigueur scientifique. Mathématiquement cependant, on peut conclure que de 50% à 75% des américains n’aimaient ni l’un, ni l’autre des deux candidats. C’est dire que l’électeur a décidé non pas qui des deux candidats était le meilleur, mais qui des deux était le moins mauvais. Le public a décidé qu’il préférait le tempérament volcanique du Donald et le mouvement qu’il a créé, aux manigances des Clinton, sous enquête permanente du FBI, même si celui-ci a été politisé dans le coup.

CNN, Clinton News Network ?

CNN est l’épitomé des mauvaises nouvelles pour la Presse qui en fait perd son statut de quatrième pouvoir depuis ces élections. La Presse n’a pas été neutre dans ces élections. Elle a abandonné dans beaucoup d’occasions son devoir de neutralité par des reportages sélectifs, et des reportages intentionnellement inclinés en faveur de l’un et l’autre candidat. On connait les penchants pour la gauche des grandes chaines de télévision, pour la droite de Fox News et des nombreuses radios avec leurs programmes syndiqués à travers le pays. CNN s’est distingué avec la main dans le sac. CNN s’est fait taper sur les doigts pour avoir fourni d’avance les questions pour des interviews et les débats à Hillary Clinton, selon Wikileaks, méritant depuis le surnom de Clinton News Network. En tant que consommateurs de nouvelles, sommes-nous devenus ce que nous consommons ? Miguel de Curaçao n’a que cette source-là. Les journalistes européens eux aussi regardent CNN pour concocter leur message. Pas étonnant que faute d’enquête et d’analyse personnelles, ils épousent le parti pris de ceux qu’ils écoutent, les erreurs et les omissions comprises. En ces circonstances, le risque de se tromper n’est pas contrôlable. C’est à marée basse qu’on voit qui n’a pas de maillot.

Comme  Wikileaks est venu éclairer la proximité de certains organes de Presse et de la caste politique, l’acharnement de son propre parti contre Sanders, le désaveu de Trump par les ténors de son parti, force est de constater que c’est la tête des deux partis qui est maintenant désavouée et sevrée de la base.

Wall Street est désormais Démocrate, Main Street Républicaine

C’est le grand chambardement dont je parle plus haut. C’est le monde à l’envers. Le clientélisme électoral voulait ce que les leaders des deux partis voulaient : Hillary ou Jeb. Ce n’est ni l’une ni l’autre. Bernie Sanders, comme l’un des deux insurgés a côté de Trump, aurait eu plus de chances de réussir que Hillary, qui en fait n’était pas une candidate idéale, avec trop d’angles attaquables.

Le résultat de cet imbroglio politico-sociétal est que la classe moyenne ne se retrouve pas dans les aspirations élitaires des Démocrates. Ces élites ont perdu leur parti. Les élites Républicaines ne se retrouvent pas dans aspirations des nouveaux supports du parti, dont des syndicats ! Ce parti a perdu ses élites. La Presse a perdu la confiance du public, et les magiciens des sondages publics ont perdu leur crédibilité. Où va l’Amérique ? Elle va dans le sens du quatrième pouvoir, mais ce n’est plus la Presse. Le quatrième pouvoir est désormais la Bureaucratie, les grands serviteurs de l’Etat dans les administrations.

En attendant il y aura des mauvais perdants qui vont casser leur voisinage pendant quelques jours encore, le Président Hollande va ravaler ses hauts de cœur, l’Union Européenne cherchera sa boussole, et certains liront la Constitution américaine.

(1) Les effets pervers du politiquement correct. 15 janvier 2016. http://tinyurl.com/hp59d5h





Monday, September 19, 2016

L'interview de Juncker que Youtube et l'UE ne voulaient pas


Jean-Claude in the Cloud























L'interview de Juncker que Youtube et l'UE ne voulaient pas


« Une jeune youtubeuse était particulièrement enthousiaste après avoir été approchée par YouTube pour interviewer le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Laetitia Nadji a pourtant vite déchanté lorsqu'elle s'est rendue compte qu'elle avait été choisie pour jouer les potiches et servir la soupe au Luxembourgeois. »

Laetitia (dont l’origine du nom est charme) a papillonné autour du gérontocrate en faisant gentiment, gracieusement, l’exposé de multiples accusations par l’entremise d’un préambule assez élaboré à ses questions. On se souviendra aisément de la liste de ces accusations. Quant aux réponses de Juncker, fossile dans la phalange de l’UE, ses réponses n’ont laissé aucun impact. Surtout sur des jeunes, qui ont entendu la même salade fanée qui les écœure.  On ne s’en souvient pas. Sauf que, fidèle a une de ses devises, il a menti quand il a prétendu ne rien savoir des « tax rulings » luxembourgeois.

On aura aussi noté qu’il y avait un verre d’eau sur la petite table. Mais Juncker n’y a pas touché.


Somme toute, une initiative qui a un peu foiré.





Friday, June 24, 2016

Et pourtant l’Europe aurait pu se faire !



















Europe: extinction des lumières. Photo ET

Voici reproduit un article d’il y a 2 ans. Rien n’a changé. Ah si, la Lady britannique n’est plus cheffe de la diplomatie commune. C’est actuellement une lycéenne italienne.


Et pourtant l’Europe aurait pu se faire !

Je me rappelle du Président Pompidou revenant du Sommet de La Haye en 1969 déclarant sa satisfaction, parce que « le Sommet a été bénéfique pour la France d’abord, pour l’Europe ensuite ». Comme beaucoup de jeunes Européens « fleur bleue » de l’époque, j’étais mi- encouragé par ces propos, car la construction européenne avait été en panne, mais aussi mi- offensé, car l’égocentrisme français plaçait la France devant l’Europe. L’Europe supranationale par libre adhésion pourtant avait été un idéal suprême après deux guerres mondiales meurtrières.

Le Traité de Rome de 1957 parlait d’une « union sans cesse plus étroite entre peuples européens ». Cela fait 57 ans, et à ce jour on ne sait toujours pas quelle sera cette union : seront-ce les Etats-Unis d’Europe, une Confédération, un Marché Unique ou va-t-on continuer le Grand Machin mal défini, non-démocratique, que l’on ajuste selon les besoins de refuge d’une gérontocratie européenne après des échecs électoraux chez soi ? Et on dirait que plus on avance, plus le Grand Machin mal défini s’éloigne, vers une union sans cesse moins étroite.

Combien de temps pour faire (défaire) un Empire ?

Donc on construit sans plan depuis 57 ans, une construction organique selon les courants, à peine darwinienne, sauf pour sauvegarder la gérontocratie. Vous direz que Rome ne s’est pas faite en un jour. Mais Rome avait un plan. Et elle avait fini par unir l’Europe, bien-sûr selon son plan, et avec le glaive. Atteignant un sommet de civilisation politique qu’il faudra par la suite des siècles pour retrouver, l’Empire Romain a duré des siècles. C’est l’autre considération pour mesurer le succès d’un Empire, la durée, car ils naissent et dépérissent. Une autre variable est l’idéologie qui les anime. Charlemagne et ses successeurs ont présidé au triste essor du féodalisme, garantissant l’obscurantisme qui nous a jetés plusieurs siècles en arrière. L’aventure napoléonienne avait moins de souffle : une quinzaine d’années pour atteindre Waterloo, synonyme de fin d’Empire. Comment mieux définir l’idéologie napoléonienne que par l’ego d’un homme. « Commediante, Tragediante » lui disait le Pape. Vint ensuite Hitler avec un plan d’un Empire Nazi millénaire. Cela durait 12 ans. Mais il avait un plan. Tout comme l’idéologie suivante, le communisme de Lénine et de Staline. L’Union Soviétique tenait la route tant bien que mal pendant 70 ans. Mais ils avaient un plan : la route du communisme mondial ne va pas de Moscou à Paris, mais de Moscou par Pékin à Paris.
Puis vient le Grand Machin de l’Union Européenne. On ne conquiert rien avec le glaive. On n’a pas de plan non plus sauf une idée générale de construire une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens. C’est une idéologie agnostique, où tous peuvent imaginer une finalité à leur façon pour le Grand Machin. Sauf que ce sera basé sur une Economie de Marché. Le reste sera la conduite de la bataille des intérêts particuliers.

Avez-vous remarqué que tous ces exemples historiques de construction européenne ont tous produit une nomenclature féodale, partisane, non-démocratique. Le 1% quoi !

David Cameron a tort, s’il n’a pas raison

Sa vision du Grand Machin est en la circonstance aussi valide que celle de ses camarades dans le bac à sable européen. Mais quelque part sous-jacent à toutes ces diverses visions, il doit y avoir des dénominateurs communs. Comme par exemple si on joint un club de football, c’est parce qu’on veut jouer au football selon les règles du football. Joindre une Union Européenne, suggère qu’on ferait quelque chose en commun pour l’Europe en observant certaines règles du jeu. Là vous me parlez en fait d’une Constitution Européenne, qu’on a tronquée en Accords de Lisbonne, un autre machin. Elle a autant de pages que la Constitution américaine a de mots. Il est vrai qu’on avait confié son élaboration à un normalien français, alors que la Constitution américaine est le fruit d’esprits libres de toute contamination politique antérieure.

Que devrait être ce Machin Européen ? Certainement un Marché Unique était une bonne idée. Mais pour que l’Europe fasse le poids dans le monde, c’est l’union qui devrait faire la force. Il faut un Gouvernement central, élu, tenu responsable par un Parlement. Donc PLUS d’Europe. Il devrait recevoir un transfert de souveraineté des Etats membres. Pour « faire le poids » internationalement et être une alternative aux puissances américaine, chinoise et russe, la politique étrangère doit être d’une voix unique, la politique économique (et monétaire) un ensemble consistant et la défense une défense commune. Tout cela a été tenté partiellement, provisoirement, intuitivement, sans se soucier de quelques principes essentiels : Une Lady britannique est vaguement en charge de la diplomatie européenne qui n’est pas définie, l’Euro a connu un lancement précipité et malencontreux qui remplaçait l’Ecu seul outil monétaire viable sans plus de coordination économique, et en guise de défense commune il y a une Brigade européenne juste bonne pour défiler.

M. Cameron, M. Hollande et d’autres devraient se décider s’ils veulent appartenir au club et respecter les règles, ou sortir de là. Rester a des conséquences comme par exemple abandonner ses terrains de jeux privilégiés  en Afrique ou ailleurs, abandonner le bouton nucléaire à un Président européen et consolider les budgets de défense, réduire le nombre d’ambassades d’environ 2.000 à 192 dans une ère où le tweet a remplacé la « note verbale », et repositionner l’euro dans un contexte de gouvernance qui comporte entre autres l’élimination du menu chinois qui laisse le choix à tous de participer aux règles ou de s’en distancer, comme Schengen et d’autres.

David Cameron a raison, s’il n’a pas tort

Il est important de faire une mise au point : je ne suis pas un enthousiaste inconditionnel des choses américaines. Mais encore une fois, la Constitution américaine est une belle construction de l’esprit humain (par opposition à l’esprit partisan). Elle laisse aux Etats l’autorité de s’occuper de choses qu’ils sont les mieux équipés pour adresser. C’est le principe de subsidiarité. C’est MOINS d’Europe. L’art est de doser le partage entre PLUS et MOINS de façon à satisfaire les soucis de subsidiarité chers à  David Cameron, assez pour un compromis lui permettant d’abandonner quelques pans de souveraineté, suffisants pour que l’Europe puisse s’affirmer sur la scène internationale, économiquement, diplomatiquement et militairement.

L’Europe a besoin d’une destruction créatrice

Malheureusement l’Europe s’est égarée au point de devenir un Machin non-démocratique.  Elle a perdu le support du public, et des réformes seront difficiles. Il faudrait à la fois avancer plus vite et plus loin dans la gouvernance centrale, et faire marche arrière sur nombre d’égarements. Détruire les excroissances que nous devons aux gardiens du Machin, pour faire du neuf.

Dans ce contexte l’élection du prochain Président de la Commission est un cas d’espèce. Je parle de Jean-Claude Juncker, candidat dont la candidature semble plus importante que le projet européen. Sous l’argument de la démocratie que je cherche en vain dans la démarche de cette « élection » qui n’en est pas une. Ni dans un sens, ni dans l’autre.

D’abord je ne suis personnellement pas en faveur des ambitions des leaders politiques luxembourgeois qui développent une obsession pour accéder à des postes internationaux. Leur terroir national leur devient trop étroit, donc ils délaissent généralement leur électorat qui les a choisis pour des responsabilités nationales. Monsieur Juncker est un de ceux qui ont négligé leur fonction nationale. Comme Premier Ministre, il a été absent pendant huit années pour assouvir des ambitions européennes telles que de jouer le rôle de M. Euro. Il vient d’être élu parlementaire luxembourgeois, avec la promesse d’être soit Premier Ministre, soit leader de l’opposition. Il est leader de l’opposition, mais déjà absent pour raison d’ambition européenne. Ce sera la continuité du Grand Machin non démocratique des 1%. Il est un vétéran de cette Europe-là et a l’avantage de connaitre ses méandres. Il peut aussi tout simplement être un intermédiaire utile et traducteur entre les autres dans le bac à sable européen, qui ne parlent qu’une langue. Mais il peut être ennuyant : ses camarades lui reprochent quelques habitudes qui ne se cachent plus.

Si ses actions passées sont une indication pour son « programme », rien ne changera. Il a fait de son parti catholique, le CSV, un parti séculaire tout venant pour les opportunités qu’il offrait comme force dominante, au point qu’on appelait ce genre népotiste luxembourgeois « l’Etat CSV ». Dernièrement le parti a voté en faveur d’agendas sociaux progressistes qui normalement ne sont pas supportés par des partis religieux. On peut parler de succès sous l’aspect de la consolidation du pouvoir.

Dernièrement cependant il y a eu problème. Les élections de 2013, anticipées, ont produit une autre majorité. Il est vrai que le Premier Ministre absent a connu une série de scandales autour des services secrets, d’un Stade National, et de Cargolux. Ailleurs le centre financier a connu le démantèlement de quelques niches bien profitables tel le secret bancaire. Et puis il y a cette plaie pour les 99% : le chômage qui sous M. Juncker a augmenté de 2,9% à 7,1%, sans compter les chômeurs frontaliers et les emplois provisoires subsidiés. Enfin comme M. Euro il a maîtrisée la crise en socialisant les pertes des banques, et surtout permis une première, permettant aux banques chypriotes en difficulté de saisir une partie des avoirs des clients.

Et pour la fin, la danse du quadrille

Ces jours-ci il y aura les grandes manœuvres pour « élire » ou ne pas élire Juncker Président de la Commission Européenne. Ce n’est pas un processus démocratique, mais un marchandage. M. Juncker était « candidat » tête de liste lors des élections européennes, sans être sur une liste. Il n’a donc pas été élu député européen, mais parait-il ces élections sont sa légitimité. Le public luxembourgeois supporte sa nomination par solidarité avec un des leurs, tout comme ils préfèreraient qu’un luxembourgeois gagne le Tour de France.. Le nouveau gouvernement aussi, car il évacuerait une belle-mère incommode à Bruxelles. Reste les discordes dans le bac à sable à résoudre. Et si tout va bien pour M. Juncker, sera-t-il le Président des 1% ? Qu’en disent 12,5% de chômeurs européens ? Les 99% constateront qu’il sera le troisième Président luxembourgeois de la Commission sur les 12 qu’il y a eus dans le passé. Comme quoi un Grand Machin a souvent besoin de plus petit que soi.

Sunday, May 22, 2016

L’affaire Becca dite « des montres » est une Quelconquerie.


20:05 h hier soir sur ma Rolex. Photo ET




















L’affaire Becca dite « des montres » est une Quelconquerie.

Quiconque lira le communiqué de presse que j’appellerai « généralement quelconque » ci-dessous, apprendra que l’affaire des montres Rolex ou autres marques généralement quelconques, est une affaire de médisance que quelconque adversaire aura inventée.

Nous apprenons que l’instruction, non-généralement quelconque, puisque clôturée en à peine 5 ans (généralement quelconque serait de 10-12 ans), arrive à la quonqlusion que toutes les montres Rolex et autres montres généralement quelconques sont répertoriées, retrouvées ou rendues. 

L’inventaire n’est pas au nom d’une quelconque société qui aurait acquis la collection, mais au nom du défendant. Qui aurait de toute façon remboursé quiconque aurait avancé les fonds pour cette acquisition selon un contrat généralement quelconque.

Quant à moi, je certifie à tout un quelconque que je n’ai jamais sollicité ni reçu de montre de quiconque ou tout autre cadeau généralement quelconque pour changer l’une ou l’autre quelconque contribution de la rédaction du Feierwon en faveur de quiconque. Ce qui montre que quiconque ne recoit pas de montres, ne peut être montré du doigt.

Après cette Quelconquerie, et pour réinventer mon inventaire, je m’offre une séance de Qigong maintenant. A la bonne heure ! Cela rolex !

Communiqué de presse

Flavio BECCA a été très satisfait d’avoir enfin pu s’exprimer devant le juge d’instruction au sujet de cette affaire, dite des montres, au terme d’une attente de près de 5 ans d’enquête.
Dès l’entrée en matière le juge d’instruction a pu nous préciser que la police judiciaire avait procédé à une enquête très fouillée au sujet du devenir de toutes ces montres achetées par Flavio Becca. L’enquête a permis de conclure que toutes les rumeurs qui ont pu circuler par le passé au sujet de remises en guise de cadeaux, voire de corruption en faveur de décideurs généralement quelconques à Luxembourg ou à  l’étranger, sont sans le moindre fondement.
 En d’autres mots toutes les montres achetées ont pu être retrouvées et ont été inventoriées par la police judiciaire et par conséquent n’ont pas servi à des fins inavouables d’une manière généralement quelconque.
En conclusion dans cette affaire il n’y avait pas lieu de parler de corruption ou de prise d’intérêt d’une manière généralement quelconque, ce que nous savions dès le départ. L’enquête minutieuse de la police judiciaire (il y a au moins une vingtaine de rapports) a permis de prouver sans ambiguïté l’absence de tout acte de corruption.
Au vu de ce que nous avons entendu et vu ce matin nous pouvons être raisonnablement confiants que cette affaire se terminera par un non-lieu en chambre du conseil.


Luxembourg, le 20 mai 2016.