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Saturday, June 16, 2012

Luxembourg: Juncker restera chef de l'Eurogroup, rapporte la Wirtschaftswoche.


Bloomberg a rapporté des nouvelles de Wirtschaftswoche, selon lesquelles Juncker resterait président de l'Eurogroupe, ET Yves Mersch, le banquier central du Luxembourg, rejoindrait le Comité Exécutif de la BCE.

Si cette nouvelle est confirmée, elle révèle les excellentes compétences de Juncker pour manœuvrer dans les allées du pouvoir non-élu  de l'Union Européenne. Il a longtemps prétendu ne plus être candidat au poste de président de l'Eurogroupe tout en laissant planer l'ambiguïté.  Puis il était un des volontaires pour énoncer des règles selon lesquelles se ferait le choix d'un successeur, telles que: être un ancien chef de gouvernement, se concentrer uniquement sur cette présidence sans cumul avec des fonctions nationales. Puis renversement: il est désirable que la personne choisie cumule la présidence avec une fonction nationale. Dans la suite il eut quelques propositions osées pour neutraliser certains candidats possibles comme Monti, qui a dit non, ouf! Et puis Schäuble, qui lui n'est pas chef de gouvernement, ou un obscure Finlandais, trop périphérique. L' Italie et l'Allemagne (connivente?) ainsi neutralisées, Juncker avait mis sur pied une visite presque impromptue chez M. Hollande à peine des minutes après son  élection comme président de la France. Pour les observateurs avertis, ce fut une dernière preuve claire que Juncker avait joué la partition du renard de la Fontaine qui soit allait attraper le raisin, soit prétendre que les raisins étaient trop sûres. Au contraire de la fable, le renard aurait donc gagné ses raisins.

Qui plus est, M. Juncker avait déclaré qu'il préférerait se concentrer sur son travail en tant que Premier Ministre du Luxembourg, prendre du temps pour lui-même. Le cumul de deux emplois comme celui de président de l'Eurogroupe et de Premier Ministre ne serait pas réaliste. Cette notion s'est modifiée plus récemment en son contraire, comme quelque chose qui tout d'un coup serait  redevenu hautement souhaitable, et que M. Euro devrait également être un ministre national des Finances, ce qu'il est. Cumul ou non?  Le moment est au status quo. M. Frieden, son successeur in petto en tant que Premier Ministre du Luxembourg, garde les doigts croisés.

Si tout cela est vrai, c'est une belle réussite pour Juncker dans les méandres et manigances des politiques politiciennes européennes. Le succès serait d'autant plus grand, si M. Mersch accède au Comité Exécutif de la BCE. Il a toujours été supposé que si Juncker  était reconduit comme Monsieur Euro, cela empêcherait Yves Mersch d'être nommé au Conseil exécutif de la BCE. Deux nominations luxembourgeoises, ce serait trop. Mais selon Wirtschaftswoche, le Luxembourg serait en train d'obtenir les deux premiers prix!

Peu importe que nous ne battions même pas Malte au football. Nous sommes quand-même champions: nous fournissons deux sheriffs de la finance européenne. Pas étonnant que vous veuillez confier vos sous à des banques luxembourgeoises. 

Sunday, May 6, 2012

Nicolas Sarkozy, Président de l'Eurogroupe?


On dit que les dés sont tombés. François Hollande sera  le nouveau Président de la République.

Juste une pensée: rappelez-vous du poste de Monsieur Euro, le Président de l'Eurogroupe, formé par ces nations qui ont eu le privilège douteux d'adopter l'Euro. Le plus grand désastre politico-économique de la construction européenne.

Il fut un temps, il y a quelques semaines, que Jean-Claude Juncker, Premier Ministre luxembourgeois à temps partiel et principalement Président de l'Eurogroupe, avait fait l'appréciation de ses chances de se succéder à soi-même. Elles ne semblaient pas bonnes, et donc il fallait les améliorer: s'il lui fallait un successeur, son successeur ne pouvait être qu'un ancien chef de gouvernement. Mais voilà: cela réduisait le pool à essentiellement lui-même et puis .....

Pendant ce temps-là, chez lui en France, Nicolas Sarkozy faisait aussi une appréciation sur ses chances de se succéder à lui-même. Elles ne semblaient pas bonnes, et si par hasard ......

Donc, fut-il décidé, on ne décide de rien avant les élections françaises. Pas de Monsieur Euro, pas de nouveaux à la BCE.

Car enfin il est difficile de quitter l'Elysée pour Neuilly ou la Corrèze selon le cas. J'ai une idée à laquelle manifestement personne, je dis personne, n'a jamais, au grand jamais pensé: pour satisfaire à la condition de voir un ancien chef de gouvernement succéder à Jean-Claude Juncker comme Président de l'Eurogroupe, il n'y a qu'à:

Il n'y a qu'à choisir le Kozy de Merkozy. L'axe personnel Berlin-Paris sera préservé, le Président Hollande s'accommodera  de cette présidence "shadow" car exilée à Bruxelles. Monsieur Juncker pourra enfin poursuivre son rêve d'être Premier Ministre du Grand-Duché de Luxembourg. Et Yves Mersch, seul luxembourgeois restant en course pour une nomination européenne rejoindra la BCE. Tout le monde devrait être content?!

On comprendra en ce cas que Monsieur Schäuble ait un peu d'amertume qu'on l'ait fait mousser. Mais il n'était pas chef de gouvernement. Et puis, tout ce qui précède n'est que pure spéculation. C'était pour avancer le schmilblick.