Friday, June 14, 2013

Un certificat médical pour une gueule de bois?

    Question de longueur d'onde. Photo ET

Un certificat médical pour une gueule de bois?


Après le vote de confiance .....

Comment expliquer, quand on ressent le besoin de devoir s'expliquer? Cours rapide pour débutants en cinq phrases clés:

"Je n'ai brulé le Stop qu'un tout petit peu"
"Je ne suis enceinte qu'un tout petit peu"
"Dien Heien drénkt naïscht"
"On fera mieux la prochaine fois"
"Elo gëtt et geschwënn eng op den Popo!"



Thursday, June 13, 2013

Un vote de confiance qui déjà règle le résultat des élections de 2014


































Percez le brouillard de 2014. Photo ET


Un vote de confiance qui déjà règle le résultat des élections de 2014

Le vote de confiance qui a eu lieu aujourd'hui  a eu deux résultats. Le premier est qu'il n'y aura pas d'élections anticipées. Curieusement les positions prises aujourd'hui précipitent les résultats  des élections de 2014 avec plus de certitude que ne l'auraient fait des élections anticipées, de loin plus incertaines. En effet les équations émotionnelles et politiques sont établies pour les résultats de 2014. Vous ne voyez pas? Analysez !


Ce vote aura fait autre chose. Il consacre la culture politique qui était la base de discussion aujourd'hui. Il n'y a pas eu purge.  Les affaires prolongées continueront à déstabiliser l'atmosphère du pays.




Tuesday, June 11, 2013

PwC en damage control sur le Cargolux damage control

    Pas besoin de se voiler la face. Ce qui est fait, est fait. Photo ET


PwC  a distribué un communiqué de Presse à propos du Rapport Cargolux rendu public la semaine passée. Le fait même de recourir à ce genre de communiqué, est une preuve d'embarras, et on comprend.

Comme dans tout damage control on est prisonnier de la première règle qui dit que "l'on ne peut pas défaire ce qui a été fait", il aurait valu mieux ne pas faire de communiqué, sinon un très court qui aurait exprimé les regrets que PwC ait mis les pieds dans cette affaire. Il fallait en effet refuser une telle mission impossible, tellement le danger d'être compromis  était grand dès le départ. Je ne sais d'ailleurs pas si le sujet est un domaine d'expertise de PwC, qui prenait un risque inutile.


Toutes les autres explications sont aléatoires, y inclus le prix. Je n'aurais même pas été surpris de voir un chiffre supérieur, si en effet plus de mille pages de documents devaient être analysées et 24 interviews collectés, sachant que les heures facturées pourraient se chiffrer à des centaines d'euros pas heure.

Friday, June 7, 2013

Le rapport Cargolux est de la grande littérature

    Lissez les vagues. Golfe du Mexique. Photo ET

Le rapport Cargolux est de la grande littérature

Read this in English here!

Il est dit que c'est le vainqueur qui écrit l' Histoire quand la guerre est finie. Je dirais de même que c'est celui qui paye pour un rapport "indépendant", qui écrit l'Histoire. Monsieur Frieden a payé €200.000 pour son rapport. Le produit qu'on vient de découvrir est effectivement celui que le gouvernement voulait. Le client est satisfait. Mais ce n'est pas une enquête, encore moins une enquête judiciaire, c'est sans doute un exercice de "damage control" et aussi de l'Histoire-fiction.

1. Le rapport est un conte des 1001 nuits

C'est une belle histoire cousue de fil blanc, où les éléments bien connus du passé de Cargolux, disparates et désordonnés, sont tissés ensemble en un seul tapis bien lissé. Une partie de la fiction voudrait prétendre que: une équipe Cargolux-gouvernement, soudée, motivée, sous pression de Bruxelles pour accepter un autre actionnaire, a identifié Qatar Airways comme LE partenaire stratégique idéal pour Cargolux.  Grâce aux talents supérieurs de négociateur de Monsieur Frieden, ce gros poisson a finalement pu être tiré à bord en 2011, contre toute attente. Les autres parties de la fiction sont les embellies sur les éléments sous suspicion depuis toujours:  la notion de partenaire stratégique et la justification de la sortie privilégiée de BIP de l'actionnariat.

En ce qui concerne le choix de Qatar Airways comme meilleur partenaire stratégique, le terme "à l'époque" est utilisé. C'est sans doute pour excuser l'échec rapide et scandaleux de la stratégie qui n'était géniale "qu'à l'époque". Or une stratégie n'a rien de ponctuel ni dans l'espace ni le temps. C'est un plan bien réfléchi pour le long terme. La stratégie du partenariat avec Qatar Airways a foiré, parce qu'elle n'était bonne à aucun moment. Qui sont les stratèges derrière la décision de Cargolux de s'engager de la sorte? Juste pour être sûr de ne jamais les recommander à personne.

La sortie en toute beauté du groupe BIP de l'actionnariat de Cargolux devient elle un conte de fées révisé: dans cette transaction à géométrie variable, les actions privilégiées de BIP et de Luxavantage bénéficiaient d'une plus-value de 40%. C'était expliqué dans le temps par un dividende dont seules BIP et Luxavantage bénéficiaient. Une opération qu'il n'est pas facile de justifier. Nouvelle explication: en sortant de l'actionnariat, ces investisseurs de longue date allaient être privés des fantastiques plus-values que l'arrivée de Qatar Airways allait procurer à Cargolux. En d'autres mots, ces actionnaires devaient être payés plus, car sur base des projections (utopiques), l'actionnaire qui se retire perd sa part des futurs profits et a donc un manque à gagner. Il faut donc le compenser! Le Luxembourg a inventé une nouvelle forme d'investissement: l'investissement zéro, donc à risque zéro dans une affaire dont on dit qu'elle  peut rapporter gros. On sera donc immédiatement dédommagé pour son futur manque à gagner!

Ce que le rapport ne dit pas au sujet de BIP, car cela dépasse l'imagination et l'ampleur de la mission, c'est qu' il ne fallait même pas absolument que d'autres vendent 35% de leurs actions à QR. Ce n'était même pas désirable. La logique aurait voulu qu'on crée des nouvelles actions pour Qatar Airways, représentant les 35% convoitées. Tous les actionnaires existants auraient été dilués. La trésorerie de Cargolux se serait améliorée de $117,5 millions, offrant ainsi un vrai bénéfice à la société. Et si par la suite BIP trouvait un autre repreneur extérieur pour ses actions, sans recourir au grand écart qu'on a vu, c'était plus propre.  Et en partant, BIP renonçait aux fantastiques gains futurs, sans compensation. J'étais étonné de l'omission de cette alternative de la part d'un Big Four, mais il est vrai que l'exécution photographique du rapport demandée ne pouvait capter ce qui n'a jamais été envisagé par le client.  

Le grand mystère qui n'a pas été éclairé par les feux du rapport est de savoir comment et par qui 35% de Cargolux ont été valorisées à $135 millions, un montant ridiculement bas. Les stratèges d'avant?

Puis il y a la méchante sorcière de Bruxelles, la Commission, qui met le gouvernement luxembourgeois sous pression, car il pourrait être accusé de subsidier Cargolux. Pourrait-on ignorer ces "pressions"? Je le ferais sans hésitation, tant que tellement de règles européennes sont ignorées par la France, l'Allemagne et les autres, comme par exemple en ce qui concerne les déficits budgétaires et bien d'autres règles effectivement caduques. Sans ignorer qu'un autre gouvernement, celui du Qatar, peut s'accaparer la BIL à 90% et la KBL à 100%. Par contre, le gouvernement luxembourgeois ne pourrait pas sauver une de ses  activités économiques essentielles? La subsidiarité européenne laisse à désirer.

2. Le rapport est un exercice en "damage control"

 En tous cas, c'est une tentative de damage control. Pour être efficace, il eut fallu se plier à quelques règles de l'art.

La première règle est que l'on ne peut pas défaire ce qui était fait, on ne peut pas faire marche arrière. Le rapport est par contre une démarche en ce sens, et descriptive révisionniste plutôt qu'analytique. Le rapport peint une nouvelle image syncrétique de l'idylle Cargolux, décrivant un paysage plaisant, sans trop analyser les détails. Tenez, cela ressemble à l'impressionisme!  Et d'arriver à une conclusion superficielle, impressionniste aussi, sans analyse ni contradiction, que l'affaire Cargolux était rondement menée dans l'intérêt de tous. Tout plane.

Cela enfreint une autre règle: éviter de tomber dans le piège de l'arrogance. Nous y sommes en plein: voici un rapport, maintenant passons outre. L'arrogance met la scène pour violer une autre règle: l'obstruction est pire que les faits. Cacher des choses et effacer les traces n'est pas une bonne idée. Souvent cette attitude se révèle plus coûteuse et dangereuse que de présenter les faits ouvertement, tous les faits à la fois, tels qu'ils se sont produits. Car la vérité finira par prévaloir. N'oublions pas qu'à l'origine de ce rapport il y avait des sérieuses questions sur la genèse des relations avec Qatar Airways. Si la perception reste que le public n'a pas reçu toutes les informations en toute franchise, le damage control sera perçu comme une opération d'obscuration.

Cependant l'opération mérite quelque respect pour la mise en scène d'une diversion. Il faut honorer le beau geste. Au moment de la présentation du rapport on donnait également la nouvelle de la vaillante riposte du gouvernement luxembourgeois contre la recommandation de Commission européenne (encore elle), d'introduire un péage sur les autoroutes luxembourgeoises. Cette tactique de créer une diversion est souvent décrite par "mettre le feu à la cuisine pour cacher l'incendie dans le garage". Monsieur Juncker l'a appliquée également en criant au feu au SREL pour distraire des affaires Cargolux et Stade National. En notre cas, toute l'attention s'est immédiatement tournée sur le péage des autoroutes, monstruosité qui n'existe même pas. J'aurais cependant choisi plutôt un vendredi après-midi pour faire ces annonces, pour optimiser les capacités d'oubli du public luxembourgeois pendant le weekend.

3. Le rapport n'est pas une enquête non plus

Rappelez-vous, la question d'une enquête Parlementaire avait été posée. Cependant la Chambre des Députés a voté majoritairement pour l'obscurité. Et la lumière ne fut pas. Il n'y a pas eu d'enquête judiciaire non plus. Pour qu'il y ait enquête digne de ce nom, il faut des témoignages sous serment, contradictoires et la saisie de documents et autres pièces et preuves, avant leur destruction de préférence. Mais on a préféré voter tout de suite qu'il n'y avait pas scandale, avant de rassembler les faits. L'équivalent de l'ancien ordre de tir: "Feu, Visez, En Joue!"


En guise de conclusion, Monsieur Frieden a reçu un certificat médical de complaisance à l'envers. c.à.d. de bonne santé. Il a été acteur, commanditaire du rapport, payeur, témoin, éditeur je suppose, investigateur et présentateur. Tout un orchestre. Pour Cargolux et ses employés qui savent parfaitement leur Histoire, il ne reste qu'une leçon: restez vigilants, et faites votre propre rapport.




Cargolux: c'est le conciliateur qui tranchera

    Vol de Nuit. Photo ET


"La réunion de la dernière chance ce vendredi n'a abouti sur aucun accord: LCGB et OGBL ont décidé de saisir l'office national de conciliation." (L'Essentiel)

Incroyable! J'aurais espéré que la management verrait une opportunité et une singulière ouverture dans l'offre des syndicats. C'est impardonnable de gâcher ainsi une chance d'abord pour une solution, puis d'assurer la paix sociale, et en même temps donner un coup de pouce au moral de tous dans l'entreprise.  C'était une façon inédite de faire partager à tout le monde une vision et une ambition de faire encore mieux. Subordonner ces considérations au payement d'un dividende, (alors que l'actionnaire est l'Etat!), est de la pure arrogance. C'est aussi une occasion ratée pour acquiescer que les fronts rigides de la tripartite ont fait place à l'imagination créative. Dommage, une telle opportunité est difficile à recréer. L'occasion était optimale.


Wednesday, June 5, 2013

Les enquêteurs de la Commission d'enquête sur le Service de Renseignement de la Chambre des Députés ont perdu un enquêté!

   Allo ! Il y a quelqu'un? Photo ET


    Gérard Reuter. Photo RTL

 « Par la présente et conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 27 février 2011 sur les enquêtes parlementaires, Monsieur Gérard Reuter est convoqué à comparaître le lundi 10 juin 2013 à 10h30 en la salle de réunion 4&5 des Maisons Richard et Printz, bâtiment administratif de la Chambre des Députés, sis 23, rue du Marché-aux-Herbes, L-1728 Luxembourg, à l'audition en séance publique en qualité de témoin. »


La rédaction du feierwon et du Péckvillchen est fière d'offrir ses bons offices pour faciliter le transfert de notre fidèle lecteur des Caraïbes au Luxembourg. 



Tuesday, May 7, 2013

La vérité toute nue sur le secret bancaire luxembourgeois

Eclairez ma lanterne! Crépuscule du secret bancaire. Photo: ET



La vérité toute nue sur le secret bancaire luxembourgeois

Je me sens comme une victime de la caméra cachée: depuis des années, j'ai été un chantre, affreusement seul pensais-je, de l'abandon du secret bancaire, y compris dans les colonnes de ce journal.

De mon perchoir outre-Atlantique, je voyais en effet le Luxembourg aspiré dans un vortex anti paradis fiscal, tourbillonnant sous l'agitation américaine, européenne et voisine. Il fallait parer au pire! Mais les "officiels" luxembourgeois niaient qu'il y ait paradis fiscal, fraude fiscale, blanchiment, crime en col blanc et même secret. Ceci malgré des rapports accablants, réfutés comme "jalousies", et la mise (temporaire) sur la liste grise du GAFI. A moyen terme cette guérilla anti paradis fiscal alimentée par le reste du monde, allait sceller la mort du secret bancaire luxembourgeois et même causer des dommages collatéraux. Je pensais depuis des années qu'il fallait préparer d'urgence l'après secret bancaire, mais que le Luxembourg restait sourd.

Faux! Le secret sur l'abandon du secret était  si bien gardé, que je ne me rendais pas compte que dans les coulisses, le gouvernement unanime préparait le Big Bang. Il avait chargé Luc Frieden d'annoncer la fin du secret bancaire au peuple luxembourgeois par le biais de la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Pendant tout ce temps, je me suis donc décarcassé pour prêcher à la Chorale!

Porte-parole de la majorité silencieuse.

C'est un fait rare en démocratie d'être un porte-parole de la majorité silencieuse. C'est plutôt un apanage de la dictature que d'en avoir une, juste avant que ne gronde la révolution. Je ne crois donc pas la narration des faits qui parle d'un consensus de longue date sur l'abolition du secret bancaire. Je crois plutôt à une gaffe, encore une, et à un "damage control" subséquent. "Prend des initiatives parfois malheureuses" est une appréciation militaire typique d'un soldat qui agit en dehors des attentes. Je crois en effet en un solo surprenant et mal avisé de Luc Frieden, un tantinet autocratique, que la démocratie résiduelle au Parlement devrait auditer. En voici les raisons:

A ce que je sache, l'abandon du secret bancaire n'a pas fait partie de l'accord de coalition de 2009. Il ne m'est pas connu non plus qu'un débat sur ce sujet ait eu lieu depuis, en tant que nouvelle priorité émergente. Au contraire, au moment où Luc Frieden donnait son interview à la FAZ, Jean Asselborn avertissait l'Allemagne de ne pas abuser les petits pays et leur "business model". Quelques jours plus tard, le 29 mars, les ministres ont passé leur journée au Château de Senningen pour préparer le discours sur l'état de la nation. L'élément essentiel, l'abandon du secret bancaire était-il discuté ce jour-là? Si oui, le secret a été bien gardé en ce cas dans ce monde qui n'en veut plus des secrets. Ou y a-t-il eu un ajouté au discours par la suite, après l'effet bombe de la publication de l'interview dans la FAZ  le 7 avril? Question de remédier aux dégâts  produits par une initiative malheureuse?

Le Luxembourg en liesse apprend la bonne nouvelle

Toujours est-il que le 10 avril, la majorité silencieuse, y compris à la Chambre des Députés, a entendu avec soulagement je devine , que leur rêve secret et le plus ardent était finalement exaucé. On sera finalement débarrassé du secret bancaire.  La nouvelle tombait aussi à point pour la visite d'état du Grand-Duc en Autriche. Messieurs Asselborn et Schneider pouvaient enfin évangéliser la récalcitrante Autriche qui fait l'autruche quant au secret bancaire. Tout en avouant qu'ils étaient eux-mêmes surpris de leur propre conversion subite. Un miracle.

Mais pourquoi faut-il par la suite expliquer à la majorité silencieuse super contente du changement qu'elle devrait être contente et que personne n'a mis les pieds dans le plat? Dans la presse ce "damage control" a battu son plein. L'ABBL qui jadis tirait à vue sur tout ce qui bougeait autour du secret bancaire, s'est reprise du choc en moins de 3 semaines pour proclamer sa joie. Son Président Monsieur Contzen, avec un frisson de dégoût a même dit son soulagement d'être sorti de  la "Schmuddelecke" dans laquelle le Luxembourg s'est vautré pendant des décennies. Bref une libération miraculeuse, et si l'on y laissera quelques plumes, ce sera peut-être 5% du chiffre d'affaires temporairement, rien de grave. 

Vint alors Alain Steichen, de Bonn Steichen. En tant que grand expert de la place, il jeta un simple coup d'œil sur les bilans des 141 banques pour conclure que près de la moitié auront des difficultés sans l'argent non déclaré de leurs clients, chiffré à environ 150 milliards. Eh oui, une transition du secret absolu à la communication automatique absolue, cela se prépare. Et surtout aussi, se négocie. Ces clients étrangers des banques luxembourgeoises sont désormais laissés pour compte, livrés à leurs inquisiteurs et leurs bourreaux. Pas étonnant que le Ministre des Finances allemand Schäuble se fait mousser de joie: il a eu tout ce qu'il a toujours désiré de nous, sans devoir payer €5 millions pièce pour les minables CD de la trahison.

Le secret bancaire s'est évaporé sans contrepartie, comme jadis la Banque Centrale Européenne ou même l'Office des Brevets, destinés en principe pour le Luxembourg, mais qui se sont retrouvés en Allemagne. Je n'ose pas penser aux contreparties. Quels redoutables négociateurs nous sommes!

Un grand succès mérite un bis

Luc Frieden, porté par la vague d'enthousiasme qui a emporté le secret bancaire, s'est vu mandaté par le gouvernement j'imagine, de porter un nouveau message à la connaissance du bon peuple, cette fois-ci par la voix du Financial Times. Ainsi le Luxembourg en délire a appris en anglais cette fois-ci qu'on sera désormais à la pointe de ces communications automatiques et qu'on dépassera même le FATCA américain par la droite, toujours à la pointe de la mise à nu et avec zèle. Revenus divers comme dividendes, redevances, gains en capital seront déclarés à l'étranger, et fini le secret pour les multinationales.

Il n'est pas dit que ces innovations soient inévitables, et que le Luxembourg doive accepter ou adopter le tout venant de Bruxelles et d'ailleurs. Si l'abandon du secret bancaire a été inévitable à terme, c'est que le Luxembourg ne pouvait compter sur des alliés pour défendre un privilège. Il en est autrement de l'imposition de revenus divers et particulièrement des multinationales et autres corporations. Les multinationales sont des états sans frontières qui seront nos alliés objectifs pour défendre le status quo en matière de compétition fiscale. Les Big Four le seront aussi, Grandes Prêtresses du Kamasoutra de l'ingénierie financière qui chaudement recommandent le "Double Irlandais" avec "Sandwich Hollandais", l'ultime raffinement dans l'art de l'optimisation de l'impôt.

La compétition fiscale est une réalité mondiale, même entre états américains. Il n'est pas logique de céder avec mollesse à des demandes et pressions surtout d'états dépensiers voisins pour "harmoniser, ajuster, consolider" ou de dilapider par d'autres verbes mensongers les derniers avantages que nous donnent quelques niches souveraines intouchées. A l'intérieur de l'Europe cela s'appelle subsidiarité.  

Un mot pour finir sur les états dépensiers voisins: croyez-vous que 400 millions d'euros les intéresse? Je parle de l'imposition des pensions des frontaliers. Imaginez 150.000 anciens frontaliers touchant un total de 2 milliards d'euros en pensions. C'est d'abord un drainage financier net vers l'étranger pour commencer. Mais imaginez que quelqu'un veuille mettre la main sur les impôts payés actuellement à la source à Luxembourg. Quel pays s'opposerait  à une nouvelle directive européenne en ce sens? Surtout si notre ministre des Finances en prend l'initiative dans une prochaine interview au Figaro.

Et l'impôt sur les pensions suivrait l'impôt sur le commerce électronique, dans les poches des ... jaloux. Qui donc fait toutes ces concessions et pourquoi, surtout celles cédées sans contrainte!?