Wednesday, July 17, 2013

La crise luxembourgeoise, une mise à jour

    Une atmosphère bananière. Photo ET


La crise luxembourgeoise, une mise à jour

Récapitulons: La dernière séance de la Chambre des Députés a été virtuellement avortée. La séance tournait mal pour M. Juncker. Selon son style habituel, il a parlé de démission, sans prendre un acte et sans lever la séance de fait. Ce n'était pas son rôle. Mais M. Juncker l'a fait "implicitement"?

Le Président de la Chambre, à qui appartient ce rôle,  a de fait démissionné de ses responsabilités. Il n'a pas osé contredire celui qui n'admet pas de contradiction. Il n'a pas conclu la séance de façon ordonnée. Il n'a pas considéré les deux motions en relation avec la crise de la journée, ce qui est une faute et qui est la vraie cause de l' impasse. Ne voyait-il pas qu'au point où on en était, Juncker menait la barque dans un cul-de-sac?  Il est vrai que Monsieur Mosar donne l'impression de somnoler sur son perchoir, alors qu'il y a un renard dans le poulailler. Sa meilleure réponse est que la prochaine constitution devra permettre d' éviter la panne qu'on a en ce moment. En attendant on laisse au Grand-Duc le soin de faire la vaisselle. On lui a refilé le valet de pique.

En attendant que le Conseil d'Etat joue le rôle dépanneur des institutions (!), le pays est de fait incapable de réagir convenablement à une situation de crise. C'est impardonnable.

C'est grotesque et indigne d'une démocratie évoluée. Convenons-en, elle ne l'est pas. Ce n'est pas le spectacle du genre "flash mob" du congrès national du CSV qui a désigné M. Juncker comme tête de liste à l'applaudimètre, qui va atténuer cette impression bananière de l'état de notre démocratie.


Je voudrais me répéter ici: Si à la suite de ces turbulences qui font remonter à la surface des graves insuffisances institutionnelles, le Luxembourg rate l'occasion de se réformer, il ira vers la ruine politique et financière. Pour commencer, il y a le vaste chantier d'une nécessaire réforme politique.

Il y a d'abord la nécessaire et urgente nouvelle constitution. Notre constitution a 145 ans et elle a subi 37amendements. Elle tend vers l'absurde dans de nombreux articles. Cela fait des années qu’une révision de la constitution se trame à l’abri des regards. Elle mérite au contraire un large débat public et un referendum à au moins deux tours. Une nouvelle Constitution est trop délicate pour la confier aux pouvoirs établis et à leur agenda. Quel changement de culture politique ce serait, si on limitait aussi les mandats politiques tant qu’on y est. C’est la longévité des carrières politiques qui doit être l’explication de l’actuelle implosion de nos institutions. Je recommande entretemps la lecture du "The Federalist" comme source d'inspiration, 85 dissertations publiées par James Madison, Alexander Hamilton et John Jay comme accompagnement philosophique de l'élaboration de la constitution américaine.

Basé sur les péripéties du passé, j'y verrais bien aussi l'introduction du principe de subsidiarité comme obstacle constitutionnel à la braderie de nos intérêts, pour empêcher que des intérêts vitaux soient sacrifiés inutilement sur l'autel des institutions internationales. Je pense en particulier à cette tendance luxembourgeoise de vouloir être le meilleur élève, sinon candidat à quelque chose dans le grand monde international, avec le contribuable luxembourgeois bon pour payer pour la frivolité.  



Sunday, July 14, 2013

Le Luxembourg à la croisée des chemins

Mettant les voiles. Photo ET

Le Luxembourg à la croisée des chemins

Le mercredi 10 juillet la scène, sinon la culture politique luxembourgeoise a eu son choc qui, j'espère en fin de compte sera salutaire. Malgré le fait qu'au niveau mondial il s'agisse d'une anecdote locale impénétrable, le choc a même été remarqué par la presse internationale(1), du moins pour ses causes immédiates: une lugubre affaire d'espions et la chute de l'aspirant européen permanent, Jean-Claude Juncker.

Or cette nouvelle, rapportée comme un fait divers qui vaut 15 secondes sur les télévisions internationales, est tronquée. Elle ignore la genèse de ce fait rare en politique luxembourgeoise, la chute du gouvernement. Cette chute a ses origines lointaines dans ce bouillon de méfiance publique colportée depuis des décennies, l'affaire Bommeleeër qui couvre l'espace du temps pendant lequel J.C. Juncker était un des responsables politiques, dont 18 années comme Premier Ministre. L'accélération de la désintégration du système s'est produite à partir de 2011 avec une réaction en chaîne de scandales gouvernementaux plus ou moins habilement esquivés: l'affaire  Livange-Wickrange, l'affaire Cargolux, l'affaire SREL, toutes sur l'arrière-fond des grondements de l'affaire et du procès Bommeleeër. Le tout saupoudré d'allégations d'obstruction de la justice et de musellement de la Presse. A part l'affaire pan-luxembourgeoise de Livange-Wickrange, toutes les autres sont placées sous l'égide de Monsieur Juncker ou de ses lieutenants politiques immédiats. Même le partenaire de coalition le plus docile ne pouvait continuer à couvrir de tels dysfonctionnements. Le LSAP n'avait plus que le choix du divorce, car qui ne dis rien consent, et certes on comprendra son amertume d'avoir été aspiré malgré lui dans cette tourmente.

La grande dilution, la grande évasion, la grande illusion

Pourtant nous avons suivi les travaux douloureux de la Commission d' Enquête Parlementaire qui peinait pour trouver une raison pour diluer la responsabilité dans les pannes du SREL. Ainsi espérait-on, que leur chef Juncker ne serait pas le seul responsable, mais aussi la Commission de Surveillance et si possible d'autres. On dira aussi, pour amadouer l'opinion, qu'on veillera à ce que cela ne se reproduise plus! La Commission finissait par discutailler du sexe des anges en accouchant d'une notion de responsabilité objective et subjective, en espérant trouver là une autre échappatoire. Il n'en fut rien. Il ne restait que la grande évasion: la démission au lieu du vote de confiance. Bref, une dérobade devant les responsabilités.

La grande illusion qui s'ensuivit est que le CSV, feignant la surprise totale à propos de cette tournure des événements pourtant signalée depuis des semaines, tel un essaim d'abeilles que des sales gamins auraient dérangées, se retrouvaient sans préavis, endéans quelques minutes pour un congrès "flash mob" national extraordinaire à Hespérange. Pas besoin de préparer ce congrès, car l'adrénaline se substituait au processus démocratique pour "stante pede" sélectionner J.C. Juncker pour se succéder à lui-même comme tête de liste aux élections anticipées, que l'on anticipait sans doute correctement, seraient décidées par le Chef de l'Etat.     

Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation

Cette précipitation contraste certes avec la démarche des autres partis, s'autorisant un moment de réflexion, et le pas délibéré qu' a pris le Grand-Duc, qui en tant que Chef de l'Etat a voulu d'abord s'entourer de tous les renseignements pour déterminer la sagesse des décisions à prendre: dissolution de la Chambre et élections anticipées en Octobre. S'il est clair que le pays ira vers des élections anticipées, il eut été plus élégant pour les partis d'attendre ces décisions formelles, tout en son temps, ne fut-ce que pour sauvegarder les apparences d'une constitution qui fonctionne. La plupart des partis le font. Comme quoi l'amertume n'est pas bonne conseillère, et la constitution ne commande pas de respect.

Le grand nettoyage

Si à la suite de ces turbulences qui font remonter à la surface des graves insuffisances institutionnelles, le Luxembourg rate l'occasion de se réformer, il ira vers la ruine politique et financière. Pour commencer, il y a le vaste chantier d'une nécessaire réforme politique.

Il y a d'abord la nécessaire et urgente nouvelle constitution. Notre constitution a 145 ans et elle a subi 37 amendements. Elle tend vers l'absurde dans de nombreux articles. Cela fait des années qu’une révision de la constitution se trame à l’abri des regards. Elle mérite au contraire un large débat public et un referendum à au moins deux tours. Une nouvelle Constitution est trop délicate pour la confier aux pouvoirs établis et à leur agenda. Quel changement de culture politique ce serait, si on limitait aussi les mandats politiques tant qu’on y est. C’est la longévité des carrières politiques qui doit être l’explication de l’actuelle implosion de nos institutions. Je recommande entretemps la lecture du "The Federalist" comme source d'inspiration, 85 dissertations publiées par James Madison, Alexander Hamilton et John Jay comme accompagnement philosophique de l'élaboration de la constitution américaine.

Basé sur les péripéties du passé, j'y verrais bien aussi l'introduction du principe de subsidiarité comme obstacle constitutionnel à la braderie de nos intérêts, pour empêcher que des intérêts vitaux soient sacrifiés inutilement sur l'autel des institutions internationales. Je pense en particulier à cette tendance luxembourgeoise de vouloir être le meilleur élève, sinon candidat à quelque chose dans le grand monde international, avec le contribuable luxembourgeois bon pour payer pour la frivolité.  

La transparence

Le meilleur cadre constitutionnel ne vaut pas grand chose, si le public n'a pas le droit de savoir. Une loi crédible sur l'accès à l'information (Freedom of Information, FOI), le projet de loi Bodry, est en train de mijoter depuis 12 ans. L'ancien Premier Juncker n'aime pas cette idée d'accès du public à l'information, et il l'a dit lors de la réception de la Presse pour le Nouvel An. Il n'y a aucune autre raison de ne pas la passer de toute urgence, mais pas sous une forme qui usurpe et pervertit son but premier: l'accès sans obstacle du public à l'information. Son corollaire est une législation sur le lobbying pour affiner la transparence du gouvernement. Le public en effet est aussi en droit de savoir qui est autorisé à jouer de son influence auprès du gouvernement pour influencer sa politique et sous quelles conditions.

Finalement afin de préserver autant qu'on pourra du secteur financier, il importe de réformer la Justice et surtout son fonctionnement de toute urgence. La multiplication d'affaires comme BCCI, Madoff, Kaupthing et autres finiront par rendre le Luxembourg toxique, car il ne fonctionne pas comme un état de droit. Les multiples condamnations par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en témoignent, surtout en ce qui concerne les délais systématiquement exagérés. "Justice delayed, is Justice denied". Au moment où le fameux procès du Bommeleeër est interrompu pour 10 semaines de congés judiciaires, et accusés, défense, procureur et juges s'en vont à la plage, vous n'allez pas m'expliquer que tout roule. Mes amis américains la trouvent bien bonne que notre procès du siècle s'offre un tel hiatus après trente ans de retards.

Les urgences

Si des grandes questions de principe doivent être résolues, il y a plus terre à terre: il y a urgence et c'est bel et bien la situation financière du pays. Le défi massif de 22.000 chômeurs combiné aux déficits budgétaires grandissants et une dette publique qui vient de monter de €2 milliards, est en train de ruiner la prospérité et les chances d'arriver à des nouveaux accords de la tripartite. Le phlegme et la négligence avec laquelle ces trois urgences, chômage, dette publique et tripartite  ont été traitées font que leur réparation sera un défi majeur et désormais urgent car grandissant de jour en jour.

Les jours des solutions faciles, improvisées et vendues au public avec un bon mot à la clé, ou au contraire reculées aux calendes grecques, sont finies. Finies aussi les combines d'arrière boutique. Le monde est à la transparence et à plus de démocratie, médias sociaux aidant.

Le prochain gouvernement décidera du sort du Luxembourg. Il présidera à sa prospérité ou à son appauvrissement. Le consensus devra être large, et par conséquent, la coalition devra être large.

On ferait bien de rompre avec le passé pour sauver le futur.


(1) New York Times: Luxembourg’s Prime Minister Resigns.   http://tinyurl.com/ordcfyk 

Wednesday, July 10, 2013

Den Etienne Schneider an esou weider!


Ass dat do den Péckvillchen? Ma nee, dat ass een Osprey. 
A keng Spuer vum Etienne Schneider. Photo ET

Den Etienne Schneider an esou weider!

Ech sot zu menger Fra “ elo geet et awer duer,
Elo gëtt direkt emol op New York gefuer!
Ech wollt endlech dach den Etienne Schneider gesinn,
Ier all déi Ministeren an der Pensioun sinn.“

Et war ee grousst Fest am “University Club”.
D’ Dammen am sonndessen Kleed and d’ Hären am Schlapp,
Waren ugetratt fir Airtech ze feieren.
Doheem bezuelt déi jo alt e puer Steieren.

Prënz, Prinzessin, Fernand Lamesch a Michel Franck,
Waren all do, mee keen Schneider, war hien dann krank?
Nee, guer nit, mee hien konnt den Risk nit huelen,
Keng Regierung ze hunn fir d’ Réckrees ze bezuelen!


Tuesday, June 25, 2013

Le Luxembourg devant un scénario de Constitution-Fiction.


    Un avenir plein de promesses. Photo ET

Le Luxembourg devant un scénario de Constitution-Fiction.

Le Luxembourg est en ébullition depuis des mois, en alignant des scandales bien fermentés. Le gouvernement en est arrivé à mijoter un scénario pour enfin se décaper de toutes ces vilénies : la démission du gouvernement, ce qui dit-on pourrait se passer au début du mois de juillet. 

A l’origine, une série de scandales

La genèse de cette issue assez historique pour le Luxembourg aura été une série de scandales plus ou moins bien esquivés par ceux par qui le scandale arrive, pour arriver finalement au point de l’indigestion. Il y a d’abord eu l’affaire du Stade National de Livange et de ses cordées d’ »insiders » qui a fini sous le tapis d’un vote parlementaire opposant la création d’une Commission d’enquête. Il y a eu ensuite l’affaire Cargolux et ses cordées d’ »insiders » qui a également fini sous le tapis d’un vote parlementaire refusant une Commission d’enquête. Puis il y a eu l’affaire du SREL, curieusement déclenchée par le Premier Ministre lui-même, monologuant sur un enregistrement clandestin de sa conversation avec son chef du service de renseignement, il y a de ça des années. Le plan derrière ces confidences tardives était sans doute de divertir des autres scandales. Il a donc mis le feu à la cuisine pour divertir du feu dans le garage. En anglais : « wag the dog ».

L’overdose du SREL

Même l’arrogance la plus extrême ne permettait plus au Parlement de voter pour la troisième fois consécutive contre une Commission d’enquête parlementaire. Pour l’affaire du SREL, jugée bénigne, on a donc préféré dire oui à une Commission d’enquête. Dire non aurait fait un peu trop pourri. Et puis comme on ne pensait pas qu’on risquerait gros, ce que pense tout apprenti sorcier avant de déclencher un cauchemar, on a appelé les esprits. Mais voilà, de fil en aiguille des squelettes remontent du fond du marécage secret de nos vaillants agents secrets et de leur chef. L’affaire SREL et cette autre affaire qui date d’il y a un quart de siècle, le procès Bommeleeër finissent par s’alimenter mutuellement par leurs rebondissements.  C’est la tempête parfaite. Que faire pour stopper tout cela, alors qu’on ne peut quand-même plus mettre un autre feu au salon ? Cela ferait désordre et serait suspect ! Les digressions de Michel Wolter au sujet de la liberté de la presse, ne font pas l’affaire non plus. Non, il faut que le gouvernement démissionne, dit-on ! Cette idée de manœuvre est partagée par une bonne partie de l’opinion publique, qui s’est manifestée même par une démo en pleine Fête Nat.

Démission en question

Mais cette idée de démission doit être tissée un peu plus loin, car elle a un hic pour l’intérêt public. Les grands penseurs ont bien évidemment pensé deux mouvements plus loin en aval : si le gouvernement démissionne, le Parlement sera dissout ( ?). Si le Parlement est dissout, il n’y aura plus de Commission parlementaire d’enquête. Voilà comment oblitérer une Commission parlementaire que l’on n’avait pas pu voter sous le tapis : la démission pure et simple du gouvernement lave plus blanc que le feu au garage et à la cuisine, ou bien que les votes majoritaires contre les enquêtes. Et puis, à l’issue d’élections anticipées, on prendra quand-même les mêmes et on recommencera.

« Déi Lenk » ont déjà exprimé leurs réserves dans une lettre publique : si démission il y a, il faudra veiller à finir au préalable cette enquête sur le SREL. Mais justement, avorter cette enquête est le plus puissant sinon le seul motif pour considérer une démission : l’impunité espérée étant à la clé. On ignorerait facilement une manif qui demande la même chose, mais quelle aubaine si elle exprime le consensus dans le public en faveur des « Neiwahlen » au diapason avec la décision politique, sans autre condition !

A vrai dire, en ce moment aucune autre solution n’est politiquement acceptable que celle qui mène l’enquête sur le SREL à bonne fin et qui en tire les conclusions finales et les conséquences politiques. Mais nous sommes en plein brouillard constitutionnel.

Les limites de la Constitution

Ah, cela aiderait, si nous avions une Constitution qui fonctionne. Elle a 145 ans, mais son âge n’est pas le problème. Les constitutions américaine et suisse ont plus de deux et sept siècles respectivement mais sont jeunes et vigoureuses parce qu’elles annoncent des grands principes et s’appuient sur les droits de l’homme. La nôtre fournit à peine le cadre de notre vie commune. En ses 145 ans, elle a subi 37 amendements. J’ai eu l’occasion de commenter sur le massacre de la Sainte Justine du 12 mars 2009, quand le Parlement a coupé les ailes au Grand-Duc qui dorénavant ne « promulguera » plus les lois. Il signera. C’est un coup d’état qui n’est rien d’autre qu’un jeu de mots. Et telle est l’interprétation des textes tout au long des 120 articles : des jeux de mots pour initiés seulement. Aucun texte au monde n’a tant d’écart entre la lettre et l’esprit qui lui est interprété. J’en conclue que nous sommes en coup d’état permanent, au gré de la lecture variable de la Constitution. Un document vivant !
C’est pour cette raison qu’à l’ONU la lecture littérale classe le Luxembourg dans une catégorie de démocratie amoindrie. Leur conclusion que le Luxembourg n’est qu’une démocratie de seconde zone est peut-être vraie, mais basée sur le texte intégral de la Constitution. Elle l’est aussi pour nous, alors que nous savons que ces textes sont malléables dans l’interprétation « pragmatique » qui leur est donnée. Ses articles sont remplis de qualificatifs, de restrictions et d’échappatoires, de sorte qu’ils disent ce que le lecteur veut leur faire dire. Sinon on la changera selon les besoins du moment.

Basé sur ces textes, quels scénarios ou plutôt fictions existent pour la démission d’un gouvernement ? C’est le Premier Ministre qui tend la démission du gouvernement au Grand-Duc. Construisons l’arbre des actions possibles. Le Grand-Duc accepte ou n’accepte pas la démission. S’il n’accepte pas, il se crée un tollé, un nouveau massacre de la Sainte Justine. S’il accepte, va-t-il aussi dissoudre le Parlement ? En effet rien ne l’obligerait à associer démission du gouvernement et dissolution de la Chambre. Etant donné l’intérêt public de finaliser l’enquête parlementaire en cours, il pourrait surseoir à la dissolution de la Chambre et d’abord charger un informateur pour s’entourer des informations nécessaires à sa décision, et laisser la Commission finir ses travaux. Si, si, dans ce feuilleton fiction, il pourrait lire la constitution comme bon lui semble lui-aussi. Il pourrait aussi nommer un nouveau formateur.  Seulement en cas d’échec de ces tentatives sera-t-il forcé à dissoudre la Chambre des députés en vue d’élections nouvelles. Quoique la lecture de l’ONU permette ces multiples possibilités, c’est une fiction. La lecture luxembourgeoise est toute autre : Monsieur Juncker fera à sa guise. Voilà le problème et aussi la perspective d’une nécessaire action future.

Vers une Constituante

En effet notre constitution est devenue absurde à ce point. Elle n’est plus une référence pour l’action gouvernementale ni pour les droits du citoyen. La pensée politique ne contemple plus les valeurs démocratiques ni la séparation des pouvoirs. C’est documenté par les scandales du jour. Le Parlement est banalisé à force de l’ignorer et de l’affaiblir. A vrai dire aucune pièce de législation n’émane du Parlement, mais du gouvernement assisté de quelques lobbyistes ou d’une Directive de la Commission Européenne. L’élu est ainsi ravalé au statut de célébrité locale chargée d’engranger des voix aux élections.

Pour secouer tout cela, une fois le mystère SREL élucidé, les responsables sanctionnés, le gouvernement démissionné, la Parlement dissout et les élections anticipées annoncées, ne faudrait-il pas que ces élections produisent une Constituante ? Cela fait des années qu’une révision de la constitution se trame à l’abri des regards. Elle mérite au contraire un large débat public et un referendum à au moins deux tours. Une nouvelle Constitution est trop délicate pour la confier aux pouvoirs établis. Quel changement de culture politique ce serait, surtout si on limitait les mandats politiques tant qu’on y est. C’est la longévité des carrières politiques qui doit être l’explication de l’actuelle implosion de nos institutions. 



Friday, June 21, 2013

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur le SREL ..

    Dernières lueurs? Photo ET


Ce que vous avez toujours voulu savoir sur le SREL .....


Récapitulons:  En 2012 le Luxembourg est secoué par deux scandales. L'un est l'épisode Cargolux-Qatar Airways, l'autre le fameux projet d'un Stade National à Livange. Les responsables en place n'en sont pas trop ébranlés, mais le Premier Ministre a une idée. Il fallait créer une petite diversion, un vieux détail croquant d'un chef des renseignements qui aurait enregistré une de ses conversations. Cela le mettrait en plus dans la situation confortable de la victime d'un coup fourré. Surtout qu'il n'a dit que "Jo, jo, Mhmm, Mhmm".


Il y a de ces pétards qui ne se fument pas en cigare! 


Wednesday, June 19, 2013

Luc Frieden disculpé par un haut fonctionnaire

           Paix au Luxembourg ou Nonnefascht dans le ciel? Photo ET


Vu d'ici, l'histoire est incompréhensible:

On ne cherche pas à sécuriser des documents. On va gaiment vers une confrontation parole contre parole. En ce cas il y en au moins un qui ment. Tout le monde semble content quand finalement quelqu'un se montre, un fonctionnaire tout proche de Frieden, qui permet d'annoncer qu'il n'y a pas de problème pour Luc Frieden. La séance a délivré la réponse espérée.


Dans ce cas bien-sur, personne, mais alors personne n'a pensé à s'encombrer de ce que Pierre Reuland aurait à dire. S'il avait un "deal" avec Luc Frieden, c'était le moment de le laisser déballer son deal!



Tuesday, June 18, 2013

Mischi Wolter et le damage control.

Damage Control: De la lumière, pas de vagues, de la transparence et demain sera une belle journée. Photo ET


Mischi Wolter et le damage control.

J'en ai marre, car mes élèves n'écoutent pas! Mischi Wolter a proféré des menaces à l'encontre de la Presse. Il devait donc faire marche arrière. Cela s'appelle "damage control", encore une fois! Combien de fois faut-il le répéter?!


J'avais pourtant bien expliqué comment fonctionne le "damage control", en rassemblant quelques règles fondamentales dans un article intitulé "Le rapport Cargolux est de la grande littérature". Quand on fait une conférence de Presse, pour expliquer SA vérité, on fait du damage control!

Je me paraphrase donc: Dans tout damage control on est prisonnier de la première règle qui dit que "l'on ne peut pas défaire ce qui a été fait".

Il aurait valu mieux ne pas faire de conférence de Presse, si l'on n'est pas prêt à exprimer ses regrets d'avoir dépassé les bornes en menaçant des gens qui font leur métier. En ce cas on ne fait que confirmer ce qui a été fait, et cela sans regret. Exprimer quelque chose qui dit que "si jamais il y en avait qui se trouveraient offensés, en ce cas j'exprime mes regrets" est un Non-Non dans le damage control. On n'exprime pas vraiment un regret par cette reconnaissance hypothétique, comme quoi s'il ya des imbéciles qui auraient mal compris, alors je condescend de parler de regrets qu'ils étaient assez stupides pour mal comprendre. N'est-ce pas un tantinet arrogant?

La deuxième règle est précisément d'éviter le piège de l'arrogance avec cette autre attitude que voici: Ecoutez ce que j'ai à dire, avalez-moi cela. Mais pas question de poser des questions. Le message est, que je ne peux rien dire en dehors de mon papier concocté par d'autres (mal fait d'ailleurs), de peur de m'embourber encore plus. Je ne suis pas sûr de moi, et bon dieu, j'ai chaud, sortez moi d'ici au plus vite.

Une autre règle est de trouver quelque chose de positif à dire pour soit divertir, soit réparer, comme par exemple, au minimum: "Je vous assure que cela ne se reproduira pas". Ou mieux: "Je suis vraiment un allié de la presse et je n'économiserai aucun effort pour que la loi Bodry sur l' accès du public à l'information sera votée dans une forme qui garantira la plus parfaite transparence."

Elèves Frieden et Wolter: Vous avez une Datz. Vous me copierez 100 fois:

Les règles du damage control que nous avons ignorées sont: 
1. L'on ne peut pas défaire ce qui a été fait.
2. Il faut éviter le piège de l'arrogance
3. Veillez à créer une sortie positive.


Vous ferez signer par vos tuteurs.