Friday, April 5, 2019

La Présidence Trump: Mode d’Emploi


On dirait ..........



















La Présidence Trump: Mode d’Emploi

Si les luxembourgeois avaient pu voter aux élections américaines de novembre 2016, Hillary Clinton aurait gagné contre Donald Trump avec 93% des voix. C’est ce qu’indiquait un sondage qui a eu lieu la semaine avant les élections. Vivant aux Etats-Unis depuis près de trente ans, vétéran de ce qu’on appelle ici « Public Affairs », j’étais arrivé à un pronostic contraire basé sur les sondages américains, les mouvements des foules, et les ajustements statistiques nécessaires dans ce cas très particulier de bipolarisation de l’opinion publique. Je prévoyais une marge étroite possible en faveur de Donald Trump.

L’opinion publique luxembourgeoise me paraissait comme une hallucination, déclenchée par une information locale défaillante, inspirée par les media américains. Hillary Clinton était une mauvaise candidate car elle était opposée par une trop grande partie de l’électorat, près de la moitié. On ne gagne pas avec des chiffres pareils. Cette opposition est due surtout aux scories amassées par les Clinton au fil de plus de 30 années passées en politique. Bernie Sanders, qui quoique indépendant est affilié aux Démocrates, défiait l’interdit implicite au sein du parti qu’on n’oppose pas la princesse héritière Hillary. Il a été sauvagement saboté pendant les primaires par ses propres amis du « Democratic National Congress » pour que « Hillary » gagne la nomination. Pourtant faute d’autres candidats aux primaires, il était la seule vraie chance du Parti Démocrate de prévaloir contre Donald Trump. Celui-ci avait déjà donné la démonstration qu’il serait difficile à battre, après avoir éliminé à la tronçonneuse 16 autres candidats républicains dans les primaires. Pendant ce temps-là Hillary Clinton, tout en étant la princesse héritière présumée, devait se réduire à comploter avec l’aide de son parti et des media pour devancer un surprenant Bernie Sanders.

Il a plu sur la Procession Impériale !

Le jour de l’élection les militants de Hillary Clinton étaient en liesse. Les algorithmes des grands organes de presse, presque tous acquis pour elle, lui donnaient une quasi-certitude de gagner. Mais la procession solennelle vers la victoire se terminait très vite en naufrage dans la soirée. Le couronnement fut annulé. Trump avait gagné. Il fallait un coupable de suite pour justifier cette débâcle, qui après une première défaite contre Barack Obama, fournissait pourtant la preuve que Hillary Clinton était incapable de gagner. Non, la coupable ne pouvait être Hillary pour avoir gaspillé sa chance servie sur un plateau. Pour le camp de Hillary, la victoire ne pouvait être le mérite de Trump non plus : il était inimaginable qu’il ait pu battre Hillary avec ses propres atouts ! Cette victoire de Trump ne pouvait s’expliquer que par une fraude ! Pourquoi pas par une collusion avec les Russes ? Et une excuse fantastique faisait la une le soir des élections : les élections étaient « hacked » par les Russes ! Vous votiez Clinton ? Eh bien le résultat mystérieusement se transformait en un vote pour Trump. Cette fantaisie ignare était impossible, pour sa simple irréalité technologique. Pourtant les media, s’en emparaient pour quelques heures.  Cette excuse tellement simpliste a dû être ajustée par les « spin doctors » pendant les jours suivants pour expliquer le résultat non pas par du « hacking », mais par une ingérence russe et surtout une collusion Trump-Poutine. Cette accusation est devenue la raison pour nommer un « General Counsel », Robert Mueller, qui devait enquêter sur cette collusion. Il le fera pendant 675 jours pour un coût de 40 millions de dollars.

Hillary a écrit un livre accusant tout le monde pour son échec, excepté elle-même. Pour le plus grand mal du parti, elle travaille probablement à sa nième résurrection et un probable naufrage subséquent.  Elle avait surtout commandité le célèbre « Dossier » pour éclabousser Trump avec toutes sortes d’histoires sulfureuses. C’est de bonne guerre en politique américaine d’aller fouiner dans le passé de l’opposant, et c’est réciproque. Dans ce cas-ci il semble que les résultats de cette fouine aient servi de document officiel pour saisir la Foreign intelligence Surveillance Court (FISA), une cour de justice secrète (!) instituée en 1978 pour autoriser les enquêtes de contre-espionnage. Le juge a donné le feu vert a plusieurs reprises pour enquêter sur des membres de la campagne Trump. Certains ont été inculpés, pour avoir menti ou pour fraude fiscale, mais aucun pour collusion avec la Russie. Une histoire bien americaine.

Pendant ce temps-là, sur CNN

Depuis le début de la campagne électorale en 2015, émergeaient les deux éléments qui allaient déterminer les élections. Un code du « politiquement correct » à outrance faisait office de muselière au discours publique, alors que la Constitution élève en amendement sacro-saint la Liberté d’Expression. Cette muselière était embrassée surtout par l’aile gauche du parti démocrate, amplifiée par la presse favorable à Hillary Clinton, CNN en tête, au point de mériter le sobriquet Clinton News Network. La portée de CNN est mondiale, son influence sur les organes de presse internationaux est claire, comme le montre l’opinion prévalant en Europe et donc au Luxembourg. Le second élément est la plus récente contre-réaction, le ras-le- bol avec ce politiquement correct et la caste politique qui ne parle plus la langue de ses électeurs. Le résultat est une inversion du comportement électoral de certaines catégories d’électeurs surtout dans les réservoirs traditionnels de la gauche qui ont voté à droite.  

Dans cet imbroglio politico-sociétal la classe moyenne ne se retrouve pas dans les aspirations élitaires des Démocrates. Ces élites ont perdu leur parti. Les élites Républicaines ne se retrouvent pas dans les aspirations de ses nouveaux électeurs, dont des syndicats ! Ce parti a perdu ses élites. La Presse a perdu la confiance du public, et les magiciens des sondages publics ont perdu leur crédibilité.

L’idiot regarde le doigt qui montre la lune (Proverbe chinois)

C’est donc le candidat le plus politiquement incorrect qui a remporté les élections de 2016. Par le monde des millions de gens sont depuis obsédés par le personnage Trump, au point d’être habités par lui dans une sorte de désordre obsessif compulsif. Trump est là quand ils se lèvent, sur Twitter, à la radio, sur CNN où les têtes parlantes lèvent les yeux au ciel à chaque mention de son nom pendant des débats interminables. Une hystérie globale s’est développée, bien alimentée par des spéculations autour de l’enquête officielle sur une collusion avec la Russie. Après deux ans, l’enquête semble se terminer par un flop. Pendant deux ans les idiots auraient regardé le doigt qui montrait la lune ?

Les Etats-Unis et le monde auront perdu deux ans de travail plus constructif. Il est temps de revoir quelques préjugés sur le personnage qui change l’Amérique pour comprendre son mode d’emploi. Donald Trump, nous avons déjà vu, a gagné les primaires du parti Républicain à la tronçonneuse. Il a ensuite coiffé Hillary Clinton au poteau. Il sort aussi de ce piège monstre, l’accusation de collusion, où tant de monde s’est acharné à sa perte. Les Allemands auraient dit : « Viele Hunde sind des Hasen Tod » : un grand nombre de chiens, c’est la mort du lièvre. Il n’en est rien.

La dissection de l’équation Trump

Il faut chercher cette résistance du Président Trump et sa démarche dans son histoire personnelle : Trump est newyorkais, la ville rapide qui ne dort jamais et qui aime la démesure et les superlatifs. Il y est un pilier de l’immobilier, un monde qui joue selon les règles d’un capitalisme sans nuances et sans égards pour les timorés. Il est aussi milliardaire en dollars, ce qui aide. Il est vrai qu’à ce stade il n’a pas besoin de thérapie pour soigner son « self esteem », comme d’ailleurs la plupart des politiciens. Politiquement il a été Démocrate comme beaucoup de personnages newyorkais ultra-riches, il a aussi été Indépendant et puis Républicain, ce qui laisse supposer qu’il a une approche pragmatique quant à sa place dans le spectre politique. Enfin il était star d’une émission de télévision, reflétant un livre qu’il a écrit, « The Art of the Deal », dans lequel le coup fumant est la victoire dans une négociation. Il connait donc les media, le monde des communications et comprend parfaitement le cycle journalier des nouvelles. Ce qui fait de lui un combattant politique à part.

Attendez-vous dès lors à voir de la négociation partout selon un schéma qui a sa propre logique : on entre dans la danse en énonçant un problème bien connu de tous, mais ignoré depuis longtemps par négligence bénigne, opportunisme, le politiquement correct et la non-ingérence. Pour y remédier et casser le cycle du désintérêt et des tabous, il faut d’abord énoncer le vieux problème et puis dénoncer les tenants de la négligence et de la résistance. Le débat s’ouvre alors comme des enchères selon le principe de la « Dutch auction », les enchères à l’envers : elles commencent avec un prix très élevé de sorte qu’il faudra bien le diminuer par la suite avant de trouver un preneur. Bien au-delà du minimum ciblé. Et souvent la vraie cible est le preneur, qui n’avait qu’un seul choix, celui de participer aux enchères pour éviter bien pire.

Les exemples sont nombreux et se ressemblent forcément : les membres de l’OTAN ne payent pas leurs 2% du PNB auxquels ils avaient pourtant souscrit, l’accord NAFTA est en déséquilibre en défaveur des Etats-Unis, le déséquilibre commercial avec la Chine et l’Union Européenne est tel qu’on lèvera une taxe à l’importation de 25%, l’accord sur le nucléaire Iranien est un leurre qu’il faut renégocier, et la Corée du Nord défiant le monde en poursuivant son programme d’armement nucléaire va voir ce qu’on va voir. Et on va quitter l’Iraq, l’Afghanistan et la Syrie. Ce sont les énoncés.    
   
Sur ce le monde fait le grand écart, offusqué. Mais attention, ce n’est pas personnel, seulement du business, comme on expliquerait à New York. L’Europe fait des entrechats et des pointes, mais tourne le manège jusqu’à la scène finale : on acceptera le « deal » avec la certitude d’avoir fait une bonne affaire.
        
Pendant ce temps-là, en Europe désemparée …

En Europe il a bien fallu faire le deuil de Hillary cette nuit de novembre 2016. Puis se tourner vers le vif du sujet : non mais, vous avez vu ses cheveux ? Et le kitsch dans Trump Tower !? Saurait-il énumérer les différents morceaux de l’ancienne Yougoslavie ? Dans ce tintamarre le Président Macron avait seul pris l’initiative d’un rapprochement avec cet inconnu en invitant le Président américain aux fêtes du 14 juillet 2017. Cette relation bien commencée a ensuite été négligée. Dommage, car c’était le seul vrai forum jusqu’à présent pour une franche camaraderie avec l’Europe. C’est CNN qui comble le vide diplomatique en s’assurant que sa version anti-Trump primaire domine le discours et s’exporte partout. L’Amérique actuellement s’éloigne un peu plus de l’Europe pour se replier sur elle-même.

Un Luxembourg désorienté

Le Luxembourg n’a pas fait d’effort non plus pour promouvoir l’entente cordiale, malgré son interdépendance disproportionnée avec les Etats-Unis. Le Luxembourg a beaucoup d’intérêts à sauvegarder, qui dépendent en partie du bon vouloir et du politique américain. D’accord, on a augmenté nos dépenses militaires pour nous rapprocher des 2% du PNB, en créant « Govsat » sorte de « Ramplassang » pour un effort militaire qu’on fera plus aisément avec de l’argent qu’avec des unités de combat. Mais on a donné une mauvaise note à l’ambassadeur des Etats-Unis qui a chuchoté dans nos oreilles de dire quelque chose sur la Crimée aux Russes. Notre Ministre des Affaires Etrangères ne semble pas non plus vouloir capter l’air du temps venant de Washington. Il a plutôt un penchant pour Hamas que pour Israël, et son recueillement sur la tombe de l’Ayatollah Khomeini est légende au Luxembourg Desk du Secrétariat d’Etat à Washington. Où on se rappelle très bien aussi la chaleureuse proximité de Jean Asselborn avec Madame Clinton et Monsieur Kerry.

Viviane Reding s’est distinguée en montant sur les barricades contre les menaces de nouveaux tarifs douaniers sur l’acier. C’était très louable, mais l’intérêt luxembourgeois n’était pas en jeu : Arcelor-Mittal a treize implantations aux Etats Unis et aurait plutôt profité d’une telle barrière sur leur marché américain. En fin de compte Jean-Claude Juncker a pris le taureau par les cornes et s’en est allé trouver Donald Trump. Monsieur Juncker a fait foi de son credo sur le libre-échange à la Maison Blanche, grand sanctuaire du libre-échange, au point de convertir Monsieur Trump, l’homme de « The Art of the Deal » d’accepter ce deal sur le libre-échange qui lui était offert : au lieu d’escalader les tarifs douaniers, les deux hommes ont décidé d’appliquer un tarif zéro. C’était un coup fumant, mais il n’est pas encore dit de la part de qui.  Monsieur Juncker pouvait fièrement annoncer que la guerre commerciale n’aura pas lieu. Monsieur Juncker cependant n’a pas évoqué l’autre grand succès de sa mission : il a étendu le marché unique de l’Union Européenne aux 50 états des Etats-Unis en leur accordant un tarif zéro. Dorénavant les Etats-Unis auront tous les avantages commerciaux d’un membre de l’Union Européenne sans en avoir les obligations. A moins d’annuler tout cet acquis par l’action des bureaucrates chargés de mettre cet accord sur papier.

Les intérêts du Luxembourg et ceux de l’Union Européenne cependant sont loin d’être identiques. Rester absent de Washington ou pire traiter cette Administration par l’indifférence voire le dédain, c’est manifestement tenter le diable, surtout pour la défense d’une place financière qui abrite tellement d’intérêts américains. Il y a d’abord le rapatriement de quelques milliers de milliards de dollars parqués par les grandes sociétés américaines dans des centres comme Luxembourg. Ils y étaient pour échapper à une double imposition en cas de rapatriement. Les nouvelles lois fiscales permettent ce retour sans frais, et l’Administration Trump les encourage. Des nouvelles dispositions fiscales pourraient faire des Etats-Unis et certains états en particulier des concurrents redoutables pour les centres financiers Européens. Les fonds luxembourgeois cela se défend à Washington, pas au Moyen Orient.

Pendant ce temps-là un Président sous pression a présidé à une économie dynamique, un chômage qui indique un quasi plein emploi, une recrudescence des activités industrielles, des valeurs en bourse élevées et donc la bonne santé des fonds de pension, le Califat rayé de la carte, l’indépendance énergétique, Madame Merkel veut un porte-avions et Monsieur Juncker une armée européenne, le joli mur qui va égayer la verte vallée du Rio Grande, et surtout Kim Jong Un qui s’abstient pour l’instant de jouer avec les allumettes nucléaires. Ce ne sont pas des « fake news ».

Se préparent alors les élections de novembre 2020. Chez les Démocrates surtout, où les candidats sont légion. Ils exécutent tous le Washington Square Dance où ils tombent l’un sur l’autre pour être plus à sa gauche, tellement que les centristes et indépendants risquent de ne pas s’y reconnaitre. Trump 2020 ? En ce cas il faudrait une pétition à la Chambre des Députés pour que notre Ministre des Affaires Etrangères fasse le détour à Washington pour au moins échanger ses souvenirs de guerre en Afghanistan avec Mike Pompeo. Histoire de créer des liens.

Aux dernières nouvelles il s’y est rendu, à Washington. Mais sommé comme tous les soldats de son grade.







Thursday, November 8, 2018

Blanchiment: Vera Jourova vs Jean-Claude Juncker?



Le Luxembourg, sur un arbre perché 



Blanchiment: Vera Jourova vs Jean-Claude Juncker?
L’Essentiel nous apprend des choses. Sous le titre : « LeLuxembourg rappelé à l'ordre sur le blanchiment » nous apprenons que « la Commission européenne a formé un recours contre le Luxembourg devant la Cour de justice de l'Union européenne au motif que ce pays n'a pas mis intégralement en œuvre les règles de lutte contre le blanchiment de capitaux. Elle indique ainsi que le Grand-Duché n'avait transposé qu'une partie de la 4e directive antiblanchiment en droit national. »

Et comme d’habitude le Luxembourg honteux et confus, Vera Jourova, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.




Thursday, November 1, 2018

Les élections luxembourgeoises vues par dessous les palmiers.







Les élections luxembourgeoises vues par dessous les palmiers.
C’est en état de léthargie sous les ondulations des frondaisons que l’on se met le mieux au diapason avec la léthargie de la campagne électorale passée. On aurait dit que la marijuana était déjà légalisée. Les enseignements sont cependant extrêmement révélateurs, comme si on avait changé quelques variables dans une expérimentation, pour mieux évaluer leur incidence sur les résultats.
Il y d’abord le fait que face au « Wielerwëllen », c’est l’arithmétique qui compte. Elle donne trois options de coalitions possibles.
Face à l’arithmétique, c’est les copains d’abord. La reconduction de l’ancienne coalition est la plus probable.
Pour casser cet inexorable aboutissement il n’y a qu’un trouble-fête en puissance : le parti CSV en léthargie avant les élections, qui curieusement appelle cette léthargie une « lutte » qu’il est résolu de continuer après les élections.
Note au « Gremium » du parti CSV et des autres partis : on ne gagne pas des élections assis sur son derrière.
Si après une défaite électorale on continue la lutte, on a 24 heures pour la gagner. En fait une simple conversation entre Claude Wiseler et Xavier Bettel aurait suffi pour apprendre s’il fallait lutter encore, ou si cela ne valait pas la peine. Une conversation simple, du genre : « Hé, Xav, voici le deal : viens avec nous, tu seras Premier Ministre. Deal, ou dois-j’ appeler plutôt Etienne Schneider ? «  Le poste de Premier Ministre aurait été la seule chance de sauver l’Etat CSV (si toutefois il y avait eu preneur). Dix ans d'absence du pouvoir laisseront des vides dans les profondeurs de cet Etat de parti.
En conclusion, Xavier Bettel est l’homme le plus puissant sur l’échiquier politique du moment, suivi d’Etienne Schneider. Aussi l’euphorie de la victoire assurée n’est pas un plan. (Mir hunn ee Plang). Et enfin, quelqu’un devrait réveiller ces instituts de sondage de leur léthargie : ils ont deux yeux au beurre noir. Le miracle n’a pas été annoncé par l’oracle. Les sondages, cela ne se rêve pas sous les frondaisons de palmiers. Cela se sonde.




Sunday, September 23, 2018

Lëtzebuerger Walen 2018

Fir eng glorräich Zukunft, oder alles beim Alen? Photo: Carib 















Lëtzebuerger Walen 2018:

So, Ech hat Dech 2013 dach gewielt! Erënners De Dech, hei ass däin Kontrakt vun deemools wéi’ s De 2013 gesot hues, Du wéils fir mech schaffen. Et steet am Péckvillchen vun deemools. Egal als Minister, Majoritéit an Oppositioun. Wat hues De opzeweisen?

Maach elo schéin een an den Rand, do wou’ s De mengs Du häss eppes erreecht! Du kanns Der dann virstellen wéi zefridden Ech mat Dir sinn.




Mäin Walprogramm 2013




Wann de Péckvillchen ophält mat reimen, dann kënnt een un d' Keimen.



Virun den "Neiwalen" wollt Ech eemol hei d' Rollen vum Kandidat an Wieler kloer stellen: t' brauch keen mir soen ze kommen, "Ech sinn Kandidat, an hei ass mäin Programm, stëmm fir mech ". Et ass grad ëmgekéiert. Ech soen Dir, Kandidat, wat Ech, den Wieler gären hätt, an wann' s De dat nit kanns oder wëlls, kriss Du meng Stëmm nit.



Ech, den Wieler sinn dien, dien Dech engagéiert fir an mäin Service als mäin Deputéierten ze trieden. Wann Ech Dech wielen, bass Du gebieden dat ze maachen wat Ech gären hätt. Keen Cadeau, just gutt Aarbecht. Duerfir soen Ech Der hei wat Deng Aarbecht ass.



Vergiess jo nie dat Ech dien sinn dien Dir déi Aarbecht gëtt. A wann' s De iren solls Minister an der neier Regierung ginn, verstéi dat Minister vum Latein kënnt, an wëll Dénger oder Serviteur soen. Du bass nit mäin Patron. Ech sinn Däin Patron. Du bass just mäin Vertrieder. Ech ginn Der een Déngscht Grad, eng (gutt) Pei an d' Autoritéit fir Deng Aarbecht ze maachen. Fir dass eist Verhältnis kloer ass, duzen Ech Dech och. Domat sinn mer dann sécher dass De verstees dass De nit op engem Piedestal stees, mee dat mir gläich sinn, absolut gläich. Ech soen Der all Respekt, wann Däin Zweck ass dem Land ze déngen, an manner esou wann' s De just no Pouvoir glëschts. Vergiess dat nit wann d' Iwwerhieflechkeet  no Denger Wal mat Dir duerch soll goen. An verstéi och dass Ech, de Wieler, Dir oppassen an dass Du mir Rechenschaft schëlleg bass.



Wann' s Du gären meng Stëmm häss, muss Du wëssen dass Ech fir unzefänken keng Persoun, Starlettchen oder Célébritéit wielen. Nee, Ech stëmmen fir Iddien. Hei sinn meng Iddien, dat mécht Dir et méi einfach mech mat deenen z' iwwerzeegen.



1. Ech ginn Der zwee Joer fir eng nei Constitutioun ze schafen  



O, keen Gewurschtels ëm déi al Constitutioun. Och nit dat Getechtelmechtels ëm dien neien Projet dien iergendwou zënter Joeren  mautscht, an dien bis elo ee schlammen Kompromëss zwëschen blannen Apparatchiken ass. Nee, organiséier Diskussiouns Versammlungen op den Gemengen duerch d' Land an lauschter op d' Leit déi eppes zum Text wëllen bäidroen. Dann maachen mer een Referendum wou all Kapitelen eenzel sollen acceptéiert ginn. Fir d' Mooss, déi al Constitutioun huet zwielef Kapitelen. Wann een Kapitel duerchfält, gëtt deem Rechnung gedroen an et gëtt een zweeten Referendum iwwert déi amendéiert Kapitelen. Dann huet d' souveränt Vollek tatsächlech gesot wéi mir wëllen zesummen liewen. No dem Aarmut and den Skandaler vun den zwee leschten Joeren, ass dat d' grouss Botz mat deeër een muss ufänken. Eng kredibel Constitutioun déi och respektéiert gëtt, zemol se och muss soen wéi Ech géint Dech kann Klo féieren wann' s De se mat Féiss trëppels, wéi dat elo d' Gewunnecht ass.





2. Eng zweet Prioritéit ass Transparenz hierzestellen



Ech muss jo op Dech oppassen, wann' s De gewielt gëss. Mir wëssen jo dass den Pouvoir korrupt mécht, wann keen nokuckt. Fir déi néideg Transparenz ze kréien, hei ass meng Lëscht vun Saachen déi ze maachen sinn, an Du solls Dech nit derlaanscht drécken fir dat an Musek ze setzen d.h. déi folgend Gesetzer an Reglementer endlech op den Dësch ze leeën:

  •  Mir waarden schonn 12 Joer op déi Lëtzebuergesch Versioun vun engem "Freedom of Information Act", also de Projet de Loi Bodry iwwert d' Recht Zougank ze hunn un der Regierung an der Administratioun hir Informatioun. Ech muss jo kënnen kucken wat' s De schaffs. An looss Noten huelen vun den Gespréicher déits De féiers, dann kanns De herno nit léien, oder Du gëss erwëscht.
  • Dann hätt Ech gären een Code de Déontologie, dien eppes daacht. Dann weess Du an Ech wéi' s Du Dech solls opféieren. Vergiess nit mat deem Unfug opzehalen wou Deng puer privilegiéiert Staatsbeamten sech an den privaten Verwaltungsréit verwinnen loossen. Dat ass offiziell Korruptioun.
  • Dat nächst ass endlech een Gesetz géint d' Korruptioun. Nit fir eppes ze soen, mee den Pouvoir mécht korrupt. Du muss also wëssen wéini dass De riskéiers an de Bing ze goen. Iwweregens hätt Ech gär dat et duer geet wann 1/3 vun der Chamber eng Enquêten Kommissioun stëmmt. Mir hunn jo gesinn dat soss alles ënnert den Teppech gestëmmt gëtt.
  • Et feelt och een Gesetz iwwert den Lobbying. Do sinn mer esou krank, dat d' Lobbyisten alt an verschiddenen Gremien an den Komiteeën sëtzen. Een Lobbyist muss een enregistréierten Beruff sinn, oder nëmmen konstituéiert Organisatiounen, wéi Gewerkschaften, Associatiounen, asw.
  • Ech weess et ass heiansdo schwéier fir dat Richtegt ze maachen. Eisen Nach-Premier sot emol, hien wiisst genau wat hien misst maachen fir d' Problemer ze léisen, mee wéi géif hien dann awer zréck gewielt? Dat ass Leadership! Ech mengen mer mussen deenen Leit d' Liewen méi liicht maachen an nëmmen zwee Mandater noeneen erlaben. Dann kann een wéinstens déi zweeten Kéier den Courage hunn eppes ze maachen. An d' Land léiert an engems dass keen indispensabel ass.
  • Datselwecht gëllt fir d' Kumuléieren vun Mandater. Wou solls De do Deng Aarbecht maachen?
  • Dann bleift och nach eis Justiz. Mir kënnen keen zouverléissegen Banken Zenter sinn mat enger Justiz déi nit fonctionnéiert wéi se soll. Joeren an Joeren Gedeessems fir een Jugement ze kréien ass schlëmm. Et ass eng Violatioun vun den Mënscherechter an ass virun allem schlechten Business fir Lëtzebuerg. D' Victimen (auslännescher virun allem) vun der BCCI, vum Madoff an Kaupthing kéinten ee Lidd sangen, mam Enrico Macias virop. Bal 30 Joer Bommeleeër Affaire ass jo nawell een gutt Beispill fir sech virzestellen  wat d' Ausland iwwert eis Justiz denkt: elo sinn alt erëm 8 Wochen Vakanz, an d' Gericht, d' Affekoten and déi Ugekloten sinn op der Plage oder am Schwarzwald.
  • Zu gudder Läscht bleift den Problem vun der Representativitéit vun eisem Parlament. Do sinn bal nëmmen Affekoten an Staatsbeamten, all mat hirer aler Carrière als Garantie. Déi representéieren sech virun allem selwer. Déi aner Lëtzebuerger kënnen wéinstens fir déi stëmmen. Mee d' Auslänner déi zu Lëtzebuerg wunnen, schaffen, an Steieren bezuelen hunn näischt ze radetten. "Taxation without representation" géingen d' Amerikaner soen .... Ech loossen mech do vun Dir iwwerraschen, genau wéi bei Froen wéi der Séparatioun vun Staat an Kierch, oder wéi weit mer den Kapp hin halen zu Bréissel.  

Dat ass déi grouss Botz. Doniewent bleift déi dagdeeglech Aarbecht, virop bal 20.000 Chômeuren. Dat quëtscht den Duerchschnëtts Lëtzebuerger, dien säin Geld mat haarder Aarbecht verdéngt, zwëschen zwee ëmmer méi grouss Lächer, déi mat sengen Suen mussen gestoppt ginn: op der enger Säit fir déi ouni Aarbecht ze ënnerstëtzen, op deeër aner Säit fir déi futsch Banken ze retten. Dat packen mer nit éiweg. Do hues De elo Spillraum genuch fir ze weisen wat' s De kanns, an ze maachen wat een muss maachen, zemol wann' s De Däint zweet Mandat hues: Du kanns jo dann souwisou nit méi erëm gewielt ginn! 



Bonne Chance fir den 20ten Oktober. Mat mir verdierfs D' et awer wann' s De am Walkampf mat Dreck geheis, Ligen erziels an virun allem nit méchs wéi Ech, den Wieler, Der elo grad erkläert hunn.




Sunday, March 18, 2018

La guillotine fiscale luxembourgeoise est un boomerang























La guillotine fiscale luxembourgeoise est un boomerang


J’étais intrigué l’autre jour par une question parlementaire urgente du député luxembourgeois Gaston Gybérien au sujet d’une initiative française, visant à amener le Luxembourg à la table de négociation. Il s’agirait d’un « pizzo » ou racket français, la France demandant une rétrocession sur les 1, 5 milliards d’euros que « leurs » travailleurs transfrontaliers paient en impôts au Luxembourg.


Le moment est bien choisi car une Visite d’Etat luxembourgeoise en France rend une telle négociation possible dès cette semaine. Il y a aussi les circonstances inconfortables bien connues comme le cas Amazon, dont le Luxembourg défend bec et ongles l’impunité fiscale. Il y a eu enfin une révision de l’imposition des personnes physiques au Luxembourg en 2018, qui guillotine les salaires ou pensions des transfrontaliers mariés par rapport à 2017, qui comme « non-résidents » seront classés d’office dans la classe d’impôt la moins favorable, à moins de solliciter l’ACD avec succès pour un maintien dans la classe d’impôt 2.


La bien nommée sénatrice de Meurthe et Moselle, Véronique Guillotin, s’insurge contre la décapitation des salaires des transfrontaliers, ou est-ce moutarde après dîner ? Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires Etrangères de la France a insinué que le Luxembourg est riche, ce qui est une lapalissade. Sa déclaration était coordonnée avec Madame Guillotin, car il lisait sa réponse à une question supposée impromptue de son « Kneipziedel ». Je vous entends dire, « en français s’il vous plait ». Kneipziedel se traduit en « antisèche », je crois. On ne va pas perdre la tête sur une question pareille.


La réponse de Monsieur Le Drian, pasteurisée et écrite par le Bureau des Affaires s’occupant du Grand-Duché de Luxembourg, confirme que la France ne jettera pas cette idée fixe du « pizzo » à la poubelle. J’entendais Monsieur Le Drian dire que cette négociation se déroulera sous de bons auspices. Voilà la réponse que Monsieur Gybérien attendait en vain au Luxembourg, où on ne dit mot, et donc consent. Quoique Monsieur Le Drian prétendait dans sa réponse préfabriquée qu’il ne pouvait pas préjuger du résultat des négociations. Dès ce lundi, notre Ministre des Affaires Etrangères, en Gibus, va être turlupiné autour du Quai d’Orsay, et « négocier » une affaire conclue d’avance. Il sera délesté comme une Montgolfière, et il sortira de là avec un petit milliard de moins, mais avec une Légion d’Honneur en plus. C’est un bon prix entre collectionneurs.  


On sait que le « Luxembourg paradis fiscal » ne sera qu’un peu évoqué, mais pas trop. Car on a toujours besoin de plus petit que soi quand on vend des frégates et des sous-marins. Puis on dira que le Luxembourg avec ses rescrits, c’est gênant. Surtout si la Commission Européenne décide qu’on était trop bon avec Amazon et d’autres. On l’est toujours car on refuse de collecter les 250 millions en arriérés d’impôts d’Amazon, que la Commission nous avait enjoint de percevoir. On monte même sur les barricades en allant se plaindre à la Cour Européenne de Justice. En ce qui concerne le manque à gagner, on le prendra chez nos transfrontaliers.


Je me demande par contre si Madame Guillotin est vraiment au courant de la nouvelle guillotine luxembourgeoise, qui depuis 2018 décapite les revenus des personnes physiques mariées non-résidentes. En effet ces personnes non résidentes seront reclassées dans la classe d’impôt 1, à moins d’avoir opté avec succès pour une autre classification. Un reclassement en classe 1 correspond, selon le barème pour une personne mariée gagnant par exemple 60.000 euros bruts, à une augmentation de l’impôt retenu de plusieurs milliers euros. (1) Cette guillotine fiscale se transformera en boomerang, quand nos Légionnaires d’ Honneur entameront la « négociation sous de bons auspices ».


Le comble de cette politique fiscale discriminatoire, qui punit les non-résidents mariés, est qu’à part un brin de xénophobie elle met aussi en évidence une bonne dose de stupidité politique : parmi les non-résidents il y a un grand nombre de familles luxembourgeoises qui ont été forcées à se domicilier dans les pays limitrophes. Les prix exorbitants de l’immobilier au Luxembourg les ont forcées à l’exode pour rejoindre les transfrontaliers français, allemands et belges, qui eux non-plus ne pourront prendre résidence au Luxembourg, même au prix d’une mansarde.  Ces Luxembourgeois, non-résidents forcés, voient tous leurs salaires ou pensions nets diminuer de façon très importante. Et ils voteront en 2018 ! Mais bien avant cela, ils se plaindront à leurs syndicats, pour qui cette discrimination est plus qu’une affaire sociale, mais une injustice. Et elle est un boomerang pour le Luxembourg dans la discussion entamée par la France, qui réclame une rétrocession sur les impôts des frontaliers.


Bien-sûr on pourrait dire non à la Légion d’Honneur et donner au Breton Jean-Yves Le Drian une réponse de Normand. Et on pourrait citer des vilains mots comme « Cattenom » et « Diddenuewen ». Mais une Visite d’Etat est une affaire de grande civilité.


Wednesday, November 1, 2017

La Catalogne: j’ai besoin d’un cours de rattrapage.


Le drapeau de l’autodétermination ?  Photo ET

La Catalogne: j’ai besoin d’un cours de rattrapage.


On a donc fait défiler ces jours-ci les « Grande » de la gente politique galonnée sur les écrans de télévision. Au pas, les Européens d’abord, même Juncker tentant cette fois-ci à exhiber son meilleur comportement d’un dimanche matin sobre. Suivi en cadence par les Colombiens, Mexicains et tout ce monde qui supporte ce rabat-joie de Rajoy. Notez qu’ils ont tous mis quand-même 2 à 3 jours pour réagir. Juste pour voir si le voisin allait se mouiller d’abord.


Vous avez deviné que j’ai eu un faible, quoique superficiel, pour cet élan catalan, parce que la Catalogne est le faible dans cette affaire. J’ai toujours tendance à supporter le plus faible. Et j’étais  surtout agacé par le plus fort, parce qu’il n’a pas eu la jugeote politique d’y aller mollo avec ses sbires, quand il a voulu empêcher ces grand-mères catalanes extrêmement dangereuses d’aller voter. Elles avaient peut-être même voté dans le sens du poil de Rajoy ? Pourquoi les tabasser ? Avouez, ces images qu’on a vues, de poignées de cheveux scalpées des filles et les nez fracassés de paisibles électeurs, ces images faisaient désordre, et les sympathies vont vers les grand-mères, pas les flics menaçants sous les ordres madrilènes.


Voilà pour le côté émotionnel. Mais au moins nous sommes adultes. Ne cédons pas aux émotions, car il y en a qui disent que Rajoy défend l’Etat de droit (manque un e final ?) contre des velléités immatures et irréalistes d’égoïstes catalans.


Holà, avec un H. On m’a déjà expliqué le contraire dans ma vie: on m’a convaincu dans ma jeunesse que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes était sacro-saint. Le principe se retrouve dans la Charte des Nations Unies. Peuples, Nations Unies, vous entrevoyez le problème d’interprétation tout de suite : quelle est la différence entre peuple et nation ? Une simple réponse à cette question difficile est qu’un peuple peut être une nation, mais une nation peut être plusieurs peuples ou un autre amalgame. Pour esquiver cette question de qui peuvent disposer d’eux-mêmes, les peuples ou les nations, un dénominateur commun aseptisé a été trouvé, en appelant la chose « le droit à l’autodétermination » au lieu de droit des peuples ou des droits des nations à disposer d’eux-mêmes. Cela date d’un bon demi-siècle. En fait donc, le principe s’applique aux deux, peuple et nation, et justifie tout aussi bien la sécession librement voulue que l’adhésion à une union ou autre organisation librement consentie.


Et on était parti dès les années 50 contre les Soviets, impérialistes et gloutons, en expliquant le bon principe de l’autodétermination aux pays satellites de l’URSS : aux Hongrois, Tchèques et Slovaques. L’Ouest badinait avec Tito, Nicolae Ceausescu, et puis Solidarnosc pour bien ennuyer Moscou. Sans parler par ailleurs du Tibet, du Vive le Québec libre, et de l’Ecosse.


Les Soviets ripostaient en état de droit en utilisaent les gros bâtons chez eux, tout en expliquant le même principe de l’autodétermination aux colonies européennes de par le monde, tout en déclarant  la colonisation immonde. C’est ainsi que les Belges ont perdu « leur Congo », lors de la grande décolonisation des années 1960.


C’était aussi l’époque de l’émergence d’une grande catastrophe : le changement climatique était déjà en pleine  ébullition. On nous expliquait qu’on allait vers une nouvelle ère glaciaire. Boston sera sous 1,5 km de glace en l’espace de quelques décennies. Le tout aspergé de pluies acides.


Heureusement pour Boston, 50 ans plus tard le climat a fait volte-face. Ça chauffe chez eux. L’empire soviétique et les empires coloniaux sont désormais aussi des faits du passé. Contrairement au démantèlement de l’Union Soviétique, les pays européens avaient choisi de librement disposer d’eux-mêmes en s’unissant librement dans une Union Européenne qui serait toujours « de plus en plus étroite ». Les peuples européens étaient enthousiastes. Hélas la volonté des peuples a été prise en otage dans le grand effort centralisateur des grands princes électoraux de l’Europe, qui souvent ne sont même pas élus. Cela se résume par un vilain mot : Bruxelles.


Dans le temps, Moscou envoyait ses chars. Aujourd’hui Rajoy envoie ses matraques. C’est la réaction de « l’Etat de droit », ou de la « Nation ». Comme dans les « Nations Unies ». Les princes électoraux européens bien-sûr défendent leur état de droit : on amalgame, on ne s’ingère  pas dans les affaires internes des nations, mais on a quand même une opinion sur ces rebelles Catalans effrontés. On défend donc son Bruxelles.


Mais, disent les Catalans, nous voulons une Union Européenne, nous voulons y rester. Ils veulent peut-être dire une Europe des Peuples, pas une Europe des Nations selon la définition plus haut. Celle qui est sous tutelle de ses Princes Electoraux qui ont failli cette Europe et qui ont failli de prévoir la présente désintégration du genre Brexit. Les Catalans seront peut-être les catalyseurs d’une Europe nouvelle, revigorée ? Et qui en fait affaiblira l’état national, qui cèdera des droits souverains à Bruxelles, et se verra abdiquer d’autres pouvoirs à plus petit que soi.


En conclusion, faut-il se méfier de la science des vendeurs des changements climatiques successifs: les mêmes preuves servent à vendre soit une ère glaciaire soit le réchauffement climatique en l’espace de 50 ans? Et faut-il se méfier des contorsionnistes politiques hypocrites qui choisissent dans leur menu, selon les besoins du moment, entre deux mets différents, soit l’autodétermination pour fracturer l’URSS, soit l’état de droit pour tabasser la Catalogne ? Qu’importe le choix, les deux permettent d’attaquer l’opposant de malfaisant, criminel, déloyal, stupide, coupablement ambitieux, narcissique, populiste, raciste, extrémiste, colonialiste, nationaliste, menteur et fou. Mais les faits sont que lors du vote populaire et du vote au Parlement catalan, le droit à l’autodétermination a dit oui à la sécession, et l’état de droit espagnol a répondu non. La suite des évènements peut être lue dans les livres d’histoire, car l’histoire risque de se répéter. C’est la confrontation, il y aura des manifestations, des exilés,  la rue s’insurge, la répression dépasse la mesure, jusqu’à mort d’homme. La rue aurait son martyr.


Ainsi on continuera à voter pour l’indépendance en Ecosse, au Québec, en Flandre, au Kurdistan et ailleurs jusqu’au jour où le oui forcément l’emportera. Brandir la Constitution, envoyer les tontons macoutes, faire des concessions n’arrêteront pas la dynamique une fois quelle est embrayée.


C’est bien compliqué. J’espère trouver un bon cours de rattrapage sur la Catalogne. Sous condition que ce ne soit pas dans un camp de reeducation.

Friday, September 29, 2017

Jean-Lou Siweck quitte le Luxemburger Wort et Déborah  de Robertis y est à poil.


Ligne  éditoriale









Jean-Lou Siweck quitte le Luxemburger Wort et Deborah de Robertis y est à poil.

Update 30 Septembre 2017

Jean-Lou Siweck était un excellent rédacteur en chef du Luxemburger Wort. Ça, c’est moi qui le dis. Mais je ne suis pas le seul à le dire. Luc Frieden est bien-sûr d’accord avec moi. Lisez la langue de bois du communiqué ci-dessous, tiré tel quel d'un modèle américain pour communiqués de presse prémâchés :

Préambule wishiwashi, Luc ouvre les guillemets, Jean-Lou ouvre les guillemets, le poète a dit la vérité, on doit donc s’en séparer parce qu’on ne peut pas faire mieux. cqfd.

Puis Pub : Saint-Paul édite pas mal de choses. Dont wort.lu où j’ai retrouvé cette chère Déborah de Robertis. Pourquoi dois-je me corriger tout le temps en pensant que son nom est Roberta de Benedictis !?

Je pense que c’est à cause de la confusion que me donne la sombre ligne éditoriale du communiqué de presse ci-dessous, comparé à la ligne éditoriale, plus légère et taquine de l’article qui nous montre Roberta, euh Déborah, et le tout Paris.

Ma question : la nouvelle ligne éditoriale, est-ce plutôt le communiqué de presse à la « Gräbersegnung um 4 Uhr », ou plutôt les faits et gestes de la débordante Déborah ?


Veröffentlicht am Donnerstag, 21. September 2017 um 16:30

Jean-Lou Siweck, le rédacteur en chef du Luxemburger Wort, quittera ses fonctions dans la maison d’édition Saint-Paul Luxembourg au 30 septembre 2017. Cette séparation résulte de discussions entre le conseil d’administration et le rédacteur en chef relatives à la mise en œuvre de la ligne éditoriale du Luxemburger Wort. 

Le président du conseil d’administration de Saint-Paul Luxembourg, Luc Frieden, a déclaré : « Au nom du conseil d’administration, je tiens à remercier Jean-Lou Siweck pour son importante contribution au positionnement qualitatif du Luxemburger Wort et des autres médias du groupe dans un environnement marqué par de profonds changements pour la presse écrite. Grâce à la compétence et au professionnalisme de Jean-Lou Siweck, le Luxemburger Wort a pu renforcer son leadership incontesté de la presse écrite au Luxembourg. » 

Jean-Lou Siweck a déclaré : « Je remercie Saint-Paul Luxembourg de m’avoir offert en 2013 l’opportunité de revenir au monde des médias. Au cours de ces quatre années, j’ai mis tout mon cœur dans le développement des médias du groupe et du Luxemburger Wort en particulier. Je remercie les journalistes du Luxemburger Wort, du Télécran et du Contacto de leur engagement et de leur soutien. Je les encourage, alors que les médias payants évoluent dans un environnement particulièrement difficile, à maintenir le cap d’un journalisme de qualité dans l’intérêt des lecteurs. » 

Licencié en journalisme et communication de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et diplômé du Collège d’Europe de Bruges, Jean-Lou Siweck, 46 ans, occupait les fonctions de rédacteur en chef du Luxemburger Wort et de directeur des rédactions de Saint-Paul Luxembourg depuis novembre 2013. Il était auparavant journaliste au d’Lëtzebuerger Land et chef de ressort au Le Quotidien ainsi que, de 2004 à 2013, conseiller économique au Ministère d’Etat. 

Saint-Paul Luxembourg est l’éditeur du Luxemburger Wort, quotidien fondé en 1848 et premier média payant du Grand-Duché de Luxembourg. L’entreprise de médias édite par ailleurs le site Internet « wort.lu » en trois versions linguistiques distinctes et publie les hebdomadaires Télécran, premier magazine du marché, et Contacto, première publication lusophone du Luxembourg, ainsi que son site internet « contacto.lu ».