Saturday, March 12, 2022

De la futilité des Nations Unies : les garanties solennelles de sécurité à l’Ukraine par la Fédération de Russie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Budapest, le 5 décembre 1994





De la futilité des Nations Unies : les garanties solennelles de sécurité à l’Ukraine par la Fédération de Russie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Budapest, le 5 décembre 1994








Volume 3007, I-52241 des Nations Unies

MÉMORANDUM RELATIF AUX GARANTIES DE SÉCURITÉ DANS LE CADRE DE L’ADHÉSION DE L’UKRAINE AU TRAITÉ SUR LA NON- PROLIFÉRATION DES ARMES NUCLÉAIRES

 

 

L’Ukraine, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique,

Se félicitant de l’adhésion de l’Ukraine au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en tant qu’État non doté d’armes nucléaires,

Considérant que l’Ukraine s’est engagée à éliminer toutes les armes nucléaires de son territoire dans un délai précis,

Notant les changements intervenus dans la situation sécuritaire à l’échelle mondiale, notamment la fin de la Guerre froide, qui ont créé les conditions nécessaires à une forte réduction des forces nucléaires,

Confirment ce qui suit :

1.       La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment leur engagement envers l’Ukraine, conformément aux principes énoncés dans l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, de respecter son indépendance et sa souveraineté ainsi que ses frontières existantes.

2.       La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment leur obligation de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Ukraine, et qu’aucune de leurs armes ne soit utilisée contre l’Ukraine, si ce n’est en légitime défense ou d’une autre manière conforme aux dispositions de la Charte des Nations Unies.

3.       La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment, conformément aux principes énoncés dans l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, leur engagement envers l’Ukraine de ne pas recourir à la coercition économique afin de subordonner à leur propre intérêt l’exercice par l’Ukraine des droits inhérents à sa souveraineté et d’en tirer un avantage quelconque.

4.       La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment leur engagement de demander au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies d’intervenir immédiatement pour venir en aide à l’Ukraine, en tant qu’État non doté d’armes nucléaires partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, si celle-ci faisait l’objet d’une agression ou d’une menace d’agression faisant appel à l’arme nucléaire.

5.        La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment, en ce qui concerne l’Ukraine, leur engagement de ne pas utiliser d’armes nucléaires contre un État non doté d’armes nucléaires partie au Traité sur la non- prolifération des armes nucléaires, sauf en cas d’attaque dirigée à leur encontre, leurs territoires ou des territoires dépendants, leurs forces armées ou leurs alliés par un tel État, associé ou allié à un État doté d’armes nucléaires.


 

 

6.       L’Ukraine, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique se consulteront dans le cas où une question se poserait au sujet des engagements énoncés ci-dessus.

Le présent Mémorandum est applicable dès sa signature.

SIGNÉ en quatre exemplaires faisant également foi en langues ukrainienne, anglaise et russe. Budapest, le 5 décembre 1994.

 

Pour l’Ukraine LEONID D. KUCHMA 

Pour la Fédération de Russie :  BORIS N. ELTSINE

Pour le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord :  JOHN MAJOR

Pour les États-Unis d’Amérique :  WILLIAM J. CLINTON




Wednesday, February 23, 2022

Ukraine : Du Sitzkrieg au Blitzkrieg, ou de la Drôle de Guerre à WW III ?



 








Ukraine : Du Sitzkrieg au Blitzkrieg, ou de la Drôle de Guerre à WW III ? 

En Ukraine, l'histoire se répète. Les parallèles avec les années 1930 européennes sont stupéfiants. La Russie ressort aujourd'hui le vieux manuel allemand. Ou Poutine joue à Hitler. Voici, en coup par coup et côte à côte le calendrier allemand d’antan et le calendrier russe actuel. Les deux mènent à la meme destination : la guerre.

1. Au début des deux calendriers il y a deux événements historiques. Le traité de Versailles de 1919 finit par être ressenti par l'opinion publique allemande comme un Diktat, politisé par Adolf Hitler. L'effondrement de l'Union Soviétique finalisé en 1991 a laissé de nombreux nostalgiques de l'empire perdu, parmi lesquels Vladimir Poutine. Les deux hommes ont déterminé que leur destin était de corriger leurs événements catastrophiques nationaux respectifs.

2. Les deux hommes ont saisi et consolidé le pouvoir absolu.

3. Les deux hommes ont renforcé leur armée et ont commencé à exercer leur pouvoir sur les territoires voisins "précédemment perdus".

4. Après avoir habitué le monde à leur rhétorique menaçante, vient la phase suivante d'une guerre non déclarée : Hitler est intervenu dans la guerre civile espagnole, a annexé les Sudètes de la Tchécoslovaquie en 1938 et l' "Anschluss" autrichien. La biographie de Poutine comprend un parcours similaire : il déclenche la guerre en Tchétchénie, la guerre avec la Géorgie en 2008 et l'annexion de la Crimée en 2015.

5. Hitler a signé un "pacte de non-agression" avec Staline, sécurisant sa frontière orientale. Poutine a noué une amitié sans précédent avec la Chine de Xi, sécurisant ses arrières et alignant ses intérêts sur ceux de la Chine.

6. Question en suspens : ces pactes sont-ils éphémères ? Staline a appris en 1941 qu’en effet ils ne valent pas le papier qui se voulait un accord solennel.

7. Les puissances européennes ont tenté d'apaiser Hitler. Il convient de noter le discours du Premier ministre britannique en 1938 au retour d'une réunion à Munich où il a été attiré par Adolf Hitler. Neville Chamberlain a déclaré qu'il ramenait « la paix pour notre temps ». Et "Rentrez chez vous et dormez bien." Ces jours-ci, les puissances occidentales, notamment les présidents Biden et Macron, ont multiplié les tentatives pour contenir Vladimir Poutine, le menaçant de sanctions. Leurs efforts d'apaisement n'ont même pas abouti à un accord de pacotille. Poutine a franchi une ligne le 22 février en envoyant des troupes russes dans les provinces ukrainiennes dissidentes.

Cette comparaison côte à côte ressemble à un calendrier copier-coller sur le chemin de la Troisième Guerre mondiale. En divulguant et en définissant sa réaction anticipée à une invasion de l'Ukraine comme étant des "sanctions", l’option militaire occidentale a été retirée de la table. Peut-être pas explicitement, mais Poutine vient de tester l'Occident en déplaçant des troupes au-delà de la ligne du statu quo dans les territoires ukrainiens recyclés de la « République populaire de Donetsk » et de la « République populaire de Louhansk ». Et il ne voit aucune réaction militaire de l'Occident. Preuve que les seules conséquences se limiteront aux sanctions. Ce qui ne sera pas tellement gênant pour les sanctionnés, car l’effet de ces sanctions sera largement compensé par l'amitié russo-chinoise et les liens commerciaux.

En géopolitique et en stratégie militaire, il est vain de vouloir sonder les intentions d'un adversaire. Au lieu de cela, seules comptent ses possibilités et ce sont celles-ci qui doivent être analysées. Une invasion du reste de l'Ukraine est-elle imminente ? C'est une possibilité. Militairement, l'Ukraine est seule, car l'Occident n'a aucun appétit pour la guerre. Poutine considère que le leadership américain et européen sont faibles. Pire, combien de Kompromat a-t-il sur les dirigeants occidentaux ? Et il est la solution à la crise énergétique en Europe qui est en partie auto-infligée. La Chine ne se mettra pas en travers de son chemin et pourrait utiliser la crise et les faiblesses perçues de l’Occident comme une invitation à assouvir ses envies sur Taïwan. Si l'annexion de l'Ukraine est dans les plans de Poutine, comme ses actions passées semblent le montrer, son moment est venu : un Occident faible, une Europe sans volonté politique d'appeler aux armes et sans aspirations militaires, une Chine sympathique et des unités de combat pratiquement en position d’attaque jouissant de sa supériorité aérienne. Sans parler de l'arme nucléaire.

Compte tenu de cet alignement unique des étoiles en faveur de la Russie, un assaut contre l'Ukraine est une possibilité réelle. C’est l’occasion qui fait le voleur. Le gouvernement ukrainien vient de mobiliser des unités de réserve. Les signes pointent vers la guerre.

Nous verrons alors un scénario classique se dérouler. Ironiquement, il semble émerger une autre similitude avec 1940, le plan d’attaque allemand « von Schlieffen ». Le dispositif russe à la frontière est complété par la présence d’autres forces russes en Biélorussie. Des exercices combinés y comprenaient l'utilisation de forces aéroportées. La configuration au sol indique un plan possible copié du plan allemand von Schlieffen, jetant les forces allemandes à travers le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas, surprenant les forces françaises par un mouvement en tenaille. En ce cas une manœuvre identique à travers la Biélorussie exposerait la capitale Kiev presqu’instantanément.

Même si nous avons déjà établi la primauté de l’étude des possibilités d’un adversaire, la recherche du renseignement connu ace jour nous permet de spéculer sur les intentions russes en suggérant le scénario suivant :

Nous saurons que le jour J et l'heure H sont arrivés lorsque des cyberattaques et des attaques physiques se produisent sur les centres de commandement et de contrôle ukrainiens. C'est le prélude à une attaque au sol imminente. Les forces de défense ukrainiennes seront la cible d'une intense "préparation" d'artillerie, y compris les orgues de Staline. Les exercices en Biélorussie ont montré la présence de forces aéroportées. Le plan russe serait typique s'il utilisait une division aéroportée à larguer à proximité d'un objectif clé, peut-être Kiev. Les forces terrestres de la Biélorussie se frayeraient en priorité un chemin, à moins de 150 km, vers cette zone de largage d’une division aéroportée, pour une jonction avec les forces déjà présentes pour tenir le gouvernement ukrainien a la gorge.

A côté de Poutine il y aura un autre vainqueur, le Président Xi. Si l’histoire se répète, il profitera du moment pour la conquête territoriale qui s’appelle Taiwan.

Et le Luxembourg dans cela ? Le gouvernement luxembourgeois a fustigé l’incursion des chars russes dans les provinces ukrainiennes par la voix de son ministre des Affaires Etrangères Jean Asselborn. En ce faisant, il n’a pas ménagé la chèvre et le chou. Le Luxembourg est normalement très réservé quant à critiquer la Russie. La raison en est que le Luxembourg compte parmi les plus importants investisseurs en Russie. TASS, l’agence russe d’information estime ces investissements entre 20 et 50 milliards d’euros par an. D’où vient l’argent ? Très probablement de Russie. Il arrive à Luxembourg, devient luxembourgeois et retourne en Russie. Vy ponimayete ?

Restent trois personnages luxembourgeois importants au service d’oligarques russes : Jeannot Krecké, Etienne Schneider et Jean-Claude Knebeler. Leurs maitres espèrent échapper aux sanctions. Pourront-ils exaucer leurs vœux ? Comme vétérans d’un gouvernement de l’OTAN et confidents de ces hommes russes proches du pouvoir, ils pourront peut-être aider à sauver la paix ? Neville Chamberlain dirait : » Rentrez chez vous et dormez bien ».


Sunday, February 6, 2022

Xavier Bettel Copy & Paste, Xavier Bettel Copy & Paste, Xavier Bettel Copy & Paste ......

 









Een Copy & Paste mat Genehmigung vunn peckvillchen.blogspot.com


Xavier Bettel Copy & Paste, Xavier Bettel Copy & Paste, Xavier Bettel Copy & Paste ......

        Nanzeg schléisst sech dem Péckvillchen sengen Conclusiounen un


Dëser Deeg huet den Obama dem Péckvillchen gesot,

Hien hätt den Biden iwwert déi Affaire mam Xav gefrot,

Mee den Joe huet dat warscheinlech ënnerwee vergiess,

Duerfir huet den Barack et alt am Péckvillchen gelies.

 

“ Mä Barack, den Xav huet seng Thes méi séier geschriwwen,

Wéi mär se liesen kënnen, do ass näischt iwwerdriwwen.

Et wär nëmmen Copy & Paste gewiescht soen d’  Leit.”

Et wär nëmmen Copy & Paste gewiescht soen d’  Leit.

 

De Péckvillchen als investigativen Journalist,

Weess jo dat een alles hannerfroen misst.

“Här Premier, Här Staatsminister, Här President,

Wéi kennt et dat elo jiddereen Iech Fuddeler vernennt?”

 

“O Péckvillchen, Dir sidd eis wichtegst Publikatioun,

Ech ginn Iech gären meng ganz transparent Versioun,

Et ass alles Fake News an Desinformatioun,

Ech erliewen dat mat schrecklech viller Emotioun!”

 

“Déi Geschicht ass elo méi wéi zwanzeg Joer hier,

D’ Zäiten hunn geännert, wou ass hannen wou ass vir?

Et fänkt un mat dem Joer 2000, dat stoung virun der Dir,

Eng ugesoten IT Katastroph fir eisen Centre Financier.”

 

“Ech goung direkt an d’ Politik fir d’ Welt ze retten,

Well den Juncker war ënner allen Klarinetten,

An den Cricri, mäin Prof sot Ech soll dat maachen,

Keen Hunn géing kréinen iwwer vollendet Tatsaachen.”

 

“Elo ginn et der awer déi mengen Ech géing mengen,

Et wär ee groussen Problem, mee nëmmen am Klengen.

Copy & Paste ass keen Problem well Ech d’ Erlabnis hat,

Ech hat mat all Auteur iwwer déi Saach geschwat.”

 

“Een Auteur sot, ernimm mech nitt, et bleift ënnert eis,

Ech well mech nitt bretzen, dat ass keng Art an Weis.

Den Cricri sot, dat inspiréiert d’ Leit eegen Recherchen ze man,

Pour avancer le schmilblick, do mécht een wat een kann.”

 

“Um leschten Stëppel ass meng wäitleefeg Famill agesprong,

Den Rachmaninov op der Schreifmaschinn, deen op seng Fassong,

Un mengem Memoire geklimpert huet fir fäerdeg ze ginn.

Hien sot t’ wär eng Inachevée, dat een jo spéider kann gesinn.”


“ Komm mär stellen eis emol een Moment ganz domm,

Hätt Ech deemools keen Risk geholl, léich d’ Heck haut an der Kromm.

Dann hätten mer den Juncker haut och nach,

An d’ CSV wär elo iwwer honnert Joer um Trach!”

 

“D’ Lëtzebuerger missten an d’ Ausland wunnen goen,

Zu Diddenuewen géing eng vun eis bezuelten Krëppchen stoen,

Den Fränz wär jo senger Liewen nitt Vize-Premier ginn.

A wou wieren d’ Milliounen déi fir Vanuatu am Budget stinn?”

 

“Den Grand-Duc wär nitt mat der fréierer Grande-Duchesse bestuet,

An dann d’ Kierch, déi wär ëmmer nach am Duerf.

T’ gëtt och an Zukunft keng Koalitioun ouni den Xav,

An deem Sënn sinn déi nächst Walen schonn gelaf.”

 

“O Excellenz, Här Präsident, flash vum Milliounen Sender RTL,

D’ Enquête vum Kapitän Copytani ass pünktlech wéi d’ CFL.

Sie soten hien hätt gesot dat vill Leit soten t’ wär alles an der Rei,

An Nancy zwee wär ersat mat enger Uni déi ass fonkelnei.”

 

“Den Cricri ass zwar nach ëmmer do. War deen Proff mëttelméisseg?

Momentan schéngt hien e bësschen verdrësslech.

An iergendwéi deet hien dem Péckvillchen Leed,

Hien sot: “Maître Péckvillchen hëllef Du sich bei der Enquête?”

 

“Cricri” sot den Péckvillchen, “deen hei weess jo vill ze vill”

“Komm, mär zéien eis deen Rachmaninoff iwwert den Grill.”

“Deen huet an der Hetz op amerikanesche Pabeier gedréckt,

An doduerch ass dunn den ganzen Memoire verongléckt.”

 

“Den DIN A 4 Pabeier ass bal zwéin Zentimeter méi laang,

Doduerch huet all Note bas-de-page an der Loft gehaang.

Sie waren do, et war just keng Plaz fir se ze drécken.

Den Rachmaninoff kann dat jo awer einfach flécken!”

 

“Cher ami”, sot den Cricri, “déi Péckvillchen war wunderbar”,

“Mir stinn fir Wuerecht an Recht" sot den Péckvillchen am Saumur um Bar,

"Eng lescht Saach nach Här Präsident, wär et iwwerhieflech,

Dem Péckvillchen seng Press Hëllef hätt een kënnen besser maachen." (1)

 

 

 

         (1)  Note bas de page: dat reimt jo guer nitt. Mee et ass en Zitat vum Xav.

 

P.S. Allen treien Lieser vum Péckvillchen ass et erlaabt dat heiten originellt Wierk ze kopéieren an ze “pasten” wou se wëllen. Dir musst just dës Kéier Är Quell uginn: peckvillchen.blogspot.com

 

TRIVIA: Wéi fënnt een Copy & Paste: Hei een Beispill vun engem einfachen Trick (deen engem verzeit gëtt), fir eraus ze fannen ob een Text een Plagiat ass: kopéiert den ganzen Text hei hannendrun iwwert den Schiller, an “paste” dann den ganzen Text an “Google Search”. Wann deen Text iergendwou schonn vun engem publizéiert gouf, weist Google wou dat ass.

 

Dans la pièce de Schiller, Wilhelm Tell, c'est le premier verset du fameux serment du Rütli qui aurait scellé la naissance de la Confédération Helvétique le 1er août 1291. Il s'agit en fait de la première "Constituante" en Europe où le peuple Suisse s'émancipe et se défait de la tutelle féodale.


Tuesday, December 28, 2021

Amende de 1.320.000 euros prononcée par la CSSF contre la Banque de Luxembourg S.A.










Amende de 1.320.000 euros prononcée par la CSSF contre la Banque de Luxembourg 

On m’avait rapporté la rumeur il y a plus d’un mois. En effet, la mesure date du 15 novembre 2021. L’amende contre la Banque de Luxembourg a été prononcée par la CSSF sur base de non-respect de « certaines obligations professionnelles en matière de lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme ». Voir ici la communication de la CSSF 

Pour le Luxembourg un tel montant est important, mais certainement en-deçà qu’une pareille affaire couterait aux Etats-Unis et ailleurs. Elle est aussi publiée en catimini le 23 décembre 2021, quand les préoccupations du monde sont tournées vers les fêtes de fin d’année. La CSSF a pris soin de ménager la chèvre et le chou. La chèvre doit subir des conséquences, « ma non troppo ». Le chou doit en effet être servi fin 2022, lors de la future évaluation internationale du GAFI sur l’adhérence effective du Luxembourg aux règles qui régissent les pays membres. L’on se rappellera le fiasco de l’évaluation qui a eu lieu en 2010 dans laquelle le Luxembourg avait réussi le tour de force de récolter des notes « insuffisantes » sur 48 recommandations du total des 49 recommandations du GAFI de l’époque. Le Feierwon rapportait en 2010.

La décision de la CSSF doit être considérée comme courageuse parce que nécessaire. Elle est courageuse sachant que dans ce petit pays, les institutions comme la CSSF sont historiquement dirigées, en partie du moins, par des membres qui sont supervisés par la même institution. Bref, on se supervise soi-même et entre collègues, on ne se mord pas. En revanche, la CSSF doit montrer aux super-superviseurs du GAFI que le laxisme d’antan est fini. Sans en rajouter trop à la perte de réputation de la banque et du centre financier tout entier.

C’est aussi de bonne politique : derrière le GAFI, sa création et son rôle désormais mondial, on trouvera le long bras américain. Il est donc sage de prévoir ce qui se trame et se trouve dans les tiroirs au Congrès américain, toujours s dans une même ligne de pensée : sera sanctionné par les EU et donc à terme par le GAFI aussi :

·       Tout pays qui n’aurait pas de législation adéquate en place pour se conformer aux règles du GAFI

·       Tout pays qui a une législation adéquate en place, mais ne l’applique pas

·       Tout pays qui a une législation adéquate en place, l’applique, mais avec laxisme comparé aux Etats-Unis.

Dans notre cas, BdL passerait sans doute les deux premières conditions, mais probablement pas la troisième.

 



Sunday, August 29, 2021

Mille milliards de dollars sans compter le reste : la débâcle en Afghanistan















Mille milliards de dollars sans compter le reste : la débâcle en Afghanistan 

Il ne faut pas être grand stratège ou fin diplomate pour percevoir immédiatement que la Bérézina Afghane est un vrai désastre. Il bat tous les records d’incompétence, de mensonges, de négligence et de dédain pour les alliés et la partie amie de la population locale. Pourtant, l’art de la guerre suit des principes et des règles, qu’ici les charlatans ont ignorés. 

Il en faut deux pour commencer une guerre. Il n’en faut qu’un pour la gagner. Mais s’il n’y a pas de vainqueur, il en faut deux pour la faire cesser. On ne peut pas s’en aller tout seul. Donc des gens qui vraiment ne s’aiment pas doivent, pour arrêter les hostilités, produire des garanties réciproques pour se désengager. Cela vaut sur les champs de bataille aussi bien qu’à la table de négociation. 

Dans les deux cas le principe de base est que l’autre reste une menace. Sur le champ de bataille se désengager a un nom : la rupture de contact. Elle est appliquée pour se replier par vagues successives, pour gagner du temps, et se renforcer. Ce n’est pas un cessez le feu, mais un procédé de combat appliqué depuis les échelons de peloton pour se désengager. Les forces américaines décrivent le procédé comme « Battle Drill 3 » et « Break Contact » dans leur « Field Manual ». Je pense même qu’une violation des quelques principes de ce procédé vaudrait des sanctions disciplinaires au chef de l’unité qui faillirait à l’appliquer correctement. Certainement pour laisser des armes tomber aux mains de l’ennemi. En Afghanistan le cadeau à l’ennemi coûte 85 milliards de dollars. 

Ce qui vaut pour tous les échelons des forces armées vaut certainement pour l’échelon politique confronté avec une négociation de désengagement sur un théâtre de guerre. La différence est qu’on agit à une autre échelle. La guerre n’était que la continuation d’une diplomatie échouée par d’autres moyens. On retourne donc à la diplomatie pour résoudre le conflit. D’abord il faut être deux pour négocier, il faut arriver à un accord acceptable par tous, une date, et il faut des garanties et des conséquences en cas de violation des accords. 

Ce sera peut-être un Cessez-le Feu, un Armistice ou un Traité de Paix. L’accord comportera des délais raisonnables, des clauses de sécurité pour les forces engagées et les populations civiles et toute autre mesure pour élever le niveau de confiance entre les parties opposées et forcer leur adhésion aux accords.

Mais, il faut être deux pour danser ce tango. Pour l’exécution d’un tel plan il faut d’abord un plan! Faut-il vraiment insister ? Puis, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, et il ne faut pas prêter des intentions à l’ennemi, mais envisager toutes ses possibilités ! Sans oublier d’énoncer clairement les conséquences d’une rupture des accords. 

Hélas, en Afghanistan tous ces éléments essentiels ont été ignorés par expédience politique peut-être, mais plus probablement par l’incompétence des échelons politiques et militaires en charge de la conduite de la guerre et du retrait. Le résultat laisse tout un chacun choqué. La désinvolture de l’échelon politique communique haut et fort au reste du monde : il était une fois l’Amérique. 

Sur le terrain les combattants américains se retrouvent dans une situation amère. Tel le Lieutenant-Colonel Stuart Scheller, Commandant un Bataillon de Marines. Il a dit ses quatre vérités à ses chefs sur Youtube. Scheller est donc un whistleblower, un sonneur d’alerte. Dans l’establishment cela fait mauvais genre. Car toute réclamation doit passer par la chaine de commandement. C’est le règlement ! Il devait donc se plaindre de ses supérieurs à ses supérieurs. L’Armée doit être la Grande Muette qui garde ses opinions politiques en poche. Scheller a été suspendu immédiatement. La vérité blesse les menteurs et le règlement clausewitzien les protège. 

Et l’Europe dans tout cela ? C’est un géant économique aux pieds d’argile. L’Europe n’a pas les «cojones» du Lieutenant-Colonel Scheller. Elle n’est même pas parvenue à convaincre un Biden perdu et obstiné dans les pénombres du marasme, de retarder la date limite du 31 août (auto-imposée) pour la fin de l’évacuation. L’Europe est géopolitiquement inexistante. 

Face à cette défaite, les Talibans, dupliciteux, sont cruels envers les perdants, Biden en tête. Ils ont réaffirmé qu’il n’était pas question de reporter la date du 31août. C’est la pose du vainqueur. C’est retourner le couteau dans la plaie auto-infligée. C’est garantir la prise en otage de tous les citoyens occidentaux pris au piège du calendrier. 

Ah oui, le Secrétaire d’Etat US face aux Talibans s’appelle Blinken. Il dit que la situation est émouvante. Zbigniew Brzezinski, conseiller de Lyndon Johnson a dit un jour que les USA ont « blinked » c.à.d. perdu face au bluff de l’URSS, en fuyant des yeux les premiers. Des fois il est utile de bien gérer ses émotions.

Sunday, November 1, 2020

Les élections américaines 2020 dans 3 jours





 

Les élections américaines 2020 dans 3 jours

Les sondages sont là : Joe Biden devrait confortablement gagner les élections ce mardi pour devenir le 46e Président des Etats-Unis. Il pourrait selon ces sondages également avoir une majorité dans la Maison des Représentants et dans le Sénat. L’équivalent de pleins pouvoirs.

Les deux candidats en lice ont mené des campagnes très différentes. Le Coronavirus a dominé les évènements et mis un frein sur les apparitions publiques des deux candidats. Pour Biden, les restrictions étaient extrêmes, avec un confinement strict chez lui dans son « sous-sol ». Pour Trump, sauf quelques annulations, les rallyes publics de grande envergure vont crescendo jusqu’au dernier jour, avec des milliers de supporters.

Cette différence d’approche est un message par sublimation pour suggérer lequel des deux candidats a la meilleure réponse à la crise sanitaire. Covid -19 est une priorité pour les électeurs. La grande priorité reste l’économie. Sous Trump l’économie américaine brisait tous les records, jusqu’à la chute abrupte au deuxième trimestre 2020 quand le Covid-19 a virtuellement arrêté l’activité économique. Elle vient de rejaillir de façon explosive après le confinement au troisième trimestre avec une croissance annuelle de 33,1% du PNB. Les autres préférences des électeurs sont plus aléatoires comme par exemple l’assurance maladie qui est fournie par les employeurs pour 180 millions d’assurés, BLM alors que les minorités noires et hispaniques ont connu un bien-être historique dans l’économie Trump.

A l’heure actuelle, Biden mène les sondages avec une avance de 8% des intentions de vote. A l’heure actuelle, 91 millions d’électeurs ont déjà voté, ce qui si leurs intentions de vote sont comptées correctement, consoliderait l’avance de Biden, car plus de gens ont voté qu’il y en a qui voteront encore. La victoire de Biden est la conclusion logique de cet état des choses. A moins que ….

A moins qu’on assiste à une répétition des élections de 2016. L’avance de Biden est similaire a celle que Hillary Clinton avait sur Trump à la même époque. Certaines circonstances n’ont pas changé, surtout l’hostilité de la Presse en général contre Trump, et leur support pour son opposant. Donc ce n’est pas une variable, et n’a pas empêché Trump de gagner. Et clairement la situation générale et le message politique des candidats entre ne jeu.

Biden qui est un vieux routier plutôt Prudence Petitpas au milieu du chemin, s’est vu entrainé vers les franges gauches du parti, avec un programme environnemental très ambitieux et une augmentation des impôts conséquente. Il est aussi champion du confinement et parle d’un hiver noir si son opposant gagne.

Pour Trump, il peut se vanter d’avoir propulsé l’économie vers des sommets jamais atteints. Il aura sans doute perdu du support parmi ceux qui souhaitent plus de confinements. Quoique c’est le domaine réservé aux Etats selon le principe de subsidiarité. Il aura gagné du support dans les communautés noires et hispaniques, qui pourraient bien le propulser devant Biden sur la ligne d’arrivée.

Eh oui, c’est une possibilité que quelques militants proéminents de Biden brandissent comme une menace et un encouragement pour que les fidèles aillent voter. Il est vrai que la campagne menée par le camp Biden, par la force de ses choix et du confinement extrême du candidat est plutôt endormie et contraste avec l’enthousiasme des foules qui maintenant plusieurs fois par jour se rendent aux rallyes du Président.

Il est clair que si en ces circonstances Trump fait la surprise encore une fois, les agences de sondages auront définitivement perdu leur crédibilité.

Evidemment les sources d’erreurs dans les sondages peuvent être multiples. Une erreur dans l’échantillonnage est la plus banale. Cette erreur peut même être intentionnelle pour mieux contrôler un résultat désiré. C’est d’autant plus facile que les électeurs doivent s’enregistrer comme Démocrate, Independent, ou Républicain et le registre est public. Vient ensuite la méthodologie qui implique des choix qui gèrent l’échantillonnage et le calendrier des sondages. Et enfin il y a les erreurs résiduelles et le bruitage. Ce sont des erreurs difficiles à dépister, tellement leurs origines sont granulaires et ont trait souvent à la psychologie sociale et aux mouvements inconscients des foules. Un tel phénomène s’est produit aux élections de 2016. Si cette vaste vague inattendue a lieu, elle se passe maintenant dans les derniers jours sous notre nez. On ne la verra pas jusqu’au résultat final.

Pour le Luxembourg le résultat des élections a deux types de conséquences, toutes les deux avec leurs désavantages.

Une victoire de Biden sera celle d’un vétéran avec 47 ans de service avec le Delaware comme port d’attache. Il sera un défenseur du Delaware comme havre de confidentialité, alors que la pression sur les offshores pour révéler les bénéficiaires économiques de sociétés dans leur juridiction est sans merci. D’ailleurs c’est une constante démocrate de faire avaler des règles restrictives sur le reste du monde. Il en a été ainsi sous Bill Clinton et Larry Summers qui en 2001 ont introduit le « Qualified Intermediary », l’obligation pour les banques étrangères de rapporter/dénoncer les comptes de contribuables américains. Puis sous Obama, le QI s’est muté en FATCA, le même concept, mais plus astreignant. On s’attendra à de nouvelles règlementations de la sorte qui sont dans les tiroirs du Congrès américain, et qui le plus souvent représentent la même démarche : une juridiction étrangère qui n’a pas de lois similaires aux lois américaines, ou qui les a mais ne les applique pas, ou qui ne sanctionne pas au même niveau que les Etats-Unis devra s’attendre à des sanctions.

Une victoire de Trump sera sans doute une bonne nouvelle pour l’économie américaine qui comme locomotive pourrait faire bénéficier le reste du monde. La tradition républicaine est moins intrusive en ce qui concerne l’octroi de nouvelles règles. Quoique les accords passés sous Obama ont souvent été passés par le loup. Par contre on assistera à l’essor de services concurrents à ceux de Luxembourg et d’autres places financières au Nevada, Delaware et Wyoming. Et bien-sûr le rapatriement de quelque 2.500 milliards de USD en profits internationaux dont une bonne partie au Luxembourg retourneront aux Etats-Unis grâce à la nouvelle loi d’impôt de 2018. Mille milliards ont déjà pris le chemin du retour. A ne pas oublier : la contribution luxembourgeoise à l’OTAN de l’ordre de 2% du PNB seront vraiment dus. On m’a dit qu’il y avait un « Ramplassang » (1) pour compenser le manque d’effectifs : un satellite militaire et un avion de transport pour gonfler le budget.

Un jour il faudra bien que quelqu’un visite Washington ?

(1) “Ramplassang” est nom donné à un volontaire qui le plus souvent contre compensation a accepté de remplacer un jeune homme tiré au sort pour servir dans les armées. Pièce de théâtre d’Edmond de la Fontaine, (Dicks).





Tuesday, October 13, 2020

La Nipponisation de la Maison du Grand-Duc

 


La Nipponisation de la Maison du Grand-Duc

Le 14 juillet, le jour de la Bastille, le Premier Ministre Xavier Bettel a présenté à la Commission parlementaire les conclusions du rapport Waringo et les décisions prises sur le fonctionnement de la Cour grand-ducale. Le rapport d’enquête de M. Waringo ne se limite pas à décrire un état des lieux et des dysfonctionnements. Il fait aussi des recommandations, sorte de ballons d’essai, qui ont été adoptées ensuite par consensus, y compris l’assentiment du Grand-Duc. L’organisation de la Maison du Grand-Duc est dorénavant réglée par arrêté grand-ducal. Du point de vue de la conception et de l’exécution du projet que j’appelle « Nipponisation », la démarche était résolue, l’exécution d’une rapidité exceptionnelle comparée à toute chose luxembourgeoise, pour aboutir à la signature d’un arrêté par le Grand-Duc qui limite sa propre liberté d’action.

Ce n’est pas sans rappeler la démarche du général McArthur, commandant le théâtre d’opérations du Pacifique lors de la deuxième guerre mondiale. Il s’agit de l’octroi d’une nouvelle constitution au Japon à la reddition en 1945, avec un empereur incarnant les symboles de la nation, mais avec des fonctions limitées et strictement fixées par le « protocole ». La Maison de l’empereur ou « Imperial Household » est l’Administration qui me rappelle la nouvelle « Maison du Grand-Duc », d’où l’impression de « nipponisation » par imitation. Monsieur Bettel parle de propulser la monarchie du 19e au 21e siècle. C’est dire au 20e siècle au Japon. L’ironie est que surtout dans les années 80, j’ai accompagné le Grand-Duc Héritier Henri dans de multiples visites au Japon. A chaque occasion l’Empereur Hirohito au début, puis l’Empereur Akihito et l’Impératrice Michiko ont reçu leur visiteur avec beaucoup d’attention. D’habitude le Grand-Duc Héritier avait un diner en tête à tête. Je dinais avec des dirigeants du Imperial Household. La conversation tournait souvent autour de questions protocolaires et de relations publiques. Il m’a semblé qu’il y avait une réflexion à la Cour impériale sur les façons d’accommoder la constitution de 1945 avec la tradition japonaise et le présent, le siècle de la communication. Donc de sortir un peu des mêmes rigueurs dans lesquelles la Maison du Grand-Duc s’apprête à entrer.
















Chasse au canard traditionnelle au moyen de filets. Palais imperial de Kyoto ca 1986. De gad : l’Imperatrice Michiko, le Grand-Duc heritier Henri, LtCol Egide Thein, Madame Yoshitada Uchiyama, l’Empereur Akihito.


Le général McArthur avait bétonné ses changements en octroyant une nouvelle constitution, donc une loi fondamentale difficile à altérer. Mais la caravane passe et le général McArthur n’est plus. Monsieur Bettel a utilisé le décret, c.a.d. l’arrêté grand-ducal. Un arrêté grand-ducal n’est pas bétonné comme le serait une loi ou mieux la révision de la constitution qui est sur le métier depuis 20 ans. Donc, la pérennité des décisions prises n’est pas garantie.  

Une dynastie monarchique raisonne en termes de générations, les politiciens en années jusqu’aux prochaines élections. La solution issue d’un consensus est une solution de bouts de ficelle. Il est facile de défaire le nœud, et le débat qui n’a pas eu lieu pourra jaillir à tout moment. En fin de compte, rien n’est plus simple et plus fort pour remplacer un arrêté grand-ducal qu’un nouvel arrêté grand-ducal. Comme il n’y avait pas de projet de loi, il n’y avait pas de débat politique, Covid 19 aidant à obscurcir la procédure. Gouverner par décret est un raccourci.

Le raccourci semble devenir le nouveau mode opératoire du gouvernement. Ainsi, le referendum sur la séparation de l’église et de l’état est devenu une simple négociation entre le gouvernement et l’Evêché. Manœuvre préemptive habile de l‘Evêque de Luxembourg pour éviter le referendum. Car rien n’est plus simple à changer qu’une vieille loi par une nouvelle loi. Et la caravane passe encore.

Politiquement j’appellerais cet épisode de la réorganisation de la Cour grand-ducale le massacre de la Ste Camille. Le terme est exagéré et fait référence avec un clin d’œil sur cet autre massacre de la St Valentin à Chicago en 1929. Un règlement de comptes. Le coup d’état de Jean-Claude Juncker du 12 mars 2009, que j’appelais massacre de la Ste Justine, était habilement enfilé et bien plus vigoureux et définitif que celui-ci. Le Grand-Duc y a perdu sa prérogative de « sanctionner » les lois. À la suite de son refus de signer la loi sur l’euthanasie, le Parlement a changé l’article 34 de la constitution. Jean-Claude Juncker avait bétonné. Mais 11 ans plus tard, la caravane est déjà passée.

Depuis 20 ans donc on fait du provisoire. Une révision de la constitution resurgit comme une fata morgana depuis deux décennies. Les Nations Unies ne manquent pas de considérer notre constitution comme étant de seconde classe seulement. Il manque sans doute l’envergure et le courage pour mener à terme un tel projet national. Entretemps dans le fouillis des articles de la constitution et les bricolages occasionnels, on lira : Art. 21. Le mariage civil devra toujours précéder la bénédiction nuptiale. Ou bien : Art. 77 : le Grand-Duc nomme et révoque les membres du Gouvernement. Au terme des élections, il désigne aussi un formateur qui le plus souvent sera le Premier Ministre. Vous parlez d’une boite à outils pour une vendetta. Mais ce massacre-là n’aura pas lieu. Une monarchie raisonne en termes de générations. Pas en termes du tic au tac politique.

Restent les incohérences philosophiques. Les membres du gouvernement jurent fidélité au Grand-Duc. Il en sera de même pour la direction de la Maison du Grand-Duc formellement recrutée par le gouvernement. Les ministres qui jurent fidélité au Grand-Duc sont formellement les conseillers du Grand-Duc. Ministre étymologiquement désigne un « serviteur ». Donc des ministres qui sont aussi serviteurs et conseillers du Grand-Duc élaborent une structure appelée Maison du Grand-Duc et recrutent le personnel clé pour son fonctionnement. Le stress test de cet édifice viendra le jour où les intérêts de toutes les parties prenantes ne sont pas alignés. Un défi au loyalisme.  Le tout sur arrière fond d’une constitution de 1868, vétuste.