Saturday, February 27, 2010

Luxembourg et le bonnet d'âne du GAFI.














Luxembourg et le bonnet d'âne du GAFI.

Le Groupe d'Action Financière, GAFI, organe de l'OCDE où le Luxembourg est signataire, vient de rendre publique son "Rapport d'évaluation mutuelle du Luxembourg"(1). Le GAFI, dont le siège est à Paris, a émis au courant des années une liste de 49 recommandations pour la lutte contre le blanchiment des capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT). L'évaluation du GAFI a porté sur le cadre juridique et réglementaire luxembourgeois en général et sur le niveau d'adoption des 49 recommandations en particulier. Bilan: l'élève Luxembourg échoue lamentablement, avec une seule recommandation sur 49 entièrement respectée. Près de 80% des cotes sont seulement "Partiellement Conforme" ou "Non-Conforme." Une excellente analyse par Véronique Poujol, "Montée d'adrénaline" parue dans le Land du 12 février 2010, donc en amont de la publication du rapport du GAFI, fait état de l'alarme parmi les gardiens de la forteresse luxembourgeoise à la veille de la publication du rapport GAFI.

Le cancre Luxembourg, bien conscient de son impasse sur toute la ligne, avait soigneusement préparé une liste d'excuses, du genre: M'sieur, mon chien a avalé mon devoir à domicile. Ces excuses ont été publiées du tac au tac dès la minute de la publication du rapport GAFI, conjointement par les Ministères des Finances et de la Justice, une rare et spectaculaire efficacité administrative. Ainsi apprend-on qu'il y a du positif dans ce rapport, que certaines coopérations et circulaires n'ont pas été reconnues à leur juste valeur, qu'il y a eu des progrès depuis que le GAFI a pris cette photo instantanée du système luxembourgeois entre le 4 et le 15 mai 2009, et qu'en ce qui concerne les points négatifs le prof a coté sec.

La presse a repris ceci avec diligence et l'a aussitôt publié et aussitôt ignoré, comme s'il s'agissait d'une maladie honteuse que le consensus parmi le tout Luxembourg cherche à escamoter. Au passage l'un ou l'autre témoin glisse quelques excuses enfantines supplémentaires, comme le prof est un jaloux et l'élève Deutschland a aussi une Datz. Survient aussi ce don du ciel, distraction providentielle pour certains, confirmation du paradis pour blanchisseurs pour d'autres qu'est la nouvelle d'une razzia sur une conspiration mafieuse pour blanchir € 2 milliards. Pour les uns c'est le "voyez-vous que nos procédés LBC sont efficaces", pour les autres c'est "bien sûr, Luxembourg lave plus blanc."

Que faire? Si vous me demandez, il faudrait très vite prendre toutes les mesures législatives et réglementaires pour remédier aux carences détectées par le GAFI, et surtout les appliquer. Si vous demandez aux gouvernements voisins, ils sont choqués mais ils ne sont pas surpris de notre mauvaise note. Ils l'avaient bien dit. Si vous demandez au gouvernement luxembourgeois, il vous dit ceci dans son communiqué, (avec entre parenthèses et en italiques mes espiègles annotations aux affirmations malicieuses des gardiens) :

"Les points de critiques (injustifiés) du GAFI seront étudiés en détail (on va donc gagner du temps) et des pistes d’action seront dégagées (on trouvera bien des échappatoires et des contournements) pour garantir une meilleure efficacité (facile de faire mieux quand on part de zéro) du système luxembourgeois. Il est toutefois évident que la critique générale d’efficacité ne pourra pas être évaluée seulement par rapport à des mesures législatives et réglementaires (bien sûr que non, il faut surtout considérer que l'on ne les applique jamais).

Le gouvernement a toujours été convaincu de l’importance d’un (écran de fumée) niveau d’excellence, sur le plan professionnel et éthique, pour sa place financière (ce n'est pas "sa" place financière mais la nôtre, et il vient d'en être déclaré le gardien défaillant). Le gouvernement reste conscient de cette responsabilité, qui est mise en évidence tout particulièrement dans le contexte de la crise financière (comment ça?), et s’engage pour répondre de manière optimale à ces défis (par curiosité, essayez donc le contraire: la nullité professionnelle et la totale corruption - cette déclaration est vraiment superflue)."

Mes insertions dans ce communiqué gouvernemental vous semblent un peu dures et de parti pris? En effet, s'y lit l'impatience de quelqu'un qui souvent a mis en garde en répétant à qui voulait l'entendre, que le "système" dont parle le gouvernement est mal embarqué (2). C'est un système où la loi et le règlement sont façonnés par ceux auxquels ils s'appliquent, où les supervisés sont aux commandes des organes de supervision, où la loi est rarement appliquée dans toute son extension par laxisme et surtout faute de moyens, et où les sanctions n'ont pas de dents et sont pratiquement inexistantes. Si c'est un parti pris, le GAFI l'a pris aussi.

Ce ne serait pas étonnant que les mauvaises nouvelles soient une nouvelle fois balayées sous le tapis. Mais quel est le danger d'ignorer une nouvelle fois l'évidence? C'est évidemment de trainer éternellement dans le peloton des non-conformes et dans la défensive. Alors que gouverner, c'est prévoir, il faudrait non seulement être à jour avec ses obligations, mais anticiper pour parer aux problèmes émergents. Dont voici, en avertissement répété (2), le danger oh combien amplifié depuis cette semaine de se voir un jour soumis à des sanctions internationales par des pays comme les Etats-Unis ou la France!

Le modèle en est fourni par le projet de loi devant le Congrès américain. Ce sont deux initiatives du Sénateur Levin, d’ailleurs supportées par le Président Obama. Il y a le projet de loi « S 506 Stop Tax Haven Abuse Act”. Luxembourg y figure sur la liste des paradis fiscaux. Le récent accord sur la double imposition avec les Etats-Unis mettra-t-il le Luxembourg à l’abri ? Dans les rapports de gouvernement à gouvernement, il faut évaluer les possibilités, non pas les intentions. Nos récentes baffes européennes résonnent encore, et leurs sifflements dans les oreilles devraient rappeler cette leçon. Une initiative du Congrès américain, ce qui ne serait pas inhabituel, pourrait donc bien produire un texte final altéré avec des conséquences surprenantes et désagréables pour le Luxembourg. Il y a aussi le projet de loi «S 569 Incorporation Transparency and Law Enforcement Assistance Act” qu’il faudra suivre. Ces initiatives feront muer la notion de paradis fiscal en paradis fiscal, judiciaire et réglementaire. Le diagnostic pour être classé paradis judiciaire et réglementaire varie et est selon le cas: · l’absence ou l’insuffisance de réglementation · une supervision défaillante · trop peu de moyens d’investigation · l’absence de sanctions crédibles · l’absence de transparence · l’administration de la justice généralement trop lente, voire inexistante dans les cas de conflit ou de crime économique. Dans ce contexte, le rapport GAFI qui serait l'évaluation repère pour un tel classement, serait dévastateur. Le travail à fournir après des années de négligence, voire des constructions volontairement inadéquates, est homérique. Nos supervisions ont besoin d’être revues en ce qui concerne leurs responsabilités et les conflits d’intérêt. Puis il faudra élaguer les faiblesses implantées dans la législation par des lobbies. Quant aux sanctions, elles sont quasiment inexistantes tant en nombre qu’en envergure dit le rapport GAFI. Elles font de Luxembourg un centre financier statistiquement aberrant, c'est à dire un centre parfait au point d'être une exception impossible en comparaison internationale.

Certains estiment que près de 90% des faillites à Luxembourg sont frauduleuses. Or il n’y a pratiquement jamais de poursuites judiciaires. Les mêmes fraudeurs ont le loisir de recommencer. La grande majorité des institutions financières ne placent jamais de STR, ou rapport de soupçon. La Cellule de renseignement financier au Parquet, n’a qu’une poignée de personnel, six en tout, en aucun rapport avec l’envergure de la place et de ses risques. La Police Judiciaire est surchargée et manque de personnel face à la démesure du risque. Attendez-vous donc à savoir que le Luxembourg freinera encore une fois les nécessaires ajustements, qu’il y aura par la suite des nouvelles pressions et que des critères seront avancés par les "grands" selon lesquels une juridiction sera inscrite sur une liste des paradis judiciaires et réglementaires. Si cela se passait demain, nos chances seraient petites de ne pas nous retrouver sur cette liste qui sonnerait comme une liste d'escales d’une croisière aux Caraïbes. Cette fois-ci, sanctions internationales à la clé. Il faudrait qu'un jour on apprenne.

feierwon.blogspot.com

(1) Le rapport GAFI en ligne: http://www.fatf-gafi.org/document/13/0,3343,en_32250379_32236963_44655565_1_1_1_1,00.html

(2) Notes prélevées de: http://feierwon.blogspot.com/2009/05/luxembourg-les-dernieres-nouvelles-de.html

Thursday, February 25, 2010

Luxembourg - Shanghai

Vous alliez aux cours de langue luxembourgeoise ou chinoise? (Ce n'est pas pareil).
Lisez un monument de la littérature luxembourgeoise autour d'un monument national.

De Peckvillchen: Gëlle Fra géi nit a China

Wednesday, January 6, 2010

Cinquantième anniversaire du "Board of Industrial Development"




Un essai pour corriger un oubli


Le 29 octobre 1958, Monsieur Joe E. Gurley, citoyen américain résidant à Luxembourg, adressa une lettre au Gouvernement luxembourgeois dans laquelle il exhorta le Ministre de l'Economie de considérer une nouvelle politique économique. Il proposa de créer un groupe d'action qu'il appelait "Board of Industrial Development" ou "BID", ayant comme but d'attirer des investissements et des activités industrielles américaines à Luxembourg.

Son argumentation était qu'une diversification des activités industrielles luxembourgeoises était sans doute désirable, sinon nécessaire, et que les industriels américains, en cette année 1958, s'engouffraient dans le Marché Commun naissant. Joe Gurley, qui possédait l'art de la communication a utilisé par la suite l'argument massue qu'en fait il y a compétition entre pays du Benelux pour ramener des investisseurs américains en Europe, et que le score dans cette course était à ce moment là: Pays Bas 87, Belgique 38, Luxembourg 0.

Sa lettre est restée sans réponse.

Tout commencement est fragile

Joe Gurley, que j'ai bien connu 20 ans plus tard, a toujours été d'un optimisme à toute épreuve. Colonel de la US Air Force pendant la guerre et agent de la vénérable CIA, il faisait partie des dirigeants de "Luxembourg Airlines" fondée en 1948. Armé de son optimisme, il allait surtout ignorer le fait qu'on ignorait sa lettre. Il a multiplié les contacts à Luxembourg et aux Etats Unis pour rallier du support à son concept.

Dans une lettre datée du 30 décembre 1958 à Guill Konsbruck, directeur général adjoint d'Arbed, Joe Gurley mentionne l'intérêt que le Prince Félix, grand-père de l'actuel Grand-Duc, a exprimé pour voir son fils Charles jouer un rôle dans les activités de ce BID. Infatigable, Joe Gurley a consulté des organisations de développement économique à New York, au Mississippi, au Colorado et a cherché à inspirer les Ministres Paul Wilwertz, Joseph Bech, Victor Bodson, Pierre Werner et Henry Cravatte.

Le 14 janvier 1959, Joe Gurley remit une proposition écrite pour la mise en œuvre du BID. Le "Comité interministériel pour le développement économique," en place depuis des années, analysait cette proposition pour la création du BID favorablement. L'avis de la Chambre de Commerce était cependant très réservé. Cet avis du début de 1959 énumérait une liste de déficiences dans l'organisation du pays, les coûts de l'énergie et de la main d'œuvre, le système d'imposition, la situation géographique défavorable et en déduisait des réactions à priori négatives quant aux intentions des investisseurs américains confrontés à de tels obstacles. Une réaction somme toute en diapason avec la devise nationale. Cependant le directeur de la même Chambre de Commerce, Paul Weber, à l'époque avait emprunté le terme "monolithique" à la géologie pour décrire la prépondérance dangereuse de l'acier dans l'économie nationale, l'équivalent d'avoir "mis tous les œufs dans le même panier." C'était une reconnaissance implicite du besoin urgent de diversifier cette économie.

Le consensus

En ce début de 1959 Joe Gurley considérait le débat en cours comme réel signe d'encouragement, alors que ses premières lettres étaient restées sans réponse. Il s'est rendu à New York en février, pour chercher le renseignement, sinon l'aide de Chase Manhattan Bank, de First National City Bank de New York, du National Foreign Trade Council, de Manufaturers Trust Company, de Bankers Trust et de Belgian-American Bank.

A son retour de New York il a contacté le nouveau gouvernement issu des élections anticipées du 1er février 1959 et notamment Paul Elvinger, Ministre des Affaires économiques, auquel il adressa une lettre le 2 mars 1959. Le 20 mars, il délivrait un discours au Rotary Club de Luxembourg ayant comme sujet "American Investments in Luxembourg". Le visionnaire venait de porter le débat sur la place publique. La survie politique de l'idée était scellée.

Le démarrage

En avril, en un laps de temps infiniment petit comparé aux lenteurs des mois antérieurs, le BID est créé. L'urgence dictée par les difficultés dans les rares autres activités industrielles du pays, hors sidérurgie, ont certainement contribué à cette soudaine détermination. Les graves difficultés et finalement la fermeture du dernier bastion de l'industrie du cuir, la société Idéal à Wiltz, (production environ 500.000 m² de cuir en 1958, à 40% de capacité, 350 emplois) représente probablement l'électrochoc qui a fait naître le BID.

Le Prince Charles devient Président et Joe Gurley devient Directeur du BID. Dès le mois d'avril Joe Gurley prend possession d'un bureau au Consulat Général du Grand-Duché de Luxembourg à New York, 200 East, 42nd Street. Au Luxembourg, un certain nombre de personnalités font formellement partie du BID, mais en réalité ne sont jamais sollicitées. Les responsabilités y reposent sur le Ministre Paul Elvinger, Alphonse Schwinnen, Conseiller au Ministère des Affaires économiques et dans une moindre mesure sur Jules Hayot, Directeur de la Fédération des Industriels.

Les opérations

La chasse à l'investisseur est hautement compétitive, et secrète. C'est avec un clin d'œil que Joe Gurley a laissé derrière lui les traces qui montrent qu'il avait passé aux rayons X les opérations hollandaises et belges aux Etats Unis, personnel, documents, méthodes et procédures compris: un formidable raccourci dans la courbe d'apprentissage pour le Luxembourg.

Dès le début, une campagne fut lancée pour faire d'abord connaître l'existence du Luxembourg et pour entrer en contact avec les entreprises potentiellement intéressées à venir s'établir à Luxembourg. La brochure "Luxembourg, at the center of the Common Market, for your Industry", imprimée en 2.500 exemplaires, servait de support à cette campagne. Le bureau BID finissait par maintenir un fichier de 1.500 entreprises industrielles américaines. Les plus prometteuses faisaient l'objet de visites de prospection. Ainsi le Prince Charles s'est rendu aux Etats Unis pour trois séjours, du 13 septembre au 5 décembre 1959, puis en octobre 1960 et en octobre 1961 pour des visites avec Joe Gurley à Washington, Detroit, Chicago, Denver, San Francisco, Los Angeles, Kansas City et New York. La présence d'un membre d'une famille royale européenne dans ces années de "l'après Grace Kelly et Walt Disney" semble avoir été singulièrement efficace pour trouver porte ouverte dans les hautes sphères de l'industrie américaine, et particulièrement aussi auprès de la presse américaine.

L'action du BID pour faire connaître le Luxembourg comme endroit désirable a aussi eu un effet boomerang: l'endroit désirable a bel et bien dû mettre du make-up pour embellir les conditions d'accueil, le système des contributions et créer des aides à l'investissement. Les communes, telles que Steinsel, ont fait de grands efforts pour trouver des terrains industriels pour Bay State par exemple. Dans un rapport du 28 mars 1960 commandité par le Gouvernement, le bureau Gerbes, Kioes & Cie, fait l'analogie fleurie suivante: "Nous agissons comme un fleuriste qui dispose de belles fleurs dans son arrière-boutique, mais qui ne consent pas à en faire un bouquet pour l'exposer dans sa vitrine." Ce fut chose faite avec le passage de la loi-cadre d'expansion économique du 2 juin 1962.

La fin

L'histoire du BID se termine là, au 31 décembre 1961, abruptement. Le BID, au bout de trois ans à peine, était devenu victime de son succès. L'initiative de Joe Gurley a marqué un tournant dans l'histoire économique du Luxembourg. Ses succès, énumérés ci-dessous donnent la raison de cette dissolution, qui se résume par une entête dans le New York Herald Tribune du 12 février 1964: "One unemployed worker in all the duchy". C'était le problème invoqué, surtout par l'Arbed, pour terminer le BID en 1961: qu'il n'y avait plus de main d'œuvre et que les taux des salaires iraient en s'envolant. Cette vue, vigoureusement contestée par Joe Gurley dans un discours au Rotary le 8 décembre 1961 était cependant sans appel. Le monolithe avait parlé.

Treize ans plus tard, ironie de l'histoire, le monolithe s'éclatait en mille morceaux, nous laissant une "Division Anti-Crise" ou DAC financée par nos impôts. C'était aussi le cri au secours pour réinstaurer un "Board of Economic Development" ou BED en 1975, présidé par le Grand-Duc héritier Henri. L'histoire se répète.

Les résultats

Il est vrai que pendant son opération sur trois ans, le BID a eu des succès immédiats, et d'autres, les procédures de décision prenant du temps , dans les années suivantes. Voici, selon STATEC, les principales nouvelles implantations étrangères qu'il y a eues par année de constitution: Yates, Wiltz (60), Eurofloor - American Biltrite, Wiltz (61), ALCUILUX, Clervaux (61), Bay State Abrasives, Steinsel (61), No-Nail Boxes, Warken (61), Cleveland Crane & Engineering (62), Commercial Hydraulics, Diekirch (62), Texas Refinery, Echternach (62), Du Pont de Nemours, Contern (62), Norton, Bascharage (63), Monsanto, Echternach (63), P. Lorillard, Ettelbruck (63), Uniroyal, Steinfort (65), Eurocast, Grevenmacher (66), Morganite, Windhof (67), Continental Alloys, Dommeldange (69), GM, Bascharage (70). En tout plusieurs milliers d'emplois en 10 ans. Le budget du BID était de $45.000 pour ses trois années d'opération, donc probablement moins de $15 par emploi créé.

La vision de Joe Gurley a imprégné par la suite les politiques économiques de tous les gouvernements luxembourgeois. Ses méthodes sont toujours d'application et sans doute applicables universellement. Son œuvre innovatrice est de la trempe de la SES poussée par Pierre Werner ou du pavillon maritime luxembourgeois mené à bonne fin par Robert Goebbels.

Joe Gurley est décédé à son domicile à Youngstown, dans l'Etat du Ohio, le 9 janvier 2003. C'était un grand ami et bienfaiteur du Luxembourg.

Le cinquantième anniversaire de la création du BID était l'année passée.


Extrait de la brochure du BID de 1959


De g. à d. Joe Gurley, "the kids" et le Prince Charles de
Luxembourg en visite à Chicago in 1959


Joe Gurley, récipiendaire du titre de Commandeur dans
l'Ordre Adolphe de Nassau, entouré de sa femme "Chirpie",
Egide Thein, Paul Powers, CEO de Commercial Intertech
Ambassadeur Berns et Mme Powers. ca. 1994

Egide Thein

egidethein.blogspot.com

feierwon.blogspot.com

Friday, December 18, 2009

Copenhague 2009


"C'est mon chant qui fait se lever le soleil tous les matins." (Le coq Chantecler)



Au sujet de Copenhague 2009, nous pensons savoir trois choses pour sûr:


La grande réunion des Nations Unies sur le réchauffement climatique se déroule actuellement à Copenhague, par un froid de canard.

Le monde presqu'entier est au diapason pour mettre le blâme du réchauffement climatique, science à l'appui, sur les pays riches qui polluent la planète en libérant des gaz à effet de serre, surtout le CO2 en quantités dangereuses.

Les pays pauvres demandent que ceux-là réparent "l'injustice climatique" qui leur a été infligée. C'est à dire les pollueurs-payeurs payent et réduisent leur empreinte carbone. Les chiffres avancés sont astronomiques.

Nous n'avons pas hérité le monde de nos parents, nous l'avons emprunté de nos enfants.

Pour commencer, je ferai volontiers mienne cette sagesse issue de la culture de la Nation Indienne Haida dans le Nord-Ouest Canadien. En préambule, pour noter mon attachement à ma planète. Et je pratique ce que je prône en jetant papiers, verres et plastiques dans des poubelles séparées. Je roule aussi en voiture hybride, je mange de l'organique et j'ai renoncé à ma participation à la grande réunion de Copenhague pour réduire mon empreinte carbonique. Je suis donc un environnementaliste modèle, et pourtant, j'aimerais tellement qu'on m'ôte d'un doute.

Un doute affreux s'empare de nous.

Au commencement le doute jaillit comme une intuition. Jadis, quand il faisait beau et chaud, nous savions que le soleil réchauffait la Terre et en même temps les cœurs. Aujourd'hui dit-on, c'est l'irresponsable comportement humain qui réchauffe la Terre, et en même temps chauffe les esprits. Jadis, c'était gratuit. Aujourd'hui nous devrons payer.

Mon intuition me dit aussi qu'il doit y avoir erreur. Rappelez-vous les blagues absurdes de notre enfance: L'éléphant et la souris traversent le désert. Et la souris dit: "Regarde derrière nous Jumbo, la poussière que nous soulevons!"

Transposé au cas du réchauffement climatique, je devrais dire à mon copain le soleil: " T'as remarqué Soleil, combien nous réchauffons la Terre?" Il est en effet contre-intuitif de penser que je fais une quelconque différence à côté du soleil pour chauffer la Terre. Ou que c'est Chantecler qui fait que le soleil se lève tous les matins. Mais en osant proférer cela, voilà que déjà les gardiens du temple sortent de partout pour m'administrer une séance de rééducation:

La science est bien établie et définitive!

On ne discute plus! Il faut agir maintenant! L'Arctique sera sans glace estivale dans 5 ans nous dit l'ancien Vice-président Al Gore, Prix Nobel de la prévision météo pour 2014 donc. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l'ONU a stigmatisé le CO2, ce gaz que nous expirons, comme l'ennemi de la race humaine. Nous sommes donc notre pire ennemi. Un enfant par femme suffît maintenant! Le Président du GIEC, qui est végétarien, trouve à redire que nous mangions des hamburgers, car il faut des vaches pour cela, donc des prés, donc déboiser. Cela n'est pas fini: ces vaches ruminent et ont de ces mémorables flatulences qui vous décoiffent et qui contribuent 20% (!) du méthane, CH4, cet autre gaz à effet de serre. Je ne mangerai plus jamais de hamburger ........ sans penser au Président du GIEC.

Mais il ya des voix qui se lèvent pour mettre en doute les travaux d'une organisation internationale qui semble pratiquer une science de plus en plus militante. Les données empiriques qu'elle recueille sont-elles un peu manipulées pour justifier à posteriori leurs prévisions antérieures? Je voudrais savoir pour quelle raison tant de certitude est affichée par le GIEC que la science est définitive. Pour être certain montrez moi.

Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement.

Force est de constater qu'il ya un certain obscurcissement et une arrogance scientifique quant au travail de ce groupe en ce qui concerne l'éducation du public. Les dogmes et les fatwas émis par le GIEC ne servent pas à me rassurer. Leur support militant se résume souvent à des slogans, des logos, des prières, des lance-pierres et des incendies volontaires. Ce qui est alors 100% émotionnel et 0% scientifique. Cette hystérie nuit au mouvement. Je voudrais entendre plus sur la science et moins sur les slogans. Chers membres du Club des GIEC, n'ayez pas peur de m'expliquer la science, j'essayerai de comprendre. Mais en attendant je reste sceptique.

Au fil de ma carrière j'ai vu des calculs aussi compliqués que les formules de l'artilleur qui sont un amalgame de mathématiques, chimie, mécanique, physique et de dynamique des fluides. Voici une confidence: même avec ces calculs savants aux nombreuses variables connues, il est pratiquement impossible d'atteindre une cible sur une distance de quelques km seulement, sans l'aide empirique d'un observateur avancé. Je serais très intéressé de savoir comment vous faites, pour établir votre certitude que la science est bien définitive, que vos cibles seront atteintes, alors que le nombre de variables est un large multiple de celles entrant dans les formules de l'artilleur. Certaines variables ne sont probablement pas encore humainement compréhensibles. N'oubliez pas que Galilée a voulu mettre en question la science bien définitive de ses juges, mais le "consensus" était plus fort.

Je sais que vous travaillez sur des modèles. Combien de paramètres arbitraires avez-vous établi à priori? Habitant en Floride, je regarde de temps en temps dans l'œil du cyclone. Malgré le fait que l'ouragan est un phénomène énorme mais très bien étudié, il est limité dans l'espace avec des variables bien connues. Mais personne ne peut répondre à cette question cruciale quelques jours en avance: à quel endroit et avec quelle force cette tempête va-t-elle toucher terre? Vous en seriez capables me semble-t-il?

D'ailleurs, si vous avez raison, j'accepterais la certitude avec soulagement. Reste cependant à me montrer quelle température globale est idéale pour notre planète. Est-ce 14 degrés C, et pourquoi pas 17? Vous ne parlez que de conséquences catastrophiques. Y en a-t-il des bonnes? Qu'est ce qui est mauvais avec l'image de palmiers au Kirchberg? Cela ferait bien plus offshore.

Et si les modèles du GIEC étaient irréalistes?

Je pense qu'une vingtaine de modèles sont considérés par le GIEC, tous avec un grand nombre de présomptions plus ou moins arbitraires au départ. Il apparait qu'une présomption capitale, le réchauffement linéaire allant de pair avec un accroissement linéaire du dioxyde de carbone, n'ait pas eu exactement une confirmation empirique dans la dernière décade, comme révélé par un incident de "hacking" appelé ici "Climategate". Se pourrait-il que le consensus autour du réchauffement soit du "group-think"? Et si dans une génération ou deux les résultats empiriques révèlent que notre époque avait produit des prévisions climatiques absurdes et non-fondées? La fin du monde a souvent été exagérée dans le passé. C'est une chose d'être ridicule, il en est une autre, pire, c'est de devoir payer pour être ridicule.

La guerre contre le dioxyde de carbone.

Il serait folie de nier que les températures changent c.à.d. montent ou descendent. Je serai le dernier à nier une évidence. Mais dire que c'est l'homme qui, produisant du dioxyde de carbone, en est la raison principale demande une bonne démonstration. Ce qui est un fait mesurable est la démesure de l'hystérie collective, qui prend l'allure d'une religion, complète avec peur de la fin du monde, un péché originel de l'homme de l'hémisphère Nord qui doit réparation au Sud pour injustice climatique et qui doit se repentir en payant des centaines de milliards de dollars. Même les religions millénaires se cramponnent et se couvrent du petit manteau alarmiste du GIEC.

C'est une belle histoire de dollars

Nous y voilà, aux dollars. Certains disent que le consensus scientifique est porté par cette évidence: cela paye bien. Le confort de beaucoup de militants est ainsi assuré. Mais il me vient à l'esprit cet autre mécanisme, actuellement pomme de discorde entre Nord et Sud à Copenhague: non pas s'il y a payements, mais combien. Les pays présumés récipiendaires ont même quitté une réunion hier sous protestation. C'est comme si nos enfants boycottaient St Nicolas.

J'ai eu le privilège en 1991 d'occuper la fonction de porte parole des Communautés Européennes à l'Assemblée Générale des Nations Unies pour une réorganisation de l'ONU dans les domaines économique et social. De cet observatoire unique, j'avais conclu que les aides au développement des pays "en voie de développement" depuis 50 ans vont dans un puits sans fond. Et de conclure que pour certains, le plus ardent désir était de pouvoir un jour, dans le cadre de l'ONU, mettre la main sur la caisse de la Banque Mondiale par simple vote majoritaire. Vingt ans après on y est presque. Pensez à cette situation: Copenhague sera le quatrième programme d'aide pour en somme toujours la même catégorie de pays dirigés par des gouvernements échoués. Les trois autres programmes étant l'aide privée des ONG, l'aide dans le cadre du programme Millénaire du développement de l'ONU et les opérations de maintien de la paix. Et oui, ce sont souvent les mêmes clients. En attendant, plus d'un milliard d'êtres humains n'ont toujours pas d'eau potable. Quand mettra-t-on ces récipiendaires à l'épreuve, sous protectorat de l'ONU, avec expectations et critères de réussite à la clé?

Conclusions pour le Luxembourg

Par les temps qui courent notre monde politique suit le trend, va à Copenhague, dépense un petit paquet et sauve le monde. C'est compréhensible, c'est là que se trouvent les voix électorales. Cela n'aide pas à établir ou à confirmer la vérité scientifique. Qu'importe, car on peut par contre être très pragmatique: je propose que le Luxembourg, en catimini, approche les deux grands "carbon trade" brokers qui sont Cantor Fitzgerald à New York et ECO Securities à Londres pour attirer ces activités à Luxembourg. L'après Copenhague risque de faire exploser ce secteur des finances. En faisant semblant d'y croire, c'est une belle niche et c'est du bon business.

Egide Thein

Saturday, November 21, 2009

Luxembourg: Une Leçon de Démocratie qui Sauvera la Démocratie, II

L'on se rappelle de ce navrant incident, quand le Luxembourg officiel, fomenté par les intérêts de la place financière, a eu une hyper-réaction à propos d'une étude commandée par le Cercle de Coopération des ONG luxembourgeoises. L'étude portait sur le sujet de l'argent illégitime du tiers monde qui se trouverait au Luxembourg. Le Gouvernement, stressé par des mois de résistance futile à l'OECD, a perdu les nerfs, et ayant trouvé sous sa main plus petit que soi, il n'a pas raté cette cible facile en lui refilant une sérieuse muselière. J'ai eu mon propre sursaut en voyant cette dérive effrayante de ce que nous sommes et avons toujours été: des gens pondérés et raisonnés. Et j'avais publié une tribune sur le sujet le 8 septembre dernier:


http://feierwon.blogspot.com/2009/09/luxembourg-une-lecon-de-democratie-qui.html

Le 27 octobre, il apparaît, a eu lieu un débat à Luxembourg réunissant d'un côté les intérêts de la place financière et de l'autre côté les ONG, le tout à l'initiative d'Etika. Selon des articles de presse, c'était un dialogue de sourds. Dans ce débat de sourds, force est de constater que le Luxembourg officiel, égaré un moment sur les pentes de l'intolérance, a retrouvé un peu de sa contenance en acceptant de s'asseoir autour d'une même table avec les ONG. Il manquait toutefois le mystérieux personnage qui avait fait le chantage aux subsides des ONG, et il manquait le Professeur Rainer Falk, auteur de l'étude contestée. Dommage.


En prenant connaissance du détail du dialogue, j'arrive néanmoins à la conclusion que le dialogue n'était pas seulement un dialogue de sourds, mais aussi d'aveugles: d'un côté la place financière, sourde, car n'est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. De l'autre côté les ONG, aveugles, ne sachant pas voir ce que le secret bancaire leur cache et que les gardiens du secret leur reprochent de ne pas avoir vu. Ceux-là diront que le problème soulevé par les ONG est minime. Mais comment argumenter quand on ne peut pas voir et vérifier les faits? La fraude de Madoff à Luxembourg est qualifiée de minime aussi, moins de 0,5% des dépôts dans les fonds. Mais cela faisait des milliards...


Ainsi la discussion s'est surtout distinguée par des monologues, avec une rare et pétillante exception: Lucien Thiel, qu'il ne faut pas présenter, a hypothétiquement qualifié les ONG de receleurs, alors qu'elles sont subsidiées par le Budget de l'Etat qui, étant alimenté par les recettes du centre financier, redistribuerait ainsi aussi de l'argent sale qui forcément devrait s'y retrouver. Richard Graf, Président d'Action Solidarité Tiers Monde, quelqu'un qu'il faudrait mieux présenter, a répondu qu'en effet en c e cas les ONG, tel que Robin des Bois, rendaient tout simplement l'argent volé à ceux à qui il avait été volé. Cette répartie de Monsieur Graf caractérise ce débat. Elle place les ONG sur le haut du pavé moral, et le côté place financière en défensive, encore une fois, et inutilement. La défense acharnée de la place financière vaut la peine sur les fronts principaux. Elle gaspille ses ressources, elle joue sa réputation et elle perdra de toute façon ses batailles dans lesquelles la cause opposée est plus juste et plus noble.


En fait les ONG ne doivent pas être si aveugles que ça quand il s'agit de retourner l'argent volé à des populations misérables. Il est fort probable en effet qu'elles retournent ainsi une petite partie de l'argent subtilisé aux pauvres par:

· les kleptocrates du monde qui éternellement président un "en voie de développement éternel"

· les corrompus de tout horizon, car il en faut deux pour danser le tango

· les artistes du "transfer pricing"

· les évadés fiscaux professionnels et globaux

Mais si je comprends bien, cette réunion était une première, et une bonne occasion de se "tâter". La défense du centre financier est certainement une nécessité dans le monde qui nous entoure. Nier en bloc une quelconque exposition à de l'argent sale n'est par contre pas crédible. La place financière luxembourgeoise est comme toute autre place exposée à l'argent sale, et à l'argent douteux. Cela se produit tous les jours, avec la connaissance et des fois à l'insu des opérateurs. Vouloir nier ces faits sonne comme une bonne invitation pour attirer plus d'argent qui voudrait se cacher. Par contre, reconnaitre le problème et montrer comment le Luxembourg s'y prend pour y mettre fin, sanctions sévères à l'appui, servirait notre cause de façon unique


L'action récente des ONG pourrait en ce sens être construite tout aussi bien comme une opportunité plutôt qu'un agacement pour la place, un acquiescement que les problèmes existent, et que l'on veut les attaquer de concert avec le bénévolat des ONG. Pourquoi le Gouvernement ne devrait-il qu'écouter les conseils intéressés des professionnels des "Big Four" et autres firmes d'avocats, quand il s'agit d'agencer le devenir du centre financier? Le moment est peut-être arrivé d'intégrer les idées des ONG dans le processus de réflexion, et de gentiment corriger les erreurs de calcul qu'il pourrait y avoir dans leurs études et estimations d'aveugles. Les ONG pourraient ainsi appuyer la dimension politique de l'aide au développement. Politique au sens profond du terme, pour orienter une action durable. En ignorant les critiques des ONG, le Gouvernement se confine à une aide au tiers monde qui risque d'être perçue ou bien comme charité paternaliste, ou bien comme une exhibition vaniteuse de nouveaux-riches ou pire, un réflexe de mauvaise conscience vis-à-vis de Robin des Bois. Les ONG, pas si aveugles que ça sur leurs terrains d'action, sont des éclaireurs bien utiles pour marquer les cibles d'une aide durable, et pour dévoiler les voyous et les pratiques qui contrecarrent leurs efforts.


Au passage, j'égratigne volontiers l'un des slogans défensifs lassants, au service d'une défense orchestrée de la place financière, mais mal guidée. Ce slogan n'émerveille que ceux qui le lancent, pas ceux qui l'écoutent, car il est né de reflexes égocentriques. Il s'agit de ce slogan proféré à outrance, qu'en levant le voile du secret bancaire à Luxembourg, les capitaux parqués à Luxembourg, s'enfuiraient vers Singapour. Drôle de réponse à ceux qui veulent empêcher la fuite des capitaux du Sud vers le Nord et qui pensent que le Luxembourg se trouve bien dans le Nord et est bien un réceptacle important de cette fuite des capitaux du tiers monde. Nous sommes donc pour et contre la fuite des capitaux. Cela dépend de la direction de la fuite.


Au moment où les "statistiques" de l'ONU parlent d'un milliard d'humains qui souffrent de la faim et que des délégués "de haut niveau" de la FAO, comme Mugabe, festoient à Rome, au moment où le Luxembourg brigue un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU pour changer le monde, pourquoi ne pas changer le monde chez soi, et cesser d'ignorer les effets pervers des causes que les ONG identifient tous les jours comme étant les vrais obstacles au progrès du tiers monde. Et de faire de ces ONG si embêtants des alliés pour changer le monde, une capacité que ces ONG, par ADA entreposée, ont d'ailleurs démontrée en étant les champions de la micro finance. C'est sans doute ce potentiel de collaboration, qui une fois reconnu, serait la conclusion positive de cette table ronde qui a remis au moins quelques principes démocratiques sur les rails.


Il est en effet grotesque et suprêmement suspicieux de voir le Luxembourg s'acharner à être le champion du monde de l'aide au tiers monde, mais de n'accepter, ce faisant, que de traiter les symptômes. Volontairement ignorer les causes profondes de la misère dans les pays "en voie de développement" telles que le vol, la corruption, la fuite des capitaux et l'évasion fiscale, et de certifier que le Luxembourg n'y joue aucun rôle, est intellectuellement insupportable.

Egide Thein

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Friday, November 20, 2009

De Peckvillchen: Maybolli, hors série

Eng de'ifgreifend Analyse.

De Peckvillchen: Maybolli, hors série

Egide Thein