Voyez les liens familiaux entre les deux et les liens youtube.
Wednesday, October 26, 2011
Tuesday, October 11, 2011
Au Stade National de Livange: Le Luxembourg bat le FOI 5-0
"Trois personnes peuvent garder un secret, si deux d 'entre elles sont mortes" (Benjamin Franklin)
Le 20 juin de l'an 2000, le député Alex Bodry déposa la
"Proposition de Loi concernant la liberté d'accès à l'information" (1).
Le Luxembourg allait enfin rejoindre la toute grande majorité des pays démocratiques,
embrassant les principes mondialement connus sous la dénomination "Freedom
of Information", ou FOI, et qui consacrent le droit du public de savoir.
En pratique la loi créerait une obligation pour le gouvernement et les
administrations publiques et parapubliques de fournir endéans les 2 mois tout
document demandé par le public. A l'étranger, c'est surtout la presse qui use
de ce droit pour se procurer tout document et toute correspondance officielle pour
les besoins de ses investigations journalistiques.
FOI à la luxembourgeoise
Onze ans et 4 mois plus tard, cette loi n'est toujours
pas adoptée! La Mongolie et le Nigeria
viennent de passer la leur. Quel joli consensus national que de faire trainer
cette chose appelée transparence, que personne ne semble vouloir. Par contre, les
directives européennes en matière financière voient une transposition en loi
luxembourgeoise en un rien de temps, business oblige, tandis que le droit du
public de savoir peut attendre. Le Luxembourg, pays le plus riche du monde,
brille ainsi par son obstination de tronquer l'ouverture et la communication.
Selon l'organisation internationale "Access Info" (2), seuls Chypres et l'Espagne font encore partie de ce
club des opaques dans l'Union Européenne.
Dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi, le
rapporteur Alex Bodry note: "De nos
jours le processus de décision ne peut être le fruit de procédures opaques,
mûries dans le cloisonnement de l'Administration, décisions prises à huis clos
à l'insu de ceux qui sont directement concernés." A en juger par ce
retard sinon le sabordage de la proposition de loi, elle fait sans doute l'objet
d'un concept hautement indésirable pour notre gouvernement. La solution est dès
lors de laisser le projet mijoter jusqu'à l'oubli.
Les barbares dans le temple secret, ou un projecteur en pleine chambre
noire.
Quel sacrilège dès lors quand le Mouvement Ecologique, MOUVECO,
vient déranger cette conspiration feutrée en éclairant de tous ses feux d'abord
un processus de décision opaque et une lettre signée par trois ministres, dont
le Premier Ministre, et adressée à des intérêts particuliers. Incroyablement,
cette lettre est classée "très confidentielle" pour la soustraire à
l'examen du public. Benjamin Franklin serait ravi. Cette lettre représente donc
bien une décision prise volontairement à huis clos, à l'insu du public.
Le MOUVECO s'est ainsi positionné en agent de révélation
pour dévoiler une face cachée dans un débat public. Il a attiré l'attention du
public luxembourgeois, généralement pas dupe mais tolérant-bof et cynique
vis-à-vis du "système", sur le caractère illégal et inadmissible de
la trame qui s'est tissée. Cette fois-ci, au-delà du fatalisme coutumier et des
blagues de circonstance, le public voudrait des réponses. Hélas, la loi
concernant la liberté d'accès à l'information fait défaut pour obliger les
responsables publics et parapublics à les fournir et d'en finir avec la
mascarade.
Cette crainte de la lumière du jour est un état de fait
dans l'écosystème luxembourgeois. Elle est décrite également dans l'exposé des
motifs par: "les réticences de
certains milieux de la société luxembourgeoise d'admettre vraiment un droit à
l'information complet et un droit d'ingérence du public dans le domaine des
affaires publiques." Une réminiscence féodale donc. Et de conclure: "Dès lors, à l'instar du droit
communautaire et de nombreuses législations étrangères, notre droit national
doit enfin reconnaître explicitement le droit à l'information détenue par les
autorités publiques ou parapubliques. La présente proposition de loi entend
consacrer ces droits fondamentaux de tout citoyen dans un Etat de droit qui se
veut démocratique." C'était il y a onze ans et quatre mois.
La dérive
Mais voilà, entretemps nous évoluons vers le contraire,
et Livange en est une démonstration. Questionnées, les autorités publiques
pratiquent l'esquive, les parapubliques l'exception et la menace de poursuites.
Nous sommes en pleine dérive, en fait en plein délire. La crédibilité de nos
institutions est en jeu, à cause de l'absence de transparence et de son
corollaire, du droit d'accès à l'information. En fait nos institutions sont en
zone de danger et la méfiance du public est en croissance.
Certes le Parlement tente aussi bien que mal de jouer son
rôle de surveillance du gouvernement en posant des questions aux ministres (du
latin minister, serviteur), dans des dossiers comme Livange. Au-delà des
"c'est pas moi, c'est lui, connais pas, les autres l'ont fait aussi"
parmi d'autres excuses et assurances, le public sera difficile à convaincre. Il
faut en effet expliquer que des drôles de hasards aient aligné des initiatives,
des circonstances et des acteurs d'une certaine façon, mais que les choses ne sont pas du tout ce qu'elles
paraissent être. D'esquive en esquive, d'obstruction en obstruction se
nourrissent des soupçons, des spéculations, des accusations, basés sur les
simples perceptions. Elles sont nourries par la volonté documentée de garder le
secret et le refus de communiquer les faits. Il faut se rendre compte que l'on
a dépassé dans le contexte Livange le simple niveau d'un jeu de
questions-réponses. Les protagonistes se trouvent effectivement dans une phase ultérieure,
le "damage control", qu'ils le veuillent ou non. Et le "damage control" est un art
et une science, qu'on soit faussement accusé ou en train de vouloir minimiser
l'inavouable. En tous cas, le quatrième pouvoir, la presse, n'a pas été
convaincue. Elle ne dispose pas des faits et des preuves pour être convaincue
que tout ce cirque est une tempête dans un verre d'eau.
Le quatrième pouvoir, ligoté, doit spéculer
Le public a le droit de savoir. C'est le moment
d'appliquer ce grand principe démocratique, même
si l'on a choisi de renoncer ou d'escamoter une
législation sur le libre accès à l'information. A défaut, la presse, qui le
plus souvent est le vecteur d'investigation et de communication de cette
information, ne peut être tenue à rapporter des faits. Elle n'a pas accès à ces
informations. Au mieux, elle ne pourra que rapporter les rumeurs, à la grande
exaspération des gardiens du secret. Mais comment lui faire des reproches,
alors que les moyens d'investigation démocratique sont déniés?
C'est donc l'occasion d'appliquer maintenant et délibérément,
au nom de la transparence, les provisions de la proposition de loi égarée. Même
si elle n'a pas force de loi, elle fournit la guidance pour informer le public
et répondre aux questions. D'ailleurs si par impossible cette proposition
devait être reconsidérée par le législateur, il faudra la revoir pour l'adapter
à l'après-Wikileaks et pour prévoir des sanctions sévères pour les refus de
produire des informations, la destruction de documents ou leur falsification,
comme cela existe dans les autres juridictions. Pour ne citer que l'exemple
américain, où un banal "hearing" devant une commission parlementaire
se fait sous serment, et celui qui se fait attraper en plein mensonge, à
n'importe quel grade, se fait durement punir. L'exigence d'un code de
déontologie pour politiques et fonctionnaires exigé par certains élus est évidemment
nécessaire pour avoir des paramètres pour mesurer les incidents et le degré de
"malgoverno".
Pssst! Ceci reste entre nous!
Pour finir, je voudrais partager un secret, une très
bonne nouvelle, mais cela doit rester strictement entre nous deux, vous et moi:
j'ai bon espoir que si le stade se construit, le club de foot parisien PSG, qui
appartient à 70% au Qatar, viendra jouer à Livange. On les fera jouer contre la
nouvelle équipe professionnelle luxembourgeoise qu'on appellerait Léopard? J'ai
aussi bon espoir que vous et moi, nous serons invités, à la loge!
(1) Document 4676/00, Chambre des Députés:
Thursday, October 6, 2011
Saturday, October 1, 2011
Les dernières décisions de Cargolux, tout frais de la bouche de ...... l'actionnaire minoritaire.
Pour ceux qui ont lu ma
tribune au tageblatt fin juin,
ils trouveront
intéressantes et révélatrices les déclarations de Monsieur El
Bakr, Président de Qatar Airlines sur Bloomberg news, dont voici le lien:
Monsieur El Bakr a été moins
gentil avec ses partenaires que je ne l'étais, mais il confirme la plupart des
thèses ou renseignements contenus dans ma tribune au tageblatt.
Ne ménageant pas son nouveau
partenaire, il se comporte en propriétaire, il devance les décisions du CA qui
donc n'est pas indépendant, y compris le nouveau Président. Doit-on y lire une
confirmation que Qatar Airlines pour une raison ou une autre vaut plus que 35%? Car Monsieur El Bakr semble assumer qu'il est
en bon droit de monopoliser la fonction de porte parole, qui devrait peut-être
revenir à un Public Affairs Officer, surtout pour une société qui exhibe des
faiblesses et a des problèmes légaux non résolus et pour qui la communication
est délicate.
Monsieur El Bakr qualifie le
management d'incompétent ce qui donne de l'eau au moulin de l'argument que la
pratique néfaste du gouvernement luxembourgeois de promouvoir un corporatisme
d'état, mène à la sous-performance des sociétés en jeu avec en fin de compte le
risque de nouveaux coûts pour le contribuable, ou des opportunités manquées.
J'aurais voulu être témoin
de cette formidable première réunion du Conseil d'Administration, qui décidait
du refus des deux Boeings le 16 septembre! Mais ma tante Léontine va surement
me téléphoner pour les derniers ragots.
J'espère que vous aviez vu
les dernières nouvelles de ce Samedi qui étaient dans mon blog mercredi déjà
(une histoire d'éléphants):
Si vous préférez une autre métaphore,
toujours une histoire d'animaux, voyez ce que font les coucous:
Sur ce, il n'y a rien à
ajouter que de souhaiter Bonne Chance à Cargolux sous le leadership de Monsieur
El Bakr et de le féliciter, honnêtement, pour son sens aigu de l'opportunité,
de la bonne affaire et de sa connaissance instantanée de l'équation personnelle
des gens en face de lui. Il est un vrai capitaine de l'industrie.
Wednesday, September 28, 2011
Luxembourg, Cargolux: "You name it, we did it!"
Update 1
Nous avons récemment vu l'image évocatrice d'un éléphant,
trompe en l'air, transporté par Cargolux vers les Etats-Unis. Belle
illustration du slogan: "You name it, we fly it."
L'image paisible, presque biblique, du pachyderme
embarquant dans un Jumbo comme dans une arche de Noé moderne, en fait trompe énormément:
en vérité, Cargolux nous arrose avec un déluge
de nouvelles préoccupantes. Pourquoi nous en préoccuper? Parce que sans le vouloir, nous
sommes tous actionnaires de Cargolux, comme de tant d'autres sociétés
luxembourgeoises d'ailleurs, et qui sont gérées trop souvent par les mêmes,
comme si c'étaient des sociétés privées. Il est rare pour le contribuable-actionnaire que
nous sommes tous, d'entrevoir le "Techtelmechtel" derrière les
coulisses, malgré les efforts de quelques syndicats, qui eux représentent donc des
employés-contribuables-actionnaires, de percer le rideau.
Hélas, si l'on lève le rideau, l'éléphant réapparait.
En effet, Cargolux a un éléphant assis sur sa poitrine,
sous forme d'amendes à payer aux quatre coins du monde. Parmi les sanctions de
plusieurs Etats il y a des poursuites pénales. Voilà ce que nous ne méritions
pas, nous, actionnaires enrôlés de force. Nous sommes désormais associés à des
actes inavouables. Ah oui, personne n'est coupable avant le verdict, et on va
se défendre avec toute la vigueur! J'ose ajouter mon grain de sel: sait-on
combien va coûter toute la vigueur dans une défense contre le Gouvernement américain?
Des millions. Factures payées par Cargolux. Pour sûr, la BIP, quasi seul investisseur privé (avec nous autres
contribuables-actionnaires) ne pouvait persévérer dans un investissement peu
performant qui en plus tendait vers les gaffes coûteuses.
L'éléphant, celui-ci du Qatar, réapparaît au Conseil d'Administration. Cela
risque d'être un éléphant blanc. On en a parlé: comment cette affaire a-t-elle pu se réaliser.
Les explications genre "on a négocié avec le Qatar en exclusivité" ne
tiennent vraiment pas la route. Cela pour justifier le prix dérisoire de $
117,5 millions pour 35% de la société? Et balayer l'objection que la Yang Tse River
proposait $ 175 millions? Mais voilà, le monde des affaires lors des premières indiscrétions mettait l'accord avec Qatar
Airlines à $ 215 millions pour 33% de la société! Pourquoi le chiffre de $ 215
millions serait-il significativement faux alors que celui de 33% est
pratiquement le chiffre exact? Que se serait-il passé? Une question à poser au management qui a mené les négociations. Un de ses piliers de 13 ans, David Arendt, CFO et ancien CEO intérimaire, lié
personnellement à la BIP par BGL, donne probablement une reponse partielle en
partant vers l'aube d'un nouveau matin avec Freeport.
Et enfin le Conseil d'Administration a fait du grand
cirque en jouant à l'éléphant dans le proverbial magasin de porcelaine avec
Boeing. (ou était-ce l'éléphant blanc?) Toujours est-il que cela a fait un joli
brouhaha que de laisser la fiancée à l'autel. Une affaire de spécifications
nous dit-on, sans être plus spécifique. Cependant le patron de Cargolux a déclaré
au tageblatt que Cargolux veut ces avions "unbedingt". Ce qui se
traduit par sans conditions. Pourquoi ce grabuge dès lors? Les chances d'avoir
mieux pour moins cher ailleurs sont quasi nulles. Sous cette perspective,
le coup d'éclat est incompréhensible. Etait-il inspiré par le nouvel
actionnaire, et tout le monde a suivi? Cette question, qui mène la danse, reviendra
encore et encore. A vérifier qui est indépendant?
Dommage que le mot "unbedingt" ait été prononcé.
Sinon Cargolux aurait pu suivre l'exemple d'UBS pour marchander un peu aux Etats-Unis: un non-lieu dans l'affaire pénale avec une simple
amende contre l'acceptation des avions. Nous les contribuables-actionnaires ne
voudrions même pas voir derrière le rideau dans ce cas-là.
Ainsi tout pourra se terminer par une chanson. Je propose
une vieille comptine bien à propos:
Un éléphant blanc
marche devant
un éléphant vert
marche derrière
trois éléphants bleus
marchent au milieu
enfants d'éléphants
marchez bien en rang
ran plan plan
marche devant
un éléphant vert
marche derrière
trois éléphants bleus
marchent au milieu
enfants d'éléphants
marchez bien en rang
ran plan plan
Wednesday, September 21, 2011
Luxembourg Sondages: Tous les Luxembourgeois sont-ils des Anarchistes?
Un sondage
d'opinion récent, commissionné par le Luxemburger Wort et RTL donne le tiercé
gagnant des membres du gouvernement les plus populaires. Dans l'ordre: Juncker,
Frieden, Asselborn avec le premier
atteignant les 92% de votes favorables! Il s'agit là d'un joli pied de nez à la
loi normale gaussienne.
Cependant cet outil mathématique peut très
bien justifier les résultats incroyablement excellents par une interprétation
purement politique du résultat: l'opinion publique luxembourgeoise est particulièrement
à l'unisson quant à ces trois ministres. Pour quelle raison? Pour la seule
chose qu'ils ont en commun: ces trois-là ne sont jamais là. Ils sont toujours à l'étranger.
Juncker est
en "Europe" et sauve la Grèce.
Frieden est
au Moyen Orient et au Brésil et sauve qui peut.
Asselborn
est à l'ONU et sauve le monde.
Donc plus on
n'est pas là, plus on est populaire. Le Luxembourg est-il content quand ils
sont partis, en fait de ne pas avoir de Gouvernement? Sommes-nous devenus anarchistes
ou tout simplement Belges?
A moins que .....
ce sondage ne serait qu'un message publicitaire.
Labels:
Asselborn,
Frieden,
Juncker,
Luxembourg,
TNS/Ilres
Monday, September 19, 2011
Luxembourg: Cargolux fait boing, boing sur le Boeing.
Ma tante Léontine est encore toute chamboulée. "Cargolux est devenue un
vrai Capharnaüm," dit-elle. Elle a débobiné ses bigoudis, furax que la grande badaboum
caviar autour du nouveau Zeppelin n'a pas eu lieu. C'est que le Zeppelin a du
plomb dans l'aile, rabâchent les mecs de Cargolux.
Nenni, embraye Boeing, qui n'a pas sa langue dans sa poche. Cet aéronef est
aux pommes! Il est à tout casser! Aucune raison de donner un coup de canif dans
le contrat.
Il y a des mecs qui maintenant attachent
une gamelle aux zigs du Qatar. Ce n'est pas une fadaise, car d'habitude Cargolux
est faite du bois dont on fait les flûtes."T'avais bien posé ta colle",
m'a fait Léontine, "pourquoi le mec qui n'a que 35 briques a le plus gros
calibre?" C'est que la grande-pompe n'est pas si indépendante que ça et doit
faire le caravansérail. Qui porte la culotte?
On va donc brocanter le tapis volant. En attendant Boeing doit se voiler la
face et baisser l'oreille. Mais qui va gober que Cargolux serait bézef au point
d'aller voir ailleurs si c'est moins cher?
J'ai écouté d'une oreille les navets de mes sources. Les ligués ont raison de ne pas s'écraser et
faire l'autruche. Les caïds leur ont raconté des bobards. Si j'étais eux je ne
dormirais que d'un œil!
Subscribe to:
Posts (Atom)