Sunday, December 25, 2011

La Tripartite en 2010, en 2011, en 2012, en 2013 et en 2014

C'est bel et bien la monopartite et cela vaut un rappel de Novembre 2010:


En un an rien de nouveau. A suivre!

Tuesday, December 13, 2011

Cargolux, l'épilogue.


Les aventures hasardeuses de Cargolux se terminent donc en deux drames personnels: Ulrich Ogiermann ancien CEO et toujours conseiller (?) auprès de Cargolux, et Robert Van de Weg ont plaidé coupable d'avoir violé les lois sur la concurrence des Etats-Unis. La US District Court à Palm Beach en Floride a en fait négocié un aveu de culpabilité contre une réduction de peine: 13 mois de prison et $20,000 d'amende.

La bonne nouvelle est que c'est peu par rapport au risque encouru initialement. Leur avocat vaut sans doute ses honoraires, car il a fait une transaction intelligente. Il y a en effet 21 co-accusés, qui auraient pu faire ce même arrangement.

Mais les deux ne sont sans doute pas au bout de leur peine. Un tel arrangement ou "plea agreement" généralement a deux composantes: un aveu de culpabilité avec condamnation négociée et surtout aussi l'obligation de coopérer avec la justice pour fournir la preuve de la culpabilité des autres inculpés. Ce qui n'est pas toujours confortable, sauf s'ils sont très gentils et comprennent la situation de leurs anciens copains.

Ce chapitre coûteux est donc pratiquement clos. Le nouveau chapitre, le tango avec Qatar Airlines est en plein développement. Qui mènera la danse? Je parie sur Qatar Airlines. Ils n'avaient aucun vol cargo vers l'Amérique du Nord. En un clin d'œil ils ont ouvert Toronto, Houston, Atlanta et Chicago. Ils suivent donc les traces de Cargolux, ou bien dansent sur ses plates-bandes. Cela, c'est une affaire d'appréciation. On me dit que l'un des importants contrats de fret a été décroché par QA, moins cher de 30% que la concurrence dont Cargolux. Si c'est vrai, l'on ne saura les accuser de collusion avec Cargolux sur une entente des prix.

Prochain épisode judiciaire américain pour une société luxembourgeoise: Clearstream et l'argent des ayatollahs.

Wednesday, November 30, 2011

Et pourquoi pas une petite partie de tripartite?


Bon vieux temps, 1960. Brochure publiée par le "Luxembourg Board of Industrial Development". Lorsque le Luxembourg était encore capable d'attirer des industries manufacturières ...



La tripartite luxembourgeoise fonctionnait à merveille comme remède à la crise historique de l'acier de 1975. Elle fournissait un contexte pour un effort de solidarité nationale et des solutions créatives comme la DAC, Division Anticrise, qui occupait des milliers de personnes à des travaux d'utilité publique. Sans ces mesures, le chômage qui n'existait virtuellement pas en 1975, serait passé de 0 à des milliers de chômeurs, chose inadmissible psychologiquement à l'époque.

Cette tripartite était un joli triangle équilatéral qui avait pour sommet le gouvernement et à sa base le patronat et les syndicats. 35 ans plus tard, il faut se rendre à l'évidence que la tripartite de bon papa n'existe plus sous forme de triangle équilatéral, qui donnait le même poids aux trois participants. Il faudra bel et bien trouver des mécanismes d'adaptation, pour sortir du déséquilibre des forces et du blocage résultant. Car il faut réaliser qu'au bout de 35 ans, le centre de gravité s'est déplacé en faveur du patronat, avec l'approbation du gouvernement, Ministre de l'Economie inclus.

L'indexation automatique des salaires, clé de voûte de la tripartite, était destinée à préserver le pouvoir d'achat des salariés. C'était un dispositif de pilotage automatique, qui assurait donc aussi une vie paisible aux représentants des partenaires sociaux, bref la paix sociale. L'indexation automatique a été pervertie cependant par la suite. Au fil des années elle a procuré au salariat une participation somme toute limitée à la manne des années de vaches grasses par son effet de freinage, limitant la vitesse de croissance des salaires à des petits pas de 2,5% aux échéances des tranches indiciaires. Elle est par contre dégradée en un arrangement vieillot qu'on a pris l'habitude de suspendre en temps de crise, avec l'effet net de diminuer le pouvoir d'achat des salariés, du moins par rapport au panier de base des accords.

La parole du jour est la compétitivité ou plutôt sa perte, avec comme conséquence, logique dit-on, le nécessaire plafonnage des salaires, ou mieux leur diminution en termes réels. L'indexation a donc cessé de servir les intérêts des preneurs d'emploi: c'est devenu un sens unique. La suspension de la prochaine tranche indiciaire est déjà programmée. En ce cas, il faudra bel et bien adapter la tripartite à la nouvelle donne.

Pour le patronat, la Terre est plate

L' Union Européenne d'abord, la globalisation ensuite ont facilité l'accès aux marchés. L'industrie luxembourgeoise, notamment l'acier, en a profité jusqu'au retour de manivelle: les producteurs émergeants de l'acier ont inondé la même terre plate avec des produits moins chers. Les services financiers, surtout basés sur la niche souveraine de l'imposition, se voient la cible des assauts des gouvernements étrangers et des régulateurs européens, jusqu'à ce que l'avantage fiscal s'érode.

Si l'environnement fiscal se dégradait, les services financiers iraient ailleurs. L'industrie par contre disait la sagesse universellement admise, est clouée au sol par le poids de ses investissements immobilisés. Ce n'est plus vrai à l'heure d'un Mittal, Good Year , Villeroy Boch et Dupont: une ligne de production est aisément transférée à l'intérieur du groupe sous des cieux plus cléments. Il en va de même des services locaux et l'artisanat. Pas de délocalisation, certes, mais une concurrence accrue des régions limitrophes dans la grande région.

Combinée au chiffre sous-estimé de 15,000 chômeurs, cette menace permanente de délocalisation est une situation d'otage de fait et le gouvernement souffre du syndrome de Stockholm, cette réaction psychologique qui fait sympathiser l'otage avec le preneur d'otage. Encore qu'en ce cas-ci, le preneur d'otage est lui-même otage et ne fait qu'obéir aux lois de la Terre plate, qui déterminent la viabilité d'une entreprise.

Le Gouvernement du syndrome de Stockholm

On comprendra que la première réaction du gouvernement dans ces circonstances soit la sympathie pour la cause des employeurs. La photo instantanée de l'économie luxembourgeoise n'est pas bonne en ces temps de crise. Les conséquences pour le gouvernement sont des revenus en déclin, un chômage qui augmente, une productivité qui diminue et une pression continue de l'étranger pour éradiquer les niches souveraines de prospérité. Il est clair que la réaction superficielle est d'en conclure de geler l'index.

Il en est de même avec la négligence bénigne avec laquelle on affronte l'armée des chômeurs, comme une fatalité. Or c'est un drain sur la capacité du pays de bien survivre la tempête parfaite qui est en train de se former autour de la danse infernale de l'Euro. Force est de constater que les numéros un et deux de notre gouvernement pensent qu'ils sont élus, l'un pour sauver la Grèce et un Euro moribond, l'autre pour sauver le monde avec l'ambition de faire siéger le Luxembourg au Conseil de Sécurité de l'ONU. Ils ne sont pas disponibles pendant que notre toit est en feu. Bon nombre d'électeurs ne comprennent pas cet acharnement de poursuivre des ambitions personnelles, qu'il est difficile de concilier avec l'intérêt national. Au contraire, beaucoup voient le danger que tous deux, et à travers eux le Luxembourg, se retrouvent en position de bouc émissaire, si les choses vont mal.

Pendant ce temps-là, la question de l'index suppure depuis plus d'un an. Il y a 15.000 chômeurs et la pauvreté enlaidit le Pays de Cocagne. Le devoir à domicile ne s'arrête pas là. La dépendance de l'économie nationale sur le centre financier est effrayante. Le développement industriel stagne. Aucune industrie n'est venue s'installer au Luxembourg depuis de nombreuses années. La bureaucratie est un frein, les obstacles administratifs sont décourageants, sans oublier que le système judiciaire, aux moyens anémiques pour un centre financier mondial, n'est pas en mesure de délivrer justice dans des délais raisonnables, élément non négligeable pour former un cadre économique performant. Dans ce contexte, se borner à designer l'index comme source du mal, montre bien qu'on a fait l'impasse sur le devoir à domicile.

Syndicalistes somnolents: la lutte syndicale est un long fleuve tranquille

Cette contradiction entre lutte et tranquillité me fait penser au syndicalisme d'antan, où un bon coup de gueule était OK. Nous avons une nouvelle génération de syndicalistes fonctionnarisés qui sont aussi conseillers communaux, députés, bref cumulards. Le même syndrome de Stockholm se produit chez eux. D'où la prédilection pour des solutions calmes et feutrées qui conviennent pour des héros de la paix sociale: nous parlons de tripartite et surtout de l'indexation des salaires. Finalement cette indexation a fini par devenir un marché de dupes: c'est le plafonnement quand tout va bien, le désembrayage quand cela va mal. Cette automatisation n'est pas la lutte, c'est la promenade pépère et nonchalante au bord du long fleuve tranquille. L' indexation a fini d'être une solution.

Maintenant que le réveil sonne et que l'urgence est là, les syndicats sont pratiquement devant un fait accompli annoncé par certains ministres: la tranche d'index sera retardée. C'est sans doute le moment pour les syndicats de vendre cher la flexibilité à répétition qui leur est demandée, et de s'adapter au nouveau paradigme. Car enfin, à quoi sert une indexation automatique qui aux moments de crise met les syndicats sous pression et les fait reculer. C'est la lutte syndicale à l'envers.

La nouvelle ligne syndicale pourrait très bien abandonner l'automatisme des tranches indiciaires qui ne fonctionne plus correctement, pour retourner forcément à des négociations salariales annuelles ou bisannuelles, où l'index sert de fil conducteur sans négliger d'autres aspects comme la sécurité sociale, l'éducation qui entreront dans un paquet d'accords. C'est un modèle certes moins commode, mais plus participatif, plus engagé et plus transparent, car la performance des entreprises, visible, entrera dans l'équation. En cas de difficulté, chaque partenaire serait un artisan de son bonheur ou malheur.

Un changement de paradigme crée une chance de sortie du blocage actuel, rend le triangle de nouveau équilatéral et permettra une vraie négociation entre partenaires tripartites, avec des propositions et des contre-propositions. Bref: une voie qui n'est pas un sens unique. Les luxembourgeois finiront par être ce qu'ils ont toujours été: des gens raisonnables.

Mais attention: pour cet avenir là, les syndicats devront disposer d'une cagnotte pour leur permettre de dire non, action syndicale à l'appui. Mais cela n'est pas très luxembourgeois.

Thursday, November 10, 2011

Appel du 11 Novembre 2011.


Embargo jusqu'au 11.11.2011 à 11:11 h.

C’est official: ma candidature comme Ministre de l’Economie :

http://peckvillchen.blogspot.com/2011/11/meng-kandidatur-fir-wiertschaftsministe.html


Sunday, October 30, 2011

QUAND L'EPOUSE DE CARGOLUX S'ETEND

Je viens juste d'avoir tante Léontine au bigophone. Elle m'a fait: "Non mais t'as pas vu Cargolux sur Papierjamme! V'là-ti pas qu'ils effeuillent tous la marguerite. Fini le vacarme. Quand je pense à la nouba ratée, le caviar jeté, juste pour trainer les pattes avec les nouveaux Zeppelins, parce que le stude Bakr a fait des siens.

Maintenant, j'ai la larme à l'œil de voir tout le monde se rabichonner. Allez fieu, ne sois pas comme-ça. Viens chanter victoire avec tantine!"

J'ai fait alors: " mais Léontine, matante, l'addition n'était pas juste cause, le bleu tire les ficelles, dit que le marchand de Zeppelins refile de la camelote et d'autres sottises. Les comitards anciens en ont pris plein les babines avec lui. Il a même balancé que les comitards étaient de la vraie bleusaille, qu'ils ont le comprenoir bouché, et qu'ils auraient dû faire du brouhaha à mort beaucoup plus tôt!"

Tante Léontine peut être raseuse des fois! Elle a lancé le potin que Cargolux a pistonné le bleu et lui a donné carte blanche pour le laisser chaparder quelques fidèles en Amérique profonde, Atlanta, Houston, Chicago et Toronto. "(1) Chez Cargolux les mecs ont du cœur!" a-t-elle fait.

J'ai bondi: "Allo, allo, Léontine? Ce que tu déballes là, me fait dresser les oreilles. J'ai fait sonner à la garde. Il faut prendre Cargolux sous ton aile. J'ai la pétoche car je renifle la combinaise. Mais dis-moi donc que ce n'est pas vrai! La guerre des prix en famille?"

(1) http://www.qatarairways.com/qa/en/press-release.page?pr_id=pressrelease_pressrelease_20111009b



Wednesday, October 26, 2011

Tuesday, October 11, 2011

Au Stade National de Livange: Le Luxembourg bat le FOI 5-0



"Trois personnes peuvent garder un secret, si deux d 'entre elles sont mortes" (Benjamin Franklin)

Le 20 juin de l'an 2000, le député Alex Bodry déposa la "Proposition de Loi concernant la liberté d'accès à l'information" (1). Le Luxembourg allait enfin rejoindre la toute grande majorité des pays démocratiques, embrassant les principes mondialement connus sous la dénomination "Freedom of Information", ou FOI, et qui consacrent le droit du public de savoir. En pratique la loi créerait une obligation pour le gouvernement et les administrations publiques et parapubliques de fournir endéans les 2 mois tout document demandé par le public. A l'étranger, c'est surtout la presse qui use de ce droit pour se procurer tout document et toute correspondance officielle pour les besoins de ses investigations journalistiques.

FOI à la luxembourgeoise

Onze ans et 4 mois plus tard, cette loi n'est toujours pas adoptée!  La Mongolie et le Nigeria viennent de passer la leur. Quel joli consensus national que de faire trainer cette chose appelée transparence, que personne ne semble vouloir. Par contre, les directives européennes en matière financière voient une transposition en loi luxembourgeoise en un rien de temps, business oblige, tandis que le droit du public de savoir peut attendre. Le Luxembourg, pays le plus riche du monde, brille ainsi par son obstination de tronquer l'ouverture et la communication. Selon l'organisation internationale "Access Info" (2), seuls Chypres et l'Espagne font encore partie de ce club des opaques dans l'Union Européenne.

Dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi, le rapporteur Alex Bodry note: "De nos jours le processus de décision ne peut être le fruit de procédures opaques, mûries dans le cloisonnement de l'Administration, décisions prises à huis clos à l'insu de ceux qui sont directement concernés." A en juger par ce retard sinon le sabordage de la proposition de loi, elle fait sans doute l'objet d'un concept hautement indésirable pour notre gouvernement. La solution est dès lors de laisser le projet mijoter jusqu'à l'oubli.

Les barbares dans le temple secret, ou un projecteur en pleine chambre noire.

Quel sacrilège dès lors quand le Mouvement Ecologique, MOUVECO, vient déranger cette conspiration feutrée en éclairant de tous ses feux d'abord un processus de décision opaque et une lettre signée par trois ministres, dont le Premier Ministre, et adressée à des intérêts particuliers. Incroyablement, cette lettre est classée "très confidentielle" pour la soustraire à l'examen du public. Benjamin Franklin serait ravi. Cette lettre représente donc bien une décision prise volontairement à huis clos, à l'insu du public.

Le MOUVECO s'est ainsi positionné en agent de révélation pour dévoiler une face cachée dans un débat public. Il a attiré l'attention du public luxembourgeois, généralement pas dupe mais tolérant-bof et cynique vis-à-vis du "système", sur le caractère illégal et inadmissible de la trame qui s'est tissée. Cette fois-ci, au-delà du fatalisme coutumier et des blagues de circonstance, le public voudrait des réponses. Hélas, la loi concernant la liberté d'accès à l'information fait défaut pour obliger les responsables publics et parapublics à les fournir et d'en finir avec la mascarade.

Cette crainte de la lumière du jour est un état de fait dans l'écosystème luxembourgeois. Elle est décrite également dans l'exposé des motifs par: "les réticences de certains milieux de la société luxembourgeoise d'admettre vraiment un droit à l'information complet et un droit d'ingérence du public dans le domaine des affaires publiques." Une réminiscence féodale donc. Et de conclure: "Dès lors, à l'instar du droit communautaire et de nombreuses législations étrangères, notre droit national doit enfin reconnaître explicitement le droit à l'information détenue par les autorités publiques ou parapubliques. La présente proposition de loi entend consacrer ces droits fondamentaux de tout citoyen dans un Etat de droit qui se veut démocratique." C'était il y a onze ans et quatre mois.

La dérive

Mais voilà, entretemps nous évoluons vers le contraire, et Livange en est une démonstration. Questionnées, les autorités publiques pratiquent l'esquive, les parapubliques l'exception et la menace de poursuites. Nous sommes en pleine dérive, en fait en plein délire. La crédibilité de nos institutions est en jeu, à cause de l'absence de transparence et de son corollaire, du droit d'accès à l'information. En fait nos institutions sont en zone de danger et la méfiance du public est en croissance.

Certes le Parlement tente aussi bien que mal de jouer son rôle de surveillance du gouvernement en posant des questions aux ministres (du latin minister, serviteur), dans des dossiers comme Livange. Au-delà des "c'est pas moi, c'est lui, connais pas, les autres l'ont fait aussi" parmi d'autres excuses et assurances, le public sera difficile à convaincre. Il faut en effet expliquer que des drôles de hasards aient aligné des initiatives, des circonstances et des acteurs d'une certaine façon, mais  que les choses ne sont pas du tout ce qu'elles paraissent être. D'esquive en esquive, d'obstruction en obstruction se nourrissent des soupçons, des spéculations, des accusations, basés sur les simples perceptions. Elles sont nourries par la volonté documentée de garder le secret et le refus de communiquer les faits. Il faut se rendre compte que l'on a dépassé dans le contexte Livange le simple niveau d'un jeu de questions-réponses. Les protagonistes se trouvent effectivement dans une phase ultérieure, le "damage control", qu'ils le veuillent ou non.  Et le "damage control" est un art et une science, qu'on soit faussement accusé ou en train de vouloir minimiser l'inavouable. En tous cas, le quatrième pouvoir, la presse, n'a pas été convaincue. Elle ne dispose pas des faits et des preuves pour être convaincue que tout ce cirque est une tempête dans un verre d'eau.

Le quatrième pouvoir, ligoté, doit spéculer   

Le public a le droit de savoir. C'est le moment d'appliquer ce grand principe démocratique, même
si l'on a choisi de renoncer ou d'escamoter une législation sur le libre accès à l'information. A défaut, la presse, qui le plus souvent est le vecteur d'investigation et de communication de cette information, ne peut être tenue à rapporter des faits. Elle n'a pas accès à ces informations. Au mieux, elle ne pourra que rapporter les rumeurs, à la grande exaspération des gardiens du secret. Mais comment lui faire des reproches, alors que les moyens d'investigation démocratique sont déniés?

C'est donc l'occasion d'appliquer maintenant et délibérément, au nom de la transparence, les provisions de la proposition de loi égarée. Même si elle n'a pas force de loi, elle fournit la guidance pour informer le public et répondre aux questions. D'ailleurs si par impossible cette proposition devait être reconsidérée par le législateur, il faudra la revoir pour l'adapter à l'après-Wikileaks et pour prévoir des sanctions sévères pour les refus de produire des informations, la destruction de documents ou leur falsification, comme cela existe dans les autres juridictions. Pour ne citer que l'exemple américain, où un banal "hearing" devant une commission parlementaire se fait sous serment, et celui qui se fait attraper en plein mensonge, à n'importe quel grade, se fait durement punir. L'exigence d'un code de déontologie pour politiques et fonctionnaires exigé par certains élus est évidemment nécessaire pour avoir des paramètres pour mesurer les incidents et le degré de "malgoverno".

Pssst! Ceci reste entre nous!

Pour finir, je voudrais partager un secret, une très bonne nouvelle, mais cela doit rester strictement entre nous deux, vous et moi: j'ai bon espoir que si le stade se construit, le club de foot parisien PSG, qui appartient à 70% au Qatar, viendra jouer à Livange. On les fera jouer contre la nouvelle équipe professionnelle luxembourgeoise qu'on appellerait Léopard? J'ai aussi bon espoir que vous et moi, nous serons invités, à la loge!

(1) Document 4676/00, Chambre des Députés: